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Tribune Libre d’Emmanuel Genvrin

Institutions culturelles : la stratégie du coucou

12 novembre 2015
Emmanuel Genvrin
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« Ce que l’on souhaite, c’est que les dessinateurs réunionnais récupèrent leur festival. Et que le théâtre Vollard retrouve un lieu. »

Affiche par Cléo Huit (extrait)

Ce qui arrive aux dessinateurs réunionnais, créer un festival de bd, se le faire voler et finir par en être exclus, n’est pas nouveau. Vollard s’est fait voler hier son théâtre du Grand Marché, demain sa Cité des Arts, Baguet’ s’est fait voler son Sakifo, Folio son théâtre de Saint-Pierre, Sham’s sa ligue d’impro, Alain Gili son FIFAI, Macquart son kerveguen, Séraphine ses Beaux-arts, etc. Il y a toujours un Zoreil-coucou qui débarque : « je vais prendre la place et faire tourner la boutique sans vous faire d’ennuis ». Accueilli à bras ouverts, il reçoit les subventions qu’on refusait aux précédents.

Enfin, ça c’était hier, aujourd’hui on trouve quantité de coucous disposés à gérer des budgets étriqués. Une fois qu’ils se sont payés leur salaire et celui des salariés « clients », il ne reste rien pour la création artistique. Si personne ne se présente, les « administrateurs » locaux organisent eux-mêmes le cambriolage : on recrute en direct, on dresse les créateurs les uns contre les autres, on « mé anlèr » puis on laisse tomber. Le cynisme n’a pas de fond et la qualité artistique ne joue aucun rôle.

La Drac, aujourd’hui la Dac OI, dont la fonction est de conseiller ou de modérer, s’insurge — parfois — et rentre dans le rang.

Ce que l’on souhaite, c’est que les dessinateurs réunionnais récupèrent leur festival. Et que le théâtre Vollard retrouve un lieu, après s’être fait déposséder du théâtre du Tampon (1980), du théâtre du Grand Marché (1987), du Cinérama de La Possession (1990) et de Jeumon-La Cité des arts (2011).

Emmanuel Genvrin

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