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Deux semaines après les #PanamaPapers, des businessmen réunionnais planchent sur l’ « offshore » seychellois...

22 avril 2016
Geoffroy Géraud Legros
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En amont de la conférence de coopération régionale qui s’achève aujourd’hui, le « Club Export » a accueilli mercredi l’évènement « Doing business Seychelles ». Au programme : exportation du savoir-faire réunionnais, coopération et... éclairages annoncés sur l’« offshore » dans l’archipel, considéré comme un paradis fiscal. Ce dernier choix thématique est bien peu judicieux au regard de l’actualité...

Le « Club Export » a le vent en poupe. Du moins, c’est lui qui le dit. Le regroupement d’entrepreneurs, auquel la Région a de facto délégué le volet économique de sa compétence en matière de coopération régionale, a permis, « grâce à la veille réalisée » par « ses chargés de coopération présents dans les territoires de l’océan Indien », de « positionner des entreprises réunionnaises » sur des « marchés significatifs », annoncent les chargés de com’ de la structure, qui organisait mercredi une matinée d’affaires au nom évocateur de « Doing business Seychelles », suivie d’un après-midi de rencontres sur le même thème .

Plusieurs entreprises réunionnaises sont d’ores et déjà actives dans les îles paradisiaques, précise le bureau de presse de l’évènement dans un e-mail que s’est procuré « 7 Lames la Mer ». Celui-ci mentionne la société « ECI, qui équipe les bus seychellois d’une solution de billettique (sic) » ainsi que « le Groupement Cotel », impliqué dans « la réalisation de deux usines de potabilisation de l’eau (...) » pour un chiffre d’affaire de 4,2 millions d’euros.

Une réussite qu’il faut saluer et dont les Réunionnais peuvent, au sens propre, se féliciter, puisque le « Club Export » est destinataire d’une subvention publique accordée par le Conseil régional.

L’industrie n’était pas seule au menu des échanges de mercredi : selon la source précitée, la discussion se promettait d’accorder une place substantielle à « la fiscalité et au secteur offshore » seychellois. Le principal intervenant reçu par le « Club Export » ce mercredi est d’ailleurs un fiscaliste réputé établi dans l’archipel, spécialisé dans la création de sociétés IBC qui bénéficient d’un régime fiscal très favorable. Leur forme garantit flexibilité et discrétion... à tel point que ses dérives potentielles interpellent au plus haut niveau les autorités de Mahé, analysait la « Seychelles News Agency » (SNA) le 8 avril dernier.

Inquiète de l’atteinte à la réputation des Seychelles, qui figurent en quatrième position dans une liste des dix paradis fiscaux les plus fréquentés établie sur le fondement des #PanamaPapers, l’instance de régulation envisage d’enquêter sur les « mauvaises pratiques des IBC » , ajoute la SNA, .

Dans ce contexte qui exacerbe la sensibilité de l’opinion vis-à-vis de l’optimisation fiscale, il était pour le moins maladroit d’inscrire l’offshore à l’agenda de cette rencontre internationale...

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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