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Internet et confidentialité

Web : Génération Ansamb fait « Places » nettes

3 octobre 2014
Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros
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Messagerie, visioconférence, transmission et stockage de données, échange de fichiers (texte, audio, vidéo, photo), chat... En toute confidentialité. Sans que la NSA — ou un pirate — vienne fourrer son nez dans vos petites affaires ! C’est possible avec « Places », une application élaborée par de jeunes ingénieurs de l’océan Indien réunis dans la start-up « Ansamb ». Réunion et Madagascar au top. Actuellement en phase de test ouverte au grand public, « Places » a été remarquée par la presse spécialisée internationale. Entrez dans l’univers « Places »... Une nouvelle facette de ce « génie réunionnais » que nous affectionnons. Gout a nou !

L’équipe de ]ansamb[ avant le départ pour le salon "TechCrunch Disrupt" 2013, conférence qui réunit des innovateurs, des leaders, des startups et des utilisateurs autour des grandes tendances technologiques qui vont influencer le paysage du numérique au cours des prochaines années.

A « 7 Lames la Mer », quand on veut un avis éclairé en matière de NTIC, on fait appel à notre geek en chef : Arthur Blanc. « Places » n’a donc pas échappé à cette procédure interne... « Super projet. Simple à utiliser, design agréable. A ce que je vois, c’est bien parti pour les créateurs, ils sont invités dans des podcast américains et les sites de tech’ les plus connus parlent déjà d’eux... En plus, l’avantage, c’est que « Places » annonce une configuration “open-source” ».

Open-souce permet notamment aux développeurs externes de vérifier que le système « Places » offre bien toutes les garanties de confidentialité. Suivent de la part de notre geek des considérations techniques dont la pertinence nous échappe...

Une chose est certaine : nul besoin d’être un expert en informatique ou un geek pour devenir utilisateur et adepte de « Places ». Destinée au grand public, « Places » est une application qui vous donne accès à une plateforme privée simple d’utilisation et qui risque bien de créer une nouvelle donne dans l’univers du web. Habituellement, vous utilisez différents systèmes quand vous souhaitez communiquer sur Internet. Vous chattez via facebook, vous envoyez des mails via Google, Yahoo ou autre, vous utilisez Skype pour parler en visio avec un ami de l’autre côté de la planète, vous stockez vos données sur Dropbox, etc, etc...

Désormais, vous pouvez réunir toutes ces activités en un seul endroit : « Places ». Rien de révolutionnaire nous direz-vous... Attendez la suite pour en juger d’autant que pour l’équipe des créateurs, ce n’est pas tant le concept qui est révolutionnaire mais bien le fait de le mettre à la portée du plus grand nombre.

Vigile Hoareau (Ansamb) et Nathalie Valentine Legros (7 Lames la Mer) en visio via "Places".

Pourquoi « Places » incarnerait donc une nouvelle façon de pratiquer le web ? La réponse tient en deux mots : vie privée ! VOTRE vie privée. Parce que « Places » vous apporte une garantie peu répandue sur le net ou dont ne bénéficient que quelques génies de l’informatique qui maîtrisent les protocoles : le respect de votre vie privée. La confidentialité.

En d’autres termes, avec « Places » vous ne confiez plus vos données à une société qui les stocke sur des serveurs, les garde en mémoire et peut donc en disposer à tout moment mais à une société qui les transmet directement à vos destinataires, après les avoir cryptées de bout en bout (via AES-256 et RSA-2048 pour les connaisseurs...) depuis votre ordinateur jusqu’à l’ordinateur que vous aurez désigné, donc sans jamais interférer dans le contenu. Vous gardez la main et la maîtrise. Et personne d’autre que vous et votre destinataire ! On imagine déjà les commentaires des spécialistes en informatique... mais nous y reviendrons.

Vigile Hoareau, cofondateur de "Ansamb", en interview avec une journaliste de CCTV, au salon TCDisrupt.

Comment ça marche « Places » ? Il vous suffit de télécharger l’application (un clic...), de remplir les champs obligatoires (identifiants, adresse mail et mot de passe - facile...), de valider le mail que vous recevrez (enfantin) et... de commencer à l’utiliser ! Un détail : vos correspondants devront eux aussi s’inscrire sur la plateforme « Places ». Normal si vous voulez échanger et communiquer avec eux : il faut qu’ils soient eux aussi dans la « Places ».

Un clic suffit ensuite pour par exemple échanger avec un correspondant via la vidéo. Voilà pour l’essentiel côté utilisateurs... Maintenant vous dire comment ça marche du point de vue de l’informatique relève pour nous du mystère autant que le moteur qui se trouve sous le capot de la voiture. Et finalement, la chose essentielle à savoir dans cette affaire, c’est que seuls les utilisateurs de « Places » ont les clés.

Alors évidemment, vous trouverez toujours des geek pour vous dire que ce genre de systèmes existe depuis longtemps et pour vous donner des exemples de logiciels, en général peu connus du grand public, qui offriraient les mêmes garanties...

« On nous cite souvent des logiciels qui permettent d’être anonyme sur Internet ou, dit autrement, de se cacher », répond Vigile Hoareau, cofondateur de « Ansamb », à ce genre d’arguments. « “Ansamb” n’a pas pour objectif l’anonymisation du trafic, mais d’offrir la possibilité à ceux qui n’ont pas de connaissances particulières en informatique d’accéder à des espaces intimes sur Internet ».

« Seuls les utilisateurs ont les clés ! » pourrait bien être le slogan de « Places ». Les utilisateurs, c’est vous et vos destinataires. « Places » ne fait que transmettre, stocker à la demande mais ne peut pas accéder à vos données. Les actualités de ces dernières années regorgent d’exemples de données volées, de piratages, d’espionnage, parfois même à grande échelle, affectant telle ou telle grande société ou star internationale mais aussi désormais vous et nous via le système cloud.

Et l’on a pu ainsi constater que cette tendance affectait 90% des échanges sur la toile y compris des données anodines de monsieur et madame « Toutlemonde » comme des photos de famille qui n’ont rien à voir avec les secrets d’États ! Dans ce contexte généralisé de cyber-criminalité et de paranoïa ambiante, « Places » pourrait bien apporter un espace de liberté en toute confidentialité, en toute intimité, et devenir un outil de travail précieux pour le grand public mais aussi pour les entreprises, les associations, les administrations, les établissement scolaires, les artistes, etc.

A l’origine de l’innovation « Places », une équipe de docteurs en psychologie cognitive et en sciences informatiques — deux Réunionnais et un Malgache — qui se sont lancés dans l’aventure en fondant la start-up « Ansamb » juste avant l’affaire Snowden : Vigile Hoareau, Didier Hoareau et Fanilo Harivelo. Aujourd’hui, la plateforme « Places » est en phase de test ouverte au grand public et devrait atteindre le stade de maturité d’ici la fin de l’année. « On sera bientôt open-source. Pour l’instant, on est encore en test et lorsque l’on aura stabilisé, on communiquera les sources ». Depuis le lancement de la phase alpha à Techcrunch, plusieurs milliers d’internautes se sont d’ores et déjà inscrits pour faire partie des testeurs et contribuer ainsi à l’amélioration de la plateforme. Alors, pourquoi pas vous ?

« La fracture numérique se superpose à la fracture sociale, à la fracture éducative », précise Vigile Hoareau. « L’informatique, ce n’est pas seulement de la consommation. C’est aussi l’accès à la culture, à la connaissance. Si « Places » existe à La Réunion, c’est parce que nos parents nous ont envoyés à l’école. La chance d’un territoire, c’est la connaissance. C’est échanger et construire de la connaissance ».

Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros

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Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Chroniques réunionnaises à quatre mains, avec Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros.

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