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C’est dans l’air...

Et si les créoles (re)colonisaient les oreilles ?

17 janvier 2015
Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros
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Elles ont disparu de la circulation. Vous n’en trouverez plus chez le bijoutier ou alors, par miracle, si vous insistez vraiment, au fond d’un vieux stock, oubliées. Reléguées. Avec un peu de chance, vous pourrez peut-être en dégoter une paire via internet, sur certains sites dédiés à la vente entre particuliers. Sinon, vérifiez quand même auprès de votre grand-mère... Sait-on jamais, peut-être en porte-t-elle toujours...

Les créoles lontan, aujourd’hui introuvables, pourraient bien revenir à la mode ! Vintage ?

Avis de recherche : boucles d’oreille créoles disparues de la circulation... Celles que tout le monde portait il y a une trentaine d’années encore, toutes classes confondues.

Signalement : en or, rondes, d’un diamètre approchant celui d’une alliance ou légèrement plus large, avec une petite accroche arrondie que l’on passait dans le trou de l’oreille et qui se refermait de l’autre côté par un système de clip en guise de fermoir.

Signe distinctif : elles étaient toutes taillées selon le même design : des facettes triangulaires ornaient le pourtour extérieur de l’anneau. Si vous en apercevez, faites-en une photo et contactez la bijouterie la plus proche : les bijoutiers n’ont plus le modèle pour cause de « rupture de mode ».

Après avoir inspecté les vitrines et les stocks de plusieurs bijoutiers, dans plusieurs villes de l’île, nous pouvons vous le confirmer : elles ne sont plus tendance et ont disparu. Nous n’en avons trouvé que sur un site internet de vente en ligne entre particuliers (voir photo) pour... 90€.

Les conditions sont donc réunies pour qu’elles reviennent en force, selon le principe du ressac « vintage ». Rien de tel pour les remettre au goût du jour, ces vieilles créoles qui ont souligné la beauté de bien des générations de Réunionnaises...

L’attirail du parfait perceur d’oreilles dann tanlontan... Technique rudimentaire à ne pas tester.

Pour la petite histoire — que nous tenons de Mémé Rose — à l’époque, il n’y avait pas d’instruments sophistiqués ni stérilisés pour percer les oreilles. C’était le« système D » : on prenait une aiguille à coudre (chauffée à la flamme) dans laquelle on passait un fil solide puis on collait derrière l’oreille un bouchon de liège. Ensuite, on piquait le lobe de l’oreille avec l’aiguille jusqu’à ce qu’elle s’enfonce dans le bouchon placé derrière. On laissait le fil dans l’oreille ainsi percée, pour ensuite le remplacer, une fois le trou plus ou moins cicatrisé, par les fameuses boucles d’oreille créoles !

Parfois, l’opération de perçage se soldait par un gros boubou qui vous donnait l’impression qu’une bébête vous mordait le lobe mais il y avait alors des remèdes lontan pour venir à bout des oreilles infectées. Pratiqué dès le plus jeune âge, le perçage des oreilles selon cette technique plus que rudimentaire a du coup laissé peu de traces dans les mémoires féminines.

Aujourd’hui, le perçage des oreilles est indolore et pratiqué dans des conditions de stérilité en général fiables. Alors pourquoi s’en priver ? Surtout si l’on considère que tardra, viendra, biento la pa loin : on vous le dit, les créoles vont (re)coloniser les oreilles !

Nathalie Valentine Legros et Geoffroy Géraud Legros

A l’époque, tout le monde portait ce modèle d’anneaux créoles, aujourd’hui quasiment disparu. Photos extraites du film « Ça Bourbon même, l’île de La Réunion », tourné en 1978 par Jean-Pierre Mirouze.

Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Chroniques réunionnaises à quatre mains, avec Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros.

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