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Lutte de pouvoir à droite

Jean-Paul Virapoullé et Davila Verdun se restaurent...

7 novembre 2013
Geoffroy Géraud Legros
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La rencontre en arrière-salle entre l’ancien sénateur et la secrétaire départementale de l’UMP intrigue, dans un contexte où la bataille pour le leadership à droite fait rage.

Jean-Paul Virapoullé. Photo IPR.

Fidèle à son habitude de « porter beau », c’est sans se cacher — le pourrait-il ? — que Jean-Paul Virapoullé a retrouvé Davila Verdun, secrétaire départementale de l’UMP, pour un déjeuner, en arrière-salle, dans un restaurant bien connu de la cité portoise. Un entretien particulièrement enjoué, en compagnie de deux autres convives, au cours duquel l’ancien sénateur n’a pas manqué de s’interrompre pour serrer des mains et distribuer quelques compliments, semblant s’amuser des regards obliques de nombre de clients, peu habitués à pareille présence au cœur du bastion par excellence de la gauche communiste.

Tonnerre et excommunication

La rencontre n’est certes pas anodine, vingt-quatre heures seulement après que Jean Simonetti, le M. Outremer de l’UMP, ait fait tonner les foudres de l’Olympe parisienne à l’encontre de Didier Robert… ou plus exactement — mais cela revient au même — du mouvement animé par le Président de la Région, « Objectif Réunion ». Suspectés d’être plus « robertistes » que dévoués au parti que se disputent François Fillon et Jean-François Copé, les militants d’« Objectif Réunion » sont désormais enjoints de se déterminer : plus question, dixit M. Simonetti, d’avoir deux cartes en poche : il faudra choisir entre la carte d’Objectif Réunion et celle de l’UMP. Cette quasi-excommunication n’étonne guère sur le fond : la création d’ « Objectif Réunion » était intervenue, on s’en souvient, dans un moment de franche hostilité entre « Paris » et les alliés de M. Robert, qui n’était pas encore Président de Région. Tous avaient, à cette occasion, déchiré leurs cartes du Parti (alors) présidentiel… le retour d’« Objectif Réunion » dans le bercail UMP, deux années plus tard, fut loin de lever les défiances réciproques. Plus ou moins mis en sommeil au gré des préoccupations de l’ex-maire du Tampon, la formation de M. Robert a récemment repris du poil de la bête et constitue, avec 6.500 adhérents, le plus puissant mouvement politique réunionnais— du moins en terme numérique.

La première marche du podium

A l’approche des municipales, le contexte est particulièrement mouvant, tant au niveau hexagonal — chute de popularité sans fin de la Présidence Hollande, conflit Fillon-Coppé avec Sarkozy en embuscade du côté de l’UMP, union Bayrou-Borloo au Centre — qu’au plan local, avec la division ouverte au sein du PS, les tensions entre droite réunionnaise et instances nationales et la montée d’un Centre qui, comme les équipes sportives trop bien ficelées, contient trop d’aspirants à la première marche du podium pour « tenir » très longtemps dans le jeu collectif. Une conjoncture qui avive la concurrence pour la première place à droite — au sens large —, que Jean-Paul Virapoullé, qui fut en son temps le maître artisan de l’UDF réunionnaise, pourrait considérer comme taillée sur mesure. Et il faut dire que l’UMP nationale semble de plus en plus tentée de jouer la carte centriste à La Réunion.

René Paul Victoria, Davila Verdun, Michel Fontaine. Photo IPR.

Un rôle sur mesure ?

Outre la peau de banane placée sous le pas de Didier Robert — au moment même où ce dernier affronte la critique virulente du Modem- tendance UDI Thierry Robert —, les instances du parti viennent de « border » avec une grossièreté inouïe René Paul Victoria, malgré le parcours UMPiste de ce dernier. Ancien mandataire de Nicolas Sarkozy, président « historique » de l’ex-Parti présidentiel, député de ce dernier, dont il reçut à nouveau l’investiture en 2012, secrétaire national du Parti... Peut-être M. Victoria paie-t-il, lui aussi, d’avoir en 2007 emboîté le pas à « Objectif Réunion »... C’est en effet à Nassimah Dindar, présidente de l’Assemblée départementale que l’UMP a proposé rien moins que l’investiture municipale à Saint-Denis. Une perspective alléchante à l’heure où le socialiste Gilbert Annette, confronté à une scission de la Fédération PS, sort affaibli de sa mandature. Le maire de Saint-Denis s’expose, par un légalisme solférinien qu’il tente bien tard d’infléchir, à la « vague bleue » qui pourrait sanctionner la politique gouvernementale. Reste à savoir si M. Virapoullé, dont le « Paris commande pas nou » de 2009 a déplu, si l’on peut dire, à bien des oreilles, parviendra à s’imposer dans cette donne dès avant la municipale de Saint-André. Laquelle déterminera sans doute, à moyen terme au moins, son avenir politique.…

Supérieur hiérarchique ?

Est-ce dans ce but que l’ancien sénateur a rencontré ce midi Mme Verdun ? Il est peu probable que ce rendez-vous ait eu pour but une médiation entre MM. Virapoullé et Robert, après la visite de ce dernier à Serge Camatchy, dont la candidature peut sensiblement « lourdi le lourlé » de l’ancien maire de Saint-André, parti à la reconquête de son ancien fief. Le rendez-vous, quoiqu’il en soit, ne manque pas d’interpeller, au moment où Didier Robert annonce un courrier à l’UMP, en forme de plaidoyer contre le diktat de M. Simonetti, co-signé par son Président Michel Fontaine... Michel Fontaine, qui est aussi, pour employer un terme à la mode, le « supérieur hiérarchique » direct de Mme Verdun, et n’ignore sans doute pas, à ce titre, les cordiales agapes de ce midi.

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste, Co-fondateur - 7 Lames la Mer.

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