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Festival

Cinéma : Amiens s’ouvre sur l’océan Indien

31 mai 2017
Robert Lucet
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Le cinéma de La Réunion et des « îles soeurs » sera au premier plan du prochain Festival International du Film d’Amiens (FIFAM) en novembre, un des grands festivals... d’une « France au monde ».

Annouchka de Andrade, nouvelle directrice du FIFAM. Photo : fcat.

Un cinéma « d’une île au monde »


Comme une « suite logique » du FIFAI-Le Port [Festival International du Film d’Afrique et des Îles], le cinéma de La Réunion et des « îles soeurs » sera honoré à Amiens. Créé en 1980 par Jean-Pierre Garcia et par une équipe de militants et de cinéphiles, le FIFAM d’Amiens est connu pour ses liens forts avec la francophonie, l’Afrique, les cinémas différents, le Maghreb et l’Orient (Moyen et extrême), l’Amérique du Sud. Jean-Pierre Garcia en fit une réussite par sa passion et par son travail incessant.

On notera que cette appellation « D’une île au monde », pour ce qui sera un des panoramas au sein du FiFAM, est voulue par sa nouvelle directrice, Annouchka de Andrade. C’est un hommage à une phrase de Paul Vergès, grâce au titre du livre d’entretiens que fit Brigitte Croisier. Elle servira de titre à un panorama unique pour des pays et deux DOM, du point de vue du cinéma, de livres et de l’art video, dans la deuxième semaine de novembre 2017 à Amiens.

La « suite logique » du FIFAI à travers le FIFAM d’Amiens.

« D’une île au monde »... mais pas seulement La Réunion


Cette « suite logique » au FIFAI (qui dura 20 ans au Port, et 12 ans à Mayotte) a été demandée pour le FIFAM d’Amiens au créateur du FIFAI [1], et elle se prépare depuis février. Ce sera un panorama presque complet intitulé « D’une île au monde », mais cette fois-ci, ce beau titre, ce « slogan » de Paul Vergès — que ne peut que soutenir un grand poète comme Edouard J. Maunick — ne parle pas seulement de La Réunion.

Certes il y aura une « Journée de La Réunion », mais cela évoque un ensemble humain et géographique, ce que des auteurs nomment l’« Indianocéanie » : Auguste Toussaint, Camille de Rauville, d’autres à Maurice… Puis Françoise Vergès et Jean-Claude Carpanin Marimoutou, Alain Gili. On pourra voir les films d’un ensemble à la fois créole, francophone, malgache et soihili, d’îles peu nombreuses : Maurice et ses îles, Les Comores, dont Mayotte, Madagascar, les Seychelles. Il y aura même quelques films sur le liens entre elles et sur les petites îles de leurs « écarts », dont les « Îles éparses » et les Glorieuses.

Jean Albany.

Le DVD très attendu de « Mon île était le monde »


Ce programme comportera des avant-premières, des films neufs, mais aussi des hommages. Et la directrice du FIFAM tient à préciser que pour ce panorama, d’autre moyens d’expressions seront sollicités ; mais c’est la première fois que l’Hexagone envisage ce « tout », sans rien séparer, à cause de l’état de DOM français pour La Réunion et pour Mayotte, les « îles soeurs » : cela ne s’est jamais produit « en France », comme dit le créole.

André Robert et les éditions K’A présenteront les livres créoles et réunionnais, les CD, et même un DVD inédit, le DVD très attendu de « Mon île était le monde », le film de Jacques Baratier sur Jean Albany, c’est à dire sur sa peinture, ses poèmes, sa vie, la passion que vécut dans l’île des années 70 à 90 sous ce qui pourrait porter comme slogan un mouvement « Koz créole ».

Raymond Rajaonarivelo. Photo : Cesar Paes.

Hommage au pionnier Solo Ignace Randrasana


Au FIFAM 2016, sous la direction précédente du FIFAM, celle de Fabien Gaffez, un volet « Madagascar » avait été assuré par le réalisateur Raymond Rajaonarivelo et par le bouillant Laza, qui lança avec l’institut Français d’Antananarivo, les « Journées du film court ». Ce grand festival vient d’avoir lieu en avril.

Cette fois-ci, les pages « Madagascar », en complément, rendront hommage au pionnier Solo Ignace Randrasana, totalement inconnu en métropole, injustement, et montreront le travail remarquable de Laterit Productions-Éditions, dont les créateurs et animateurs sont Marie-Clémence et Cesar Paes, elle malgache et lui, brésilien.


« Songs for Madagascar »


On y verra le remarquable long métrage qui sort le 21 Juin sur les écrans hexagonaux : « Songs for Madagascar » [Chansons pour Madagascar] qui ne fait pas que « chanter lurette ».

En effet, le mot « POUR » revêt un sens très fort dans ce titre, car les grands musiciens malgaches, s’étant réunis pour la première fois à l’initiative de Dana, de Mahaleo, s’y posent les questions de l’authenticité culturelle autant que celles d’un développement centré sur les citoyens et non sur les catégories favorisées, vendant le pays, son sol, ses sous-sols, ses équipements, au plus offrant international.

Robert Lucet

Notes

[1Le FIFAI a été créé par Alain Gili.

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