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Tribune Libre de Jean-Pascal Lauret

Comment enrayer l’illettrisme

22 février 2014
Jean-Pascal Lauret
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Comment enrayer l’illettrisme et faire partie des 1ères académies de France sans dépenser 1 euro de plus ?

Quand on est un petit territoire comme La Réunion et que nous voulons exister autrement que perfusés, sous coma artificiel comme l’est notre île actuellement, nous n’avons pas d’autre choix que de développer l’excellence en matière d’intelligence, de savoir faire et de savoir être, donc l’excellence en matière d’éducation et de formation à La Réunion.

Il y a 25 ans, c’était la politique que voulait mener Eric Boyer, Président du conseil général de l’époque, en valorisant les réussites de femmes et d’hommes Réunionnais, avec "l’année du haut niveau". Mais il a été envoyé en case prison beaucoup plus vite que les autres, même si des faits lui sont reprochables.

Souvent dans l’Histoire de l’éducation à La Réunion, Paris a mis des freins au développement d’une élite réunionnaise qui selon elle, pourrait nuire à ses intérêts. Nous avons la possibilité de réussir, mais hors de La Réunion comme nous le montre souvent Les Réunionnais du Monde.

Où en sommes-nous aujourd’hui : L’Académie de La Réunion est la dernière de France. (hormis Mayotte qui a toutes les excuses pour être dernière, vu le retard de développement de ce nouveau département).

Quand nous analysons les chiffres des 120 000 illettrés à La Réunion, nous constatons qu’ils sont issus pour un grand nombre, de familles créolophones (familles qui ne parlent que créole à la maison). Cela voudrait peut-être dire que l’éducation scolaire qui leur a été proposée ne leur était pas adaptée. Dans les discussions courantes, nous entendons souvent dire que c’est la faute de la langue Créole. Mais si nos enfants allaient étudier au Japon, le problème qu’ils pourraient rencontrer c’est le problème de la nouvelle langue dans laquelle l’enseignement est fait et non celle avec laquelle ils arrivent.

Aussi, la première compétition de la vie c’est bien l’école et imaginons un enfant de 3 ans à qui on demande de participer à une même compétition, d’être sur la même ligne de départ que ses camarades, sans tenir compte de son handicap, la non maîtrise de la langue dans laquelle l’enseignement est fait. Si cet enfant est très courageux à l’âge 3 ans, il a un peu de chance de réussir, sinon, il abandonne la course rapidement. La plupart d’entre nous, adultes, n’accepteraient pas de participer à une course en étant contraints de la prendre 500 mètres derrière les autres concurrents. Alors pourquoi nous l’infligerions à nos petits de 3 ans !

On oublie souvent de préciser à ces enfants, qui font leur première rentrée à l’école que ce n’est pas leur langue maternelle qu’ils vont apprendre à lire et écrire, comme s’il était tout a fait naturel de commencer à étudier une langue avant celle qui nous est plus familière.

Le MOUV propose quelques solutions  :

Le MOUV propose que l’on réserve les moyens utilisés jusqu’à présent pour la scolarisation des enfants entre 2 ans et 3 ans à la scolarisation d’enfants ne maîtrisant pas le français à l’oral. Ces enfants pourront donc être scolarisés plus tôt pour l’apprentissage du parler français pour qu’ils puissent ensuite prendre le départ au même niveau que les autres.

Le MOUV propose parallèlement, de développer les classes bilingues (Créole-Français) sur la base du volontariat. Ces classes permettraient des échanges et le partage des 2 langues, un équilibre plus juste entre elles. Elles permettraient aussi de faciliter l’intégration dans la société réunionnaise, des petits arrivant de l’extérieur.

Avec ces quelques adaptations, les parents ne se sentiront plus coupables de parler créole avec leurs enfants à la maison, ce qui facilitera sa transmission aux générations futures. Aussi, nous diminuerons ainsi le nombre d’enfants qui s’ennuient et qui perturbent les classes.

Le MOUV propose que l’Education Nationale reverse à l’Académie de La Réunion l’économie substantielle réalisée à chaque fois qu’un jeune quitte l’école prématurément sans diplôme.

Et enfin, nous avons les moyens de payer nos enseignants 50% plus cher que dans l’Hexagone, tout en leur offrant une qualité de vie meilleure et quelques autres avantages.

Le MOUV propose d’utiliser cette force, pour recruter les meilleurs enseignants de France, ou de l’UE pour certaines matières, pour que notre Académie devienne une des premières de France. Le critère de points, utilisé jusqu’à présent ne garantit pas la qualité d’un enseignant.

La Réunion ne s’en sortira qu’avec une éducation de qualité adaptée à son environnement et qui anticipe son évolution.

Jean-Pascal Lauret
pour Le MOUV
sur Facebook : https://www.facebook.com/jaimelemouv?ref=hl

La semaine prochaine, Le MOUV vous présentera comment développer l’agriculture Bio dans les communes.

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