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Océan Indien, demandeurs d’asile

Enfants réfugiés, expulsés : les chiffres de la honte

25 août 2014
7 Lames la Mer
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« Plus de 20.000 personnes ont risqué leur vie dans l’océan Indien depuis le début 2014 », selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) publié ce vendredi. L’océan Indien, ses archipels, ses plages, ses réserves marines, ses îles paradisiaques... et ses boat-people ! Si l’on considère l’ensemble du bassin indianocéanique (75 millions de km2), le chiffre du HCR est largement en dessous de la réalité puisqu’il ne concerne que les ressortissants de l’Asie du Sud Est qui tentent en général de rejoindre l’Australie. De l’autre côté du même océan, plus près de chez nous, à Mayotte, la situation est aussi dramatique et les enfants sont les premières victimes.

Enfants Rohingya réfugiés au Bangladesh. Photo IRIN/David Swanson. Source ONU.

Environ 20.000 personnes fuyant le Myanmar (Birmanie) et le Bangladesh ont risqué leur vie lors de traversées maritimes dans l’océan Indien au cours de la première moitié de cette année, selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) publié vendredi. Ce rapport, qui concerne plus particulièrement l’Asie du Sud Est, a été rédigé par une nouvelle Unité de surveillance des mouvements maritimes créée au sein du bureau régional du HCR basé à Bangkok. Cette unité rassemble des informations par le biais d’entretiens directs, et via les médias, les partenaires et les gouvernements.

Concernant les départs de la baie du Bengale et ailleurs en Asie du Sud-Est, le rapport met en lumière les violations dont sont victimes les candidats à l’exil lors de leur traversée. Il montre également que plus de 7.000 demandeurs d’asile et réfugiés qui ont voyagé par mer sont actuellement détenus dans la région, dont plus de 5.000 en Australie (généralement sur Christmas island) ou dans les centres de triage de ce pays à Nauru et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Image extraite d’une bande dessinée éditée par le gouvernement australien pour décourager les futurs demandeurs d’asile.

« Beaucoup étaient des Rohingya qui fuient le Myanmar et arrivent marqués par les effets de la malnutrition et les mauvais traitements au cours du voyage. Plusieurs centaines de personnes ont également été interceptées sur des bateaux se dirigeant vers l’Australie », a expliqué un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d’une conférence de presse à Genève.

Il y a un mois, « 7 Lames la Mer » vous relatait la situation préoccupante de 153 boat-people partis du Sri Lanka — dont 37 enfants et 32 femmes — et « détenus quelque part part dans l’océan Indien » sur un navire des douanes australiennes, enfermés à double tour dans des cabines... Les tragédies vécues par ces demandeurs d’asile se concluent souvent par la mort (noyade, malnutrition, conditions extrêmes au cours de la traversée...). Et lorsqu’ils parviennent à destination, ils endurent une détention particulièrement éprouvante comme au centre de rétention de l’île Christmas où il y a deux mois « 14 femmes détenues ont tenté de se pendre », espérant ainsi que leurs enfants, devenus orphelins, seraient enfin accueillis en Australie. Droit dans ses bottes, le Premier ministre, Tony Abbott, avait déclaré qu’il ne « cèderait pas au chantage moral ».

Les enfants sont les premières victimes. Illustration : pompuspb - deviant art

« En raison de sa nature clandestine, l’ampleur de la contrebande de personnes reste difficile à déterminer, a expliqué Adrian Edwards au cours de sa conférence de presse. Mais des entretiens de fond avec des survivants offrent un aperçu de ce qui se passe pendant le long voyage du Myanmar et du Bangladesh vers la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie, et au-delà ».

« Ces développements ont lieu dans un environnement de protection très difficile pour les réfugiés dans la région. La Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie ne sont pas signataires de la Convention sur les réfugiés et manquent de cadres juridiques formels pour les réfugiés, a-t-il ajouté. Sans statut juridique, ceux-ci risquent souvent d’être arrêtés, détenus et déportés en vertu des lois sur l’immigration ».

7 Lames la Mer
Source : centre d’actualités de l’ONU

70 kilomètres séparent l’île d’Anjouan (Comores) de Mayotte (française). C’est là que, depuis près de 20 ans, des enfants, des femmes, des hommes, par milliers, se sont noyés en tentant la traversée sur les « kwassa-kwassa », ces embarcations qui relient illégalement les deux terres. 7.000 à 10.000 morts selon un rapport présenté au Sénat le 18 juillet 2012 par MM. Sueur, Cointat et Desplan mais cette estimation doit être revue à la hausse en tenant compte notamment des naufrages qui ont lieu hors des eaux territoriales françaises. C’est là, à Mayotte, que la France réalise plus du tiers de ses expulsions. Mayotte où 40,7% des habitants n’ont pas la nationalité française. C’est là que les enfants paient un lourd tribut au visa Balladur. Rappel en quelques chiffres...

Cette photo est issue d’une performance réalisée par l’artiste comorien Soeuf Elbadawi. (Source www.bbec.lautre.net)

-* 15.908 étrangers en situation irrégulière ont été expulsés (reconduits à la frontière) en 2013 (16.000 en 2012, 21.000 en 2011 et 26.405 en 2010).

  • En 2012 et en 2013 à Mayotte, plus de 94 % des arrêtés de reconduite ont été exécutés alors qu’en métropole ce chiffre se situe autour de 25 %.
  • 21.762 personnes expulsées en 2011 (contre 32.912 en France métropolitaine la même année). Il est à noter cependant que près de 2/3 des reconduits ne sont pas enregistrés...
  • 5.978 enfants expulsés en 2011, 3.837 en 2012.
  • 13.500 demandes de titres de premier séjour ont été déposées en 2013 (3.500 en 2012), soit une augmentation de 286%.
  • 476 kwassas ont été interceptés en 2013 avec, à bord, 10.610 passagers.
  • Environ 3.000 mineurs isolés étrangers estimés à Mayotte. Pour l’ensemble du territoire métropolitain de la France, le nombre de mineurs étrangers isolés varie, selon les estimations, de 4.000 à 8.000. A Mayotte, sur un territoire de 376 km2, on estime à environ 3.000 le nombre d’enfants étrangers isolés, dont 500 en situation de grande fragilité. Parmi eux, 4 % ont un parent français et 64 % sont nés en France (à Mayotte en général). Dans 87 % des cas, leur isolement est généré par la reconduite à la frontière des parents — les deux (43 %), ou la mère seule (42 %), ou le père seul (2 %).

Sources : Préfecture de Mayotte - IPR - Rapport présenté au Sénat le 18 juillet 2012 par MM. Sueur, Cointat et Desplan - Rapport de mission d’Yvette Mathieu, Chargée de mission auprès du Défenseur des droits sur la protection des droits de l’enfant à Mayotte - Marie Duflo & Marjane Ghaem, Gisti - Étude de David Guyot, sociologue.

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