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Au cinéma

« El Club », le dernier d’un cinéaste hors norme

2 février 2016
Izabel
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« El Club » du cinéaste chilien Pablo Larrain, ou la face sombre de l’église catholique.

Le film vient de sortir et il passe actuellement au Lacaze. Et au ciné Cambaie. « El Club », film chilien de Pablo Larrain, dont les trois précédents films portaient sur le Chili de Pinochet. Voici le dernier de ce cinéaste hors norme qui nous fait descendre en apnée dans les insondables profondeurs de l’âme humaine quand elle a été formatée par l’univers concentrationnaire de certaines communautés religieuses.

Sur le thème, je resterai discrète, vous laissant découvrir l’histoire et la montée insidieuse de la tension. L’enfer dans une maison isolée d’une ville côtière du Chili. Le travail sur l’image peut s’avérer « déroutant » pour un « spectateur ordinaire » : des surexpositions brutales suivies d’images crépusculaires, le sable brut, la mer violente et grise, puis les visages nus, énigmatiques...

Larrain a utilisé des lentilles et des filtres du début des années 60, rendant l’image quasiment archaïque... Les longs plans de repas où la mastication, les gestes de s’essuyer les lèvres, les bruits d’assiettes et de couverts, rendent plus tangibles une violence retenue, impossible à qualifier. Les images hypnotiques du dressage du chien sur la plage au crépuscule, sans cesse la vision répétée du leurre qui tourne et s’envole, du chien rapide et mobile qui croit saisir le chiffon, puis repart dans l’autre sens, jusqu’à épuisement.

« Nous menons une bonne vie ici ». La parole est incisive, théâtralisée, le sujet provient d’une pièce de théâtre écrite par le cinéaste. Le seul personnage féminin, l’excellente Antonia Zegers, démoniaque ange tutélaire, suffit à résumer le film dans toute son horreur.

Antonia Zegers dans "El club"

« Et pourtant Larrain ne tombe jamais dans le cynisme, dans l’humour noir facile ou le règlement de compte revanchard. Surtout : Il ne perd jamais de vue la dignité de ses personnages. C’est grâce à de tels paradoxes et une telle habileté qu’« El Club » dérange et marque aussi profondément. Un film qui fait froid dans le dos », écrit fort justement le critique Grégory Coutaut.

Ce cinéaste impitoyable, Pablo Larrain, aux antipodes de tous les genres, réclame de vous d’être des spectateurs libres de tout conformisme. Il vous veut disponibles, capables de remettre en question vos idées reçues, votre habituelle manière de penser, votre confort intellectuel, de sortir hardiment de vos chemins balisés. Etes-vous de ceux-là ?

Izabel

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