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Environnement

CINOR : la voie est ouverte à l’incinérateur

12 juillet 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Contesté sur les plans sanitaire et environnemental, critiqué pour son impact sur les finances publiques, le recours à l’incinération des déchets fait pourtant l’objet de ralliements tous azimuts. Dernier en date, aussi inattendu que symbolique : celui d’Yvette Duchemann candidate d’Europe Écologie Les Verts (EELV) aux dernières élections européennes.

Lentement mais surement, la solution « incinération » s’impose à l’agenda des collectivités réunionnaises. Dernière avancée en date de ce procédé de traitement des déchets : l’approbation hier, par la majorité des élus de la CINOR, dans le cadre du PDPGNDN (Plan départemental de prévention et de gestion des déchets non dangereux).

S’il n’a qu’une simple valeur consultative, le suffrage des conseillers communautaires n’en ouvre pas moins la voie à l’installation d’un ou plusieurs incinérateurs. Entourée d’euphémismes et prudemment évoquée sous le label « multi-filière », l’hypothèse d’un recours à l’incinération est pourtant au centre de l’évolution du traitement des déchets dans notre pays.

L’enjeu est de taille sur le plan environnemental : notre île ne disposant pas aujourd’hui de telles structures, l’option « incinération » aurait nécessairement une portée structurelle, et irait, à plus ou moins long terme, dans le sens d’un alignement sur le tout-incinération qui caractérise la situation française. L’essor de cette technologie, si elle venait à être adoptée, est d’autant plus certain qu’elle fait l’objet d’un puissant lobbying exercé sur les collectivités par l’État et les multinationales françaises.

Le revirement d’Yvette Duchemann, candidate EELV sur la circonscription ultramarine, est aussi inattendu que symbolique. Photo : IPR

Pour rappel, l’incinération avait fait en 2006-2007 l’objet de mobilisations qui, après une consultation citoyenne réalisée via une instance de concertation, avait abouti à la mise en sommeil du projet de construction d’un dispositif de ce type sur le territoire de la CIVIS. Ce front du refus, animé par les partis de gauche et les écologistes réunionnais s’est, depuis, largement dissout dans les combinaisons partisanes. L’installation de structures d’incinération a enregistré une série de ralliements, dont celui, aussi symbolique qu’inattendu, d’Yvette Duchemann, tête de liste EELV aux élections européennes.

À rebours de son homologue Jean-Pierre Marchau, qui s’est abstenu après avoir porté une critique méthodique de l’incinération, Mme Duchemann s’est donc prononcée en faveur de l’introduction de ce dispositif dans notre île, jusque-là préservée des pollutions qui accompagnent immanquablement la mise en oeuvre du procédé.

Un revirement que l’intéressée motive par « l’urgence », qui prend néanmoins le contrepied complet du programme d’EELV. Ce dernier prône, à terme la « fermeture progressive des incinérateurs » via, notamment, l’établissement de moratoires relatifs aux installations déjà existantes.

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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