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USA / Bernie Sanders

Dîner « obscène » chez les Clooney

27 mars 2016
Geoffroy Géraud Legros
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Plus de 350.000 dollars : c’est le prix à payer pour casser la graine avec le couple Clooney et Hillary Clinton.

« Yeah, j’adore Bernie, il impose le débat sur l’écart croissant entre les riches et les pauvres, dont on ne parle jamais en Amérique », déclarait George Clooney au Guardian il y a quelques semaines.

La star doit aujourd’hui regretter ces éloges : dans un discours récent, le sénateur socialiste du Vermont, qui talonne Hillary Clinton dans la course à l’investiture démocrate, fustige le dîner organisé le 16 avril prochain par le couple Clooney en soutien à l’ancienne secrétaire d’Etat.

C’est en effet la luxueuse demeure de l’acteur et de son épouse, ambassadrice internationale des droits de l’homme, qui accueillera la réception consacrée à la collecte de fonds destinés à Mme Clinton. Prix du couvert : plus de 33.000 dollars pour « entrée-plat-dessert » en bout de table et plus de 350.000 dollars pour celles et ceux qui auront l’insigne honneur de dîner près de Mme Clinton. « Ce sont des sommes obscènes », déclarait vendredi dernier Jeff Weaver, chef de l’équipe de campagne de Bernie Sanders, dans un email adressé aux militants.

« Cette somme, c’est ce que gagnerait un agent fédéral au salaire minimum, s’il travaillait cinq ans, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans prendre un seul jour de vacances ».

Outre le prix du rond de serviette, le procédé lui-même fait polémique : en organisant des « Victory Dinners », l’équipe de campagne d’Hillary Clinton contourne ouvertement la loi américaine, qui limite à 2.700 dollars les dons individuels susceptibles d’être réalisés au profit d’un candidats lors des primaires.

« Des dizaines de millions d’américains se battent pour qu’il y ait quelque chose sur la table du dîner familial ; pendant ce temps, les riches de ce pays n’ont jamais eu la vie si belle » résume le porte-parole de Bernie Sanders qui conclut : « voici l’enjeu de cette campagne : allons-nous restaurer une véritable démocratie dans ce pays, ou allons-nous définitivement glisser dans le régime oligarchique, qui organise le contrôle de la vie politique et économique par une poignée de milliardaires ? »

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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