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Vu au Téat Champ Fleuri

De battre mon cœur ne s’est pas arrêté

18 février 2016
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Avec toute cette pluie mon drag a du mal à démarrer. Voilà ce que c’est, la saison cyclonique, pas bon pour le deux-roues, enfin, trois chez-moi, une petite devant, deux énormes à l’arrière, custom péi. Un coup de pchitt dans l’carbu et, miracle sintexpédiet, ça repart. Jusqu’à Saint-André, la voie est libre, dégagée, à demi sèche, il fait chaud humide, je bombe. Soudain, ralentis, malheureux ! Tu files assister à « Réparer les vivants » au téat Champ Fleuri, tu veux finir sur le billard, comme ce malchanceux surfer dont on va transplanter le cœur ?

Emmanuel Noblet

Le programme m’énerve. D’abord ce n’est pas un texte de théâtre, mais un roman connu de Maylis de Kerangal, pas de dialogues, un acteur seul sur scène. Merde. Derrière il y a une armée de collaborateurs aux titres ronflants : créateur son, designer sonore, vidéaste. On n’en verra pas le bout d’une queue. Il y a même un responsable de régie, normal, il y a deux chaises. Et un remerciement à l’école de surf de La Réunion : ouais, l’acteur entre avec une planche sous le bras. Voilà du local, sauf que, excusez-moi, ici les surfers finissent dans les mâchoires des requins, pas dans des accidents de voiture.

La production est époustouflante, pas moins de six établissements et pas des moindres, des centres dramatiques, des théâtres connus, des offices départementaux. Et des représentations au festival off d’Avignon, probablement sans risque, car payées avec l’argent public. Dur. Je croyais que le off était réservé aux compagnies pauvres, indépendantes, aux téméraires, aux débutants.

Le spectacle se tient, mais n’étonne et ne surprend jamais. Du convenu, on aurait demandé à un spectateur de créer « Réparer les vivants » qu’il aurait écrit la même chose, en mettant un peu plus d’humain. Glaçant. C’est pas rien d’arracher un cœur ! Sûrement un parti pris artistique : on ne saura rien du donneur, rien de la receveuse, une sorte d’anonymat perturbant. Ils font mieux à la télé avec des infirmières sexy, des docteurs défoncés, des maladies où on a droit à tous les détails. Ici, on n’apprend rien qu’on ne sache déjà. Moi, j’aurais aimé apprendre comment on passe du cœur artificiel au nouvel organe, et comment on le réveille d’un coup de gégène. Je reste sur ma faim. Même pas éducatif, le truc.

Emmanuel Noblet, le comédien, a du métier, il se démène, il est sympa, talentueux, il a de grands bras, de grandes jambes. Il est drôle dans la scène du transporteur de greffon, à l’accent italien, ou quand il se tape une côtelette saignante après l’opération. Mais le texte est pauvre, narratif, linéaire, sans enjeu, désespérant – il y a du sang – comme une soirée au Bataclan.

Tristounet, je retrouve dragster à trois pattes. Une caresse sur la carlingue, tiède, vivant. Et toi ? Finirais-tu au garage ou à la casse, plafonné dans le décor, entre Saint-André et Bras-Panon ? Bon sang, cette fois je vais rentrer pépère. Il parait que la pièce va tourner à Maurice et à Madagascar. Ça tombe bien, il n’y a pas de transplantations là-bas. Avec un acteur, neuf voix off et deux chaises, il ne doit pas coûter cher. Ce spectacle m’a fichu le bourdon. Sous le blouson, je me tâte le soufflant, il bat comme une horloge. Merci Champ-Fleuri. Ce soir, de battre mon cœur ne s’est pas arrêté.

Rundragster

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