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Conférence à l’école supérieure d’art

Jules Hermann et les visions de la montagne

15 mars 2017
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Nicolas Gérodou donnera une conférence intitulée « Jules Hermann et les visions de la montagne » à l’ESA (école supérieure d’art, Le Port), le mardi 21 mars à 17 heures, en partenariat avec LERKA.


Les « Révélations », un inépuisable réservoir d’images


Jules Hermann, l’auteur des fameuses « Révélations du Grand Océan » ne se serait certainement pas douté à la veille de sa mort, en 1924, que ses continuateurs ne seraient pas des scientifiques, mais bien des artistes : ce sont pourtant des plasticiens et des écrivains qui ont repris l’héritage de ce livre en tout point visionnaire.

Les « Révélations » fournissent en effet un inépuisable réservoir d’images à celui qui saura voir les « riens visibles » qui ont hanté ce Marcel Duchamp tropical pendant cinquante ans.

A gauche, le livre édité au "Corridor bleu". A droite, art urbain avec kid kreol & boogie (photo : GML).

Une stupéfiante scène primitive


Deux grandes séries de visions se développent dans son œuvre lémurienne. La première, cosmique, anime une stupéfiante scène primitive où la Terre copule avec un gigantesque « corps errant dans l’espace », une comète qui, raconte Hermann, va déformer le globe, et métamorphoser la carte du monde, faisant disparaître le continent lémurien originel [1], dont ne subsisteront que les plus hauts sommets émergés, Madagascar et les Mascareignes. Un palimpseste hermannien (« L’enfance de l’art » selon son auteur) dont s’inspire l’imaginaire géographique de Stéphane Gilles…

Une seconde série d’images se dégage peu à peu dans les « Révélations » : en présentant dans le cinquième et dernier Livre [2] des cartes postales surréalistes de la Montagne Saint-Denis, Hermann raconte les sidérantes visions qui lui permettent de décrire les centaines de sculptures géantes dont les anciens Lémurien ont selon lui orné la falaise préhistorique.

©7 Lames la Mer.

Un répertoire infini de fantômes errant sur les murs de l’île


Monstres et Dieux, Lémures et âmes errantes suggèrent aujourd’hui à Kid Kréol et Boogie un répertoire infini de fantômes errant sur les murs de l’île.

De Mickaël Elma à Christian Floy Jalma, de Stéphane Gilles à Julien Blaine, les artistes contemporains n’ont cessé de faire écho à cette œuvre ouverte et inachevée. « Les Révélations du Grand Océan » apparaissent de plus en plus comme une matrice pour les artistes-révélateurs qui se risquent à illuminer la lanterne magique des visions hermanniennes.

Nicolas Gérodou, écrivain, poète, « hermannien »
De gauche à droite : Bako Rasoarifetra, archéologue. Babou B’Jalah, artiste. Nicolas Gérodou, écrivain, poète. Antoine Du Vignaux, plasticien. Photo prise au Centre Albert Camus, Antananarivo, 2005, à l’occasion d’un Atelier de recherche sur les traditions et la pratique du Kabary dans l’océan Indien. Projet : Elabakana. Crédit photo : Lerka.

Écrivain et poète, il a rédigé l’introduction de « Le Préhistorique à l’Ile Bourbon », volume V des « Révélations du Grand Océan » aux éditions Le Corridor Bleu en 2015. En 2016 il a dirigé l’édition de « Paroles de Kabary, une anthologie de la parole poétique à Madagascar » aux Éditions Poisson Rouge.

Il a publié « Passage des Lémures en pays Mafate » et « Ber de l’étang » aux éditions Grand Océan.

La conférence sera accompagnée de projection de photos, cartes postales figurant dans « Les Révélations du Grand Océan » et œuvres d’artistes contemporains.

« Paroles de Kabary, une anthologie de la parole poétique à Madagascar » aux Éditions Poisson Rouge.

Notes

[1Ce même continent dont s’inspirera Robert Smithson dans une installation de land art en 1969, « The hypothetical continent of Lemuria » (Cf. Gilles A. Tiberghien, Finis terrae, imaginaires et imaginations cartographiques, Paris, Bayard, 2007).

[2Le Préhistorique à l’île Bourbon (1927), récemment réédité (Saint-Pierre, Le Corridor bleu, 2015) et illustré d’une oeuvre de Kid Kréol et Boogie.

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