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Tribune Libre de Jean-Hugues Savigny

De l’insidieuse chasse aux sorcières

11 juin 2014
Jean-Hugues Savigny
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Les annonces de bonnes intentions destinées à soigner l’image sur laquelle, à défaut de programme, on se fait élire, cachent souvent des réalités individuelles plus cruelles.

C’est ce qui se passe à La Possession où, il est vrai, l’arrivée d’une nouvelle majorité, quelle qu’elle pût être, aurait, du seul fait du vécu des stabilités politique et d’encadrement, causé chez un certain nombre d’agents des pertes de repère... mais qui, en réalité, à cause de mesures précipitées et agissements décalés, bouleverse l’habitus communal au risque de menacer l’apaisement social territorial.

A son corps défendant, la nouvelle maire a, paraît-il, missionné dès les premiers jours un supposé psychologue — la transparence aurait aussi ses limites chez celle qui, candidate, s’en repaissait — pour parer aux éventuels chocs du changement. Dans les faits, la feuille de route dudit « psychologue » serait d’un tout autre ordre puisque des instructions à charge ont été opérées dans un esprit de totale inquisition comme le prouve précisément la communication officielle de la maire.

Pas la moindre appréciation générale, pas le moindre message d’encouragement collectif, ne serait-ce à un seul service. Madame Miranville n’a pas cessé a contrario d’exhiber comme trophées de guerre les deux ou trois agents qu’elle aurait découverts « placardisés avec un seul journal comme outil de travail ». Ou les quelques prétendues heures supplémentaires ou autres avantages en nature qui auraient profité à quelques uns.

La ressource humaine est, pour l’heure, considérée de manière atomisée. Une obligation de présence des élus dans les services (10h hebdomadaire par conseiller municipal et 20h par adjoint) produit une désagréable impression de surveillance généralisée que corrobore le discours de progression de carrière au mérite. Au passage, les élections professionnelles à venir trouvent là un tout nouveau terreau et il est fort à parier que si garde n’est prise, la future représentation syndicale en soit chamboulée, aidée aussi il est vrai, par les crises au sein des actuelles organisations majoritaires.

Naturellement, c’est chez le personnel d’encadrement que les coups portés sont en premier ressentis. DGS, DRH, DGST, etc. sont soit partis, soit sur le départ. Et, comment pourrait-il en être autrement quand les marqueurs politiques sont absents et les flottements dans la conception et dans la chaîne de décision si manifestes ? Quand la suspicion permanente vécue alterne avec le laudatif d’un discours politicien truffé de contradictions, quand, professionnel, on se fait bousculer par de fats profanes qui se croient détenteurs de tous les pouvoirs et qui entretiennent des illusions aveuglées par leurs fausses certitudes, quand des actes irrationnels aux dramatiques conséquences sont arbitrairement commis, quand les considérations humaines sont reléguées aux arrières plans, ... alors, pour rester en cohérence avec soi, avec sa conscience, on préfère s’affranchir du shabouk, tourner la page et partir.

Alors demain, quand on aura compris que l’hirondelle ne fait pas le printemps, que le temps de l’espérance n’est pas infini, quand au final ce sera « pire en ville », ... viendra le temps de la rébellion pour les uns et des regrets pour les autres. Et, La Possession aura alors pour sa part accusé un retard dans la course à l’émancipation qu’elle s’était jusque-là fixée.

Jean-Hugues Savigny

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