Categories

7 au hasard 3 octobre 2014 : Web : Génération Ansamb fait « Places » nettes - 4 mars 2013 : A propos des « spécialistes »… - 20 mars 2014 : Zanbrokal : recette pour l’égalité et la solidarité - 24 février 2014 : Les enfants de la croix ? - 17 février : Chagos : « Nous faisons appel de la décision britannique » - 8 août 2016 : Rougail morue ? Pour SEB, c’est les Antilles... - 4 novembre 2013 : Surrémunération : le feu aux poudres ? - 6 décembre 2014 : Yab... Du grand « Pardon ! » ? Mais okilé lo zorèy ? - 30 août : Le bateau fou de Baudelaire jusqu’à La Réunion - 25 février 2016 : L’écœurant lynchage de Corine Beaulieu -

Accueil > La Réunion > Economie et société > Hand spinner : cruelle règle du jeu pour la créatrice

Phénomène

Hand spinner : cruelle règle du jeu pour la créatrice

25 mai 2017
7 Lames la Mer
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

Les enfants et adolescents se déplacent équipés désormais d’un drôle d’engin à la main. La mode du « hand spinner » a relégué la chasse aux Pokémon au rang de loisirs « has been », et La Réunion n’est pas épargnée. Mais la dimension ludique de cette drôle de toupie cache une triste histoire, celle de sa créatrice, Catherine Hettinger. Il ne fait pas bon être une inventrice sans le sou au pays du capitalisme.

Hand spinner.

Une « toupie pour gigoteur »... hypnotisante


Aux abords des établissements scolaires, dans les vitrines de certains commerces, sur les sites de vente en ligne, sur les réseaux sociaux et sur youtube où l’on trouve même des tutoriels, un engin bizarre a fait son apparition, engloutissant l’argent de poche des enfants et des adolescents.

C’est le « hand spinner », que l’on peut traduire par « tourniquet à main », « toupie centrifugeuse » ou « toupie à main ». Appelé aussi « Fidget Spinner » (littéralement « toupie [pour] gigoteur  »), le « hand spinner » se compose en général de trois branche réunies par le milieu, que l’on tient ente le pouce et le majeur (ou l’index) et que l’on fait tourner comme les pales d’un ventilateur. Hypnotisant !


Une fable terrible au royaume du capitalisme...


Certains « hand spinner » disposent d’un bouton central qui actionne la rotation automatiquement. D’autres ont des led au bout des branches, ce qui accentue la sensation visuelle de la vitesse de rotation.

Conçu à l’origine pour apaiser et « déstresser » les personnes atteintes de troubles de l’attention et de concentration, voire les autistes et les hyperactifs, ces petits engins sont présentés par les fabricants comme « un exutoire moteur aux tensions et désirs de mouvement ».

Mais derrière l’engouement provoqué par les « hand spinner », se cache un destin pathétique, une fable terrible au royaume du capitalisme...

La petite fille de Catherine Hettinger, jouant avec un prototype inventé par sa grand-mère.

La créatrice du « hand spinner » peine à payer ses factures...


Elle s’appelle Catherine Hettinger et tire le diable par la queue pour payer ses factures. Et pourtant cette Américaine sexagénaire pourrait être millionnaire puisque c’est à elle que l’on doit l’invention du « hand spinner ».

Mais voilà, Catherine Hettinger, polytechnicienne, assiste impuissante à la commercialisation et au succès grandissant de son invention sans pouvoir en retirer un quelconque bénéfice. Pourtant, elle ne nourrit aucune amertume et ne peut s’empêcher de ressentir une certaine fierté face au succès de son invention, et du bonheur à la vue des enfants s’amusant ainsi.

L’idée du « hand spinner » lui est venue dans le années 1990 : elle voulait offrir à sa fille souffrant de troubles musculaires un jouet « pas encombrant, pas cher, pas bruyant, avec lequel l’enfant pourrait s’amuser seule ». Ainsi naît l’idée du « hand spinner ». Une autre version prétend que c’est en voyant à la télévision des enfants jeter des cailloux qu’elle a pensé à inventer un jeu pacifique.


Pas de sous pour payer le renouvellement du brevet...


Dans la foulée, Catherine Hettinger dépose un brevet en 1997 mais au bout de quelques années, elle n’a plus les moyens de débourser les 400 dollars nécessaires au renouvellement du brevet protégeant son invention, qui de fait tombe dans le domaine public.

Les requins capitalistes de l’industrie du jouet — dont certains avaient jusque là dédaigné la création de Catherine Hettinger — sautent aussitôt sur l’aubaine et lancent la fabrication et la commercialisation du « hand spinner » (compter en moyenne 5 à 6 € pour un hand spinner) qui très vite fait fureur auprès des jeunes et génère d’importants bénéfices.


Engouement et rupture de stocks


L’engouement est tel que le produit se retrouve en rupture de stocks. L’industrie du jouet au niveau international se frotte les mains tandis que Catherine Hettinger, sans le sou, lance une campagne de financement participatif afin de réunir la mise de départ pour tenter de faire fabriquer sa propre invention.

Mais dans cette époque mondialisée où une mode chasse l’autre, pourra-t-elle réaliser son projet à temps, avant qu’un autre gadget ne relègue le « hand spinner » au rayon poussière ?

En attendant, certains établissements scolaires, littéralement envahis par les « hand spinner » ont décidé de les interdire, estimant qu’ils étaient source de tensions entre les enfants et qu’ils perturbaient la concentration...

7 Lames la Mer

7 Lames la Mer

Réalités émergentes Réunion, Océan Indien, Monde.
Presse, Edition, Création, Revue-Mouvement.
Facebook, Twitter.

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter