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Droite réunionnaise : sueurs froides et larmes en perspective…

6 septembre 2015
Geoffroy Géraud Legros
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Il se dit que les patrons politiques de la droite et du centre exigeraient d’ores et déjà que deux tiers des places de la future liste de droite soient réservés à leurs affidé-e-s. Bon nombre d’élus et/ou de collaborateurs du Président de Région encore grisés par un « bilan » qui existe surtout dans les discours des flatteurs vont bientôt comprendre qu’il leur faudra « prépare zot paquet »... et ce, quelle que soit l’issue du scrutin.

Lutter contre la « grande criminalité économique » : c’est le but que s’est assigné la loi du 6 décembre 2013 inspirée par l’affaire dite « Cahuzac », qui a instauré un « Parquet national financier » (PNF).

Une institution dont la saisine serait plus ou moins automatiquement conditionnée par la hauteur des montants en cause et la technicité des dossiers et non point par des présomptions d’infraction, qui « prendrait » ce dont le Parquet local ne veut pas ?

C’est l’appréciation prêtée au Procureur de Saint-Denis par Didier Robert, patron du Conseil régional, qui se trouve dans le collimateur du PNF, lequel viserait la Nouvelle route du littoral.

Difficile de croire que le haut magistrat ait tenu pareils propos, attribuant à une institution judiciaire le pouvoir de s’auto-saisir de montages financiers sur de simples considérations liées à leur complexité où à leur montant. Les choses se passent peut-être ainsi en Corée du Nord (et encore) mais certainement pas dans un État de droit.

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En réalité, le Président de Région demeure fidèle à sa stratégie initiale, qui consiste à présenter comme « enquête de routine » une procédure portant sur le grand chantier de la Nouvelle route du littoral, procédure sur laquelle il maintient la plus grande opacité, misant sur la méconnaissance collective du fonctionnement de l’institution judiciaire et sur la bienveillance de certains médias.

Mais le cours réel des choses a le mauvais goût de ne pas correspondre aux fables destinées à « peindre » l’opinion publique, fussent-elles étayées à grand(s) renfort(s) d’argent public et d’embauches « stratégiques ».

Non, tout grand chantier public ne donne pas lieu à des auditions et à des saisies de dossiers par la brigade financière de la Gendarmerie.

Non, le PNF, que sa procureure a décrit comme une « force de frappe », ne se saisit pas de dossiers anodins dont le parquet local ne veut pas.

Oui, l’affaire n’est pas claire, mais c’est surtout parce que la Collectivité régionale ne communique pas.

La question n’est désormais plus de savoir si « l’affaire » va exploser mais quand — Didier Robert, glisse-t-on du côté de la Région, s’affaire désormais plus à atténuer qu’à reculer ou à empêcher la divulgation d’informations dont l’existence et le caractère brûlant ne font plus de doute.

De sources concordantes, le « pharaon » serait lui-même épargné par l’enquête… et garderait ainsi quelque espoir de conserver au cœur de la tempête son poste de capitaine d’une armada UMP-UDI réputée (par ses propres hérauts) invincible depuis le scrutin départemental.

Mais cet itinéraire quelque peu naïf ne fait pas l’unanimité dans les états-majors de la droite et du centre où l’on envisage déjà un ou plutôt des plans B, tous fondés sur un raisonnement imparable : de tous les grands capitaines de la droite, Didier Robert est le seul à ne plus avoir de port d’attache — comprendre : d’assise communale — et ne doit qu’à sa qualité de sortant d’être la figure de proue de la « plate-forme ».

La configuration changera nécessairement, dès lors qu’il ne sera plus possible de dissimuler que, sous les couches de vernis médiatique, la coque du navire « Région » est cariatée, vermoulue et fait eau de toute part.

Deux hypothèses cheminent aujourd’hui dans les états-majors UMP et UDI — c’est-à-dire, dans les places fortes de Saint-Pierre et de Saint-André.

Il suffit de gratter un peu pour que certains laissent apparaître leur désir de passer le capitaine Robert par-dessus bord et de reprendre le contrôle de la navigation avant que le « bato fou » régional ne s’échoue sur l’écueil des affaires.

Il n’y aurait là, au final, qu’un retour à l’envoyeur à destination d’un Didier Robert qui avait en 2010 sabordé à son profit la liste de Jean-Paul Virapoullé, au terme d’une stratégie savamment orchestrée et menée à bien — entre autre — grâce au double jeu du groupe « TVA » de Fabienne Couapel-Sauret.

Deux amiraux de poids pourraient alors mener la bataille : Michel Fontaine, le véritable homme fort du sud et véritable « patron » de la droite réunionnaise, ou Jean-Paul Virapoullé, leader historique revenu sur le devant de la scène, qui a jusqu’à présent été écarté du leadership aux élections régionales par les manigances au sein de son propre camp.

Séduisantes aux yeux des (nombreuses) personnalités de droite que Didier Robert a littéralement piétinées pour arriver au sommet, ces velléités de putsch présentent néanmoins l’inconvénient d’abaisser encore les chances de succès d’une liste de droite à laquelle, quoi qu’en disent les publicistes de la Pyramide, la logique des fusions et des ralliements promet sur le papier un second tour (très) difficile. Pour l’heure, les stratèges de la « plate-forme » penchent vers une stratégie plus fine, visant à déchoir le Président de Région sans pour autant l’évincer.

Ainsi, il se dit que les patrons politiques de la droite et du centre exigeraient d’ores et déjà que deux tiers des places de la future liste de droite soient réservés à leurs affidé-e-s.

Le calcul présente un double avantage : perdant, Didier Robert porterait seul le poids de la défaite, épargnant le prestige des leaders réels de la droite réunionnaise.

Gagnant (les mystères d’une élection régionale sont inondables), le Président sortant serait la « poupette » de ces derniers, encerclé par des élus et des cadres dont les véritables allégeances seront ailleurs.

Pour l’heure, le grand remplacement au sein du personnel politique régional est à l’ordre du jour… et bon nombre d’élus et/ou de collaborateurs du Président de Région encore grisés par un « bilan » qui existe surtout dans les discours des flatteurs vont bientôt comprendre qu’il leur faudra, comme dit Créole, « prépare zot paquet »… et ce, quelle que soit l’issue du scrutin.

Sueurs froides et larmes en perspective…

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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