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Parfum de koudvan

Cyclone et profits de bouts de chandelle

2 janvier 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Attendre que le maximum de coûteuses bougies parfumées soient vendues pour réapprovisionner le rayon en chandelles ordinaires : à la veille d’un cyclone, les petits profits ne répugnent pas à l’une des plus grandes enseignes de l’île…

L’irruption d’un cyclone donne traditionnellement lieu à un regain de solidarité — et c’est sans doute là l’unique aspect positif de ces véritables catastrophes climatiques, qui saccagent les infrastructures du pays, emportent les logements les plus fragiles, et affaiblissent encore les planteurs déjà victimes de la crise. À l’écoute des radios populaires, les Réunionnais s’informent les uns les autres, s’entraident, essaient de se porter assistance. Ainsi, un homme appelle la radio pour dire qu’il est pris de court car, malade et seul, il n’a pas suivi l’évolution de la tempête « Bejisa ». Quelques minutes plus tard, une auditrice propose une aide- — quelques conserves, des bougies…

Fragrance « ethnique »

Au sommet de la pyramide économique, en revanche, on n‘hésite pas à mettre le « koudvan » à profit pour alimenter encore un peu plus un tiroir caisse déjà pourtant empli à raz-bord. Ainsi, l’auteur de ces lignes s’est-il retrouvé dans une grande surface, à la recherche de bougies, équipement essentiel. « Sacré-Cœur », « Atlas »… aucune de ces marques traditionnelles ne figure dans le rayon, et pour cause : le magasin est plein à craquer, les gens sont venus des quatre coins du Sud, où nous nous trouvons, acheter boîtes de conserves, bouteilles d’eau, et… chandelles. Sur les étagères ne restent que des bougies parfumées, à la rose, à l’encens, voire à une fragrance « ethnique » (?)… et à des prix conséquents : à deux-trois euros la bougie odoriférante, l’éclairage post-coupure cyclonique ne va pas être donné…

D’un air gêné, il recule de quelques pas...

Quelques mètres plus loin, nous croisons pourtant une jeune femme, plusieurs paquets de bougies ordinaires à la main. Où les a-t-elle trouvées ? Un vendeur est allé les chercher pour elle dans la réserve, explique-t-elle. Ni une ni deux, nous partons à la recherche dudit vendeur, que nous trouvons, quelques minutes plus tard, affairé auprès d’un chariot élévateur. Une fois sa tâche terminée, nous lui demandons de nous vendre quelques paquets de bougies blanches. Rupture de stock nous explique-t-il, il faudra attendre. Nous lui disons avoir vu une cliente en possession de la précieuse marchandise. D’un air gêné, il recule de quelques pas et, à l’abri de l’angle du rayon, nous explique : son collègue a vendu quelques bougies à des clients et s’est fait reprendre.

Pas de petits profits...

La consigne est d’attendre que le maximum des coûteux accessoires de cire parfumée soient vendus avant de réapprovisionner le rayon avec le contenu des caisses qui, effectivement, dorment dans la réserve. Il ne peut nous aider, craignant de rencontrer des problèmes… Nous rebroussons chemin, constatant qu’il n’y a décidément pas de petits profits pour cette enseigne, pourtant l’une des plus importantes de l’île.

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste, Co-fondateur - 7 Lames la Mer.

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