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Ukraine

Kiev : les nazis ouvrent un « centre international »... qui brûle

12 avril 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Entrainement au couteau, « enseignements théoriques », repas servis par « les plus jolies filles d’Ukraine », sous le regard d’un Lénine « transformé en nationaliste » : « Pravy Sektor » propose accueil et formation à tous les « nationalistes porteurs de l’héritage européen », dans l’ancien siège du PC ukrainien squatté depuis le 23 février et qui est parti en fumée ce 10 avril.

C’est dans un local du Parti communiste ukrainien (KPU) « saisi » par « Pravy Sektor », parti nazi — ou, disent certains de ses membres, « post-nazi », fer de lance des émeutes dites de Maïdan — que des activistes ont établi le siège d’un « Centre international » destiné à recevoir « tous les nationalistes d’héritage européen ».

« N’oubliez pas de sonner lors de votre arrivée, nous viendrons vous ouvrir », indique, prévenant, le site web de « de Frivilliga » — c’est le nom suédois qu’a reçu cette caserne internationale, en hommage aux fondateurs Varègues de Kiev… et aux « volontaires » suédois qui patrouillent dans les rangs de l’extrême-droite ukrainienne.

Le drapeau collaborationniste rouge et noir, remis au goût du jour par « Pravy Sektor » flotte au-dessus de l’entrée, que les nouveaux occupants (sans titre) des lieux surnomment avec emphase « les portes de la Liberté » .

« Une fois passées les deux portes », poursuit la description en ligne, « traversez notre cour intérieure » laquelle, est-il précisé, sert autant à l’exercice qu’à la « relaxation ».

Le portrait en pied de Lénine a été affublé d’un brassard "White Power" frappé de la croix celtique

Un Lénine au brassard « white power »

Le vaste bâtiment intègre des chambres et plusieurs salles d’entraînement et de réunion, dont la plus grande est ornée d’une bannière verticale frappée d’un portrait en pied de Lénine, portrait hérité des anciens (et légitimes) propriétaires.

Une effigie détournée par l’ajout d’un brassard « white power » à croix celtique. « De Lénine, nous avons le nationaliste », ricane le texte d’accueil, qui décrit par le menu la journée « modèle » des volontaires .

« Levés à 7 heures, vous disposerez d’une demie-heure pour votre toilette ». Suivent des séances « d’entrainement au couteau ». Le petit déjeuner — thé et céréales — est « bien entendu (sic) servi par les plus jolies filles d’Ukraine ». Suivent des « cours théoriques » puis, un repas « toujours servi par les belles nanas », exercice physique et temps libre, avant un dernier « cours du soir ».

L’emploi du temps, prévient le règlement, est susceptible d’être bouleversé à tout moment par les activités que mène le « Centre » en partenariat avec l’organisation d’extrême-droite « Plus Jamais Ça ! ».

Décrite comme une « ONG », la structure ironiquement affublée de l’universel mot d’ordre pacifiste — procède à la « lustration » — c’est-à-dire, à des « enquêtes », dénonciations, campagnes d’opinion voire passages à tabac visant les « corrompus » issus de l’administration Ianoukovitch, réputée « communiste ».

"Conférence" de l’organisation d’extrême-droite C-14

En clair : le « centre-des-nationalistes-porteurs-de-l’héritage-européen » forme des auxiliaires paramilitaires, liés au « Comité national pour la lustration » et au Ministère de la Justice, et des mercenaires : l’un des « partenaires » du centre, l’organisation d’extrême-droite « C-14-Sich », qui arbore la croix celtique, envisage d’ailleurs sa transformation en « compagnie privée ».

Incendie suspect

La concurrence entre ces différentes organisations, qui s’expriment de plus en plus violemment, est-elle à l’origine de l’incendie qui, hier, s’est déclenché au sein du centre ?

Les dirigeants de la structure invoquent le scénario quelque peu rocambolesque d’une intervention conjointe des services secrets russes et des communistes. Ceux-ci, affirme « Oleksander », professeur de couteau et « co-fondateur » de « de Frivilliga », n’auraient pas voulu récupérer leur quartier général, mais l’incendier dans le double but de détruire des documents « compromettants », et d’imputer les dégâts aux nationalistes.

Décidément confus, le militant d’extrême-droite affirme que l’opération aurait été couverte par un escadron de police composé d’anciens, « Berkut », réputés acharnés à la destruction des mouvements du Maïdan… mais que ces mêmes policiers auraient refusé d’ouvrir le feu, malgré les ordres paraît-il donnés par le ministère. « Notre travail avec le centre continuera à se dérouler de façon normale, à une seule exception : nous n’avons plus de centre pour le moment » affirme, le plus sérieusement du monde, le site de « de Frivilliga ».

GGL

Le siège du PC ukrainien, squatté depuis le 23 février par les nazis, en flammes, après que le tribunal de kiev ait ordonné la libération des lieux le 10 avril. (Source : Observateur du monde russe)

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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