Categories

7 au hasard 13 juillet 2015 : Monorails : Didier Robert s’est trompé sur toute la ligne ! - 18 décembre 2015 : Le Conseil constitutionnel lave Thierry Robert - 31 octobre 2016 : Un fait qui n’a rien de divers... - 7 mai 2015 : « Européens et fiers de l’être au coeur de l’océan Indien » - 27 octobre 2013 : Le business de l’immigration - 31 décembre 2014 : Quand Béjart « rencontrait » le maloya... - 21 janvier 2014 : Solidarité avec Danio Ricquebourg ! - 24 février 2013 : Chroniques d’une détresse ordinaire - 8 novembre 2015 : Révolte des esclaves : le syndrome de Saint-Leu - 10 mars : SDIS 974 : Un élan de générosité rempli d’humanisme -

Accueil > Le monde > Intervention américaine en Irak : à distance et privatisée...

Proche-Orient

Intervention américaine en Irak : à distance et privatisée...

1er juillet 2014
Geoffroy Géraud Legros
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

Envoi de drones, emploi de compagnies de sécurité privées... Alors que les puissances de la zone s’impliquent de manière croissante contre l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), les États-Unis semblent incapables d’arrêter une stratégie claire, face à une situation qui signe l’échec complet de leur politique dans le pays.

Un hélicoptère de la compagnie de sécurité privée Blackwater survole le palais présidentiel irakien, où s’élèvait alors un buse de Saddam Hussein. Photo : James Dale

L’offensive-éclair victorieuse menée par la milice de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) a placé la Maison Blanche dans une situation particulièrement inconfortable, écrivions-nous le 14 juin dernier.

Pressé par le Gouvernement installé à Bagdad par les Etats-Unis, humilié par la débandade de l’armée organisée, formée et armée par les militaires américains après le renversement de Saddam Hussein, interpellé par l’opposition républicaine, le Président Barack Obama ne peut, sur le plan politique, envisager une intervention au sol.

En effet, la promesse électorale réalisée d’un retrait des troupes américaines engagées en Irak est au centre du bilan du Parti démocrate, dont l’électorat tend par ailleurs à être démobilisé par 8 années de demi-mesures et de reculades dans le domaine social.

Ainsi l’Exécutif américain peine-t-il à définir une ligne vis-à-vis de l’EIIL qui, après des revers subis face à l’armée républicaine en Syrie, où elle constitue la principale force « rebelle », s’est brutalement emparée d’une part conséquente de l’Irak.

Une irruption qui a, en quelques semaines à peine, fait bouger les lignes stratégiques dans la région, faisant émerger de facto un intérêt commun entre Washington et Téhéran. Puissance protectrice des Chi’ites de la région, l’Iran appuie vraisemblablement d’ores et déjà sur le terrain des forces armées irakiennes fort peu combattives et minées par la corruption.

Après avoir envisagé de recourir à des frappes aériennes, les Etats-Unis se cantonnent pour l’heure à l’envoi de drones « Predator ». Déployés depuis le Koweït voisin, équipés de missiles « Hellfire », les aéronefs patrouillent depuis quelques jours en Irak. Parallèlement, le Département de la Défense a annoncé jeudi dernier la création à Bagdad d’un « centre d’opération conjointes » dont les nouveaux effectifs portent à 500 le nombre de personnels américains dans le pays .

Le même jour, le Secrétaire d’État John Kerry blâmait Damas à la suite d’un bombardement de l’aviation militaire syrienne contre plusieurs positions djihadistes en Irak, exhortant les États de la région à « ne pas aggraver les divisions sectaires ». À défaut de GI’s, les États-Unis permettront le déploiement d’un millier de soldats sous contrat, affirment des sources proches du Gouvernement irakien.

Préférable, du point de vue de Washington, à l’aveu d’échec que constituerait le retour massif des boys en Irak, cette « solution » n’est pas sans provoquer un regain de critiques au sein de l’opinion américaine.

Ainsi, rappelait avant-hier le New-York Times, les exactions perpétrées par la compagnie de sécurité privée « Blackwater » déployée jusqu’en 2009 en Mésopotamie ont « largement contribué à accroître le sentiment anti-américain dans le pays ».

Alors que la proclamation, hier, d’un Califat et la transformation subséquente de la milice EIIL en « État Islamique » portent les antagonismes régionaux à l’incandescence, les Etats-Unis ne semblent guère capables d’arrêter une politique claire, face à des évènements qui signent définitivement l’échec de leur aventure militaire dans la région.

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter