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Afghanistan

Chant partisan : les rimes tranchantes de « Paradise Sorouri »

22 avril 2014
Geoffroy Géraud Legros
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« Je voulais courir et ils m’ont frappée par derrière, je voulais penser et ils m’ont frappée à la tête ; ils m’ont brûlé le visage au nom de l’islam, coupé le nez par vengeance, jeté de l’acide sur le corps et les mains » : de son foyer, où elle vit cloîtrée, la rappeuse Paradise Sorouri chante les souffrances et la révolte des femmes afghanes, aux prises avec les Talibans et le régime corrompu instauré par l’Occident.

Paradise Sorouri (à droite) et son compagnon, le rappeur "Diverse". Crédits : Sameer Amin.

C’est après-demain que devraient être connus les résultats globaux du premier tour du scrutin présidentiel tenu en Afghanistan le 5 avril dernier. L’opération électorale a été marquée par la mobilisation des femmes qui, tout au moins dans les grandes villes ont bien souvent bravé les menaces proférées par les Taliban. Un vote féminin qui explique sans doute la forte progression de la participation, qui passe a près de 50% contre 30% en 2009, année de la réélection très contestée du sortant Hamid Kharzaï.

« Réconcilation » patriarcale

L’ombre des Talibans n’en plane pas moins sur l’issue du scrutin, qui, selon les résultats partiels, pourrait être remporté par l’ancien ministre des affaires étrangères Abdullah Abdullah. Enracinées dans le pays, où elles tiennent tête aux troupes d’occupation installées depuis la chute de la dictature fondamentaliste, en 2001, les milices ultra religieuses constituent une force militaire de premier plan qui contrôlerait les trois quart du pays et dont les branches politiques pourraient, selon de nombreux observateurs, intégrer le Gouvernement à venir.

Combat sur les ondes

C’est sur cet arrière-plan de « compromis » annoncé entre Talibans et politiciens notoirement corrompus appuyés par l’Occident que retentissent, tranchantes, les rimes de la rappeuse « Paradise Sorouri ». Pionnière du hip-hop dans le pays et fondatrice du duo « 143 Band » aux côtés de son compagnon Ahmed (nom de scène « Diverse »), la jeune chanteuse mène sur les ondes le combat pour le droit des femmes… sans pouvoir s’aventurer au-dehors de sa maison, où elle demeure cloîtrée. Née en exil à Ispahan (Iran) « Paradise Sorouri » et Ahmed ont séjourné dans l’ancienne République socialiste du Tadjikistan, plus ouverte à l’expression artistique et aux droits des femmes. Le couple a décidé de s’établir dans la capitale afghane en 2010, malgré le tollé provoqué par plusieurs chansons, dont « Nalestan » (voir vidéo) qui est d’ores et déjà devenu un hymne.

« Il y a une douleur éternelle dans ma voix... Oh, ne soyez pas désolés mais partagez mes paroles », rappe « Paradise Sorouri » ! « 7 Lames la Mer » partage... Et vous ?

GGL

Paradise Sorouri : « Nalestan » (sous-titrage français).

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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