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Russophones d’Ukraine

Kharkov veut aussi son referendum

18 mars 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Plusieurs milliers de manifestants ont défilé dimanche dans la seconde ville du pays, demandant la tenue d’un referendum fédéraliste en vue de « défendre leurs droits linguistiques et culturels ».

Défilé fédéraliste avant-hier, à Kharkov. Les manifestants ont déroulé un drapeau russe de cent mètres de long.

Kharkov : la situation est explosive dans cette grande ville de deux millions d’habitants, située à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe. Peuplée d’une majorité de russophones, la seconde ville d’Ukraine vit au rythme des affrontements entre groupes « d’autodéfense » et descentes de « Maïdanistes ». Venus de l’Ouest par autobus, ces derniers sont accueillis par des barricades, des bannières anti-nazies… et par le slogan « allez bosser ! » scandés par les locaux — les militants du mouvement de Maïdan sont majoritairement perçus par l’opinion russe comme des marginaux et des déclassés.

L’extrême-droite tue deux personnes

C’est dans le sillage de ces tentatives de pogrom que des militants du parti néo-nazi « Pravy Sektor », qui occupe des postes-clefs dans l’Armée, le renseignement et les forces de l’ordre depuis la constitution du gouvernement issu des émeutes de Kiev, ont ouvert le feu le 14 mars dernier, tuant deux Russes et prenant temporairement en otage trois personnes, dont un policier. L’implication du parti d’ultra-droite a été confirmée par le Ministre ukrainien de l’Intérieur, rapportait il y a trois jours l’agence ITAR-TASS. Alors que les Criméens étaient appelés à se prononcer sur le devenir de leur province, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre-ville, demandant à la Russie d’appuyer auprès de l’ONU l’initiative locale de referendum, qui devrait avoir lieu le 27 avril prochain.

Peuplée d’une majorité russophone, Kharkov (en ukrainien : Kharkiv) est située à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe. Carte : WikiCommons

« Demeurer au sein de l’Ukraine, mais à des conditions satisfaisantes »

Contrairement à ce qu’affirment aussi bien les mouvements d’extrême-droite ukrainiens que certaines sources pro-Russes, la consultation réclamée avant-hier par le « Conseil populaire » n’exprime pas de visée sécessionniste, mais demande un statut fédéral pour protéger les droits des russophones. « Notre ville est russe. Nous sommes d’accord pour demeurer au sein de l’Ukraine, mais à des termes satisfaisants pour nous », déclare à ITAR-TASS Youri Apoutkhtine, dirigeant de l’organisation « Forum Civique ». Les manifestants dénoncent particulièrement les mesures prises par le nouveau gouvernement à l’encontre des droits civiques, linguistiques et culturels des russophones, rapporte l’Agence nationale ukrainienne « UKRINFORM ». Craignant pour leurs vies et pour leurs biens, certains d’entre eux demandent à la Russie de déployer des « soldats de la paix ».

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Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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