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1966/2016 : 50 ans d’exil

Chagos : Olivier Bancoult interpelle David Cameron

8 avril 2016
Olivier Bancoult
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En 1966, après avoir ordonné l’évacuation totale de l’archipel des Chagos, les Britanniques louent une partie de l’île de Diego Garcia aux Américains : l’US-Army y construit alors sa plus grande base militaire hors USA. Mais le bail de location, signé pour 50 ans — et reconductible pour 20 ans — arrive à expiration cette année. Les chagossiens, exilés de force, vont-ils pouvoir retourner sur la terre de leurs ancêtres au cœur de l’océan Indien ? Olivier Bancoult, leader du « Chagos Refugees Group » s’est adressé au premier Ministre britannique, David Cameron, à travers une lettre que « 7 Lames la Mer » publie ci-dessous.

Olivier Bancoult s’est rendu au 10 Downing Street (Londres) pour déposer une lettre dans laquelle il interpelle David Cameron : "Votre soutien est crucial pour qu’advienne une réinstallation réussie" des Chagossiens dans leur archipel.
Olivier Bancoult était accompagné de Marie-Sabrina Jean, responsable de la branche britannique du "Chagos Refugees Group", de Andrew Rosindell, soutien des Chagossiens à Londres, et de ses quatre petits enfants : Julien Bancoult, Kobe Bancoult, Ryan Rayar et Justin Bancoult Veerabadren.
Olivier Bancoult a précisé : "la présence de mes petits-enfants à mes côtés était symboliquement très importante car cette jeune génération sera un jour heureuse de savoir que leurs grands-parents ont lutté pour le droit au retour aux Chagos, pour qu’elle puisse un jour découvrir la terre où sont nés leurs ancêtres".

Monsieur le Premier Ministre de la Grande-Bretagne, David Cameron
Objet : La réinstallation des Chagossiens aux Iles Chagos

Je m’adresse à vous de la part de l’ensemble de la Communauté Chagossienne qui se trouve aujourd’hui, sans que nous en soyons responsables, dispersée à Maurice, aux Seychelles et au Royaume-Uni, et animée d’un désir passionné de retourner sur sa terre d’origine.

La déportation injuste que nous avons subie, il y a une génération, a jeté l’opprobre sur le Royaume-Uni, et a réduit à néant son affirmation de respect des droits humains dans ses territoires d’outre-mer. Elle a été une catastrophe pour notre communauté.

Diego Garcia.

Privés de l’existence simple, saine et satisfaisante que nous avions auparavant dans notre archipel, avec un emploi assuré et un logis à nous, nous avons été plongés dans la pauvreté et le désespoir, avec des manques criants en matière d’éducation, de logement, de santé et d’emploi.

Alors que nous parvenions à vivre dans nos îles de la rétribution de notre dur labeur, nous avons été forcés de dépendre de tâches très mal payées et d’allocations de survie. Nous désirons ardemment sortir de cette dépendance par le rétablissement de notre vie de travail sur les îles Chagos.

Des études récentes ont montré qu’il n’y avait aucun obstacle, ni légal ni d’un autre ordre, à notre réinstallation. Notre communauté se tient prête, désireuse de ce retour, et volontaire pour mobiliser les compétences nécessaires pour faire revivre une économie et un mode de vie abandonnés.

Diego Garcia.

Nul n’est mieux placé que nous les Chagossiens pour être les gardiens vigilants qui préserveront cet environnement unique au monde.

Il y a aujourd’hui une opportunité unique de réparer les torts dont nous avons souffert. L’Administration U.S. est clairement décidée à accepter la réinstallation, au moment où le renouvellement prochain de l’accord de 1966 offre une ouverture qui ne se reproduira pas avant de longues années.

En toute hypothèse, il n’y eut jamais la moindre raison fondée sur des principes à la base de notre déportation, comme le démontre dans la lettre ci-jointe le Professeur Lawrence Korb, ancien Assistant au Secrétaire d’Etat de la Défense U.S. [1]. Le prix payé par les Chagossiens a été à la fois cruel et inutile.

Avril 2006. Une escale de quelques heures aux Chagos pour la communauté des Chagossiens. Ici, sur l’île de Salomon.

Bien qu’il puisse exister des vues divergentes au sein du Cabinet lors de la prise de telle ou telle décision, nous vous demandons instamment de faire prévaloir vos qualités d’homme d’Etat en assurant un juste rétablissement de notre droit fondamental de retour sur notre terre natale, ce qui mettra un terme à notre exil.

L’Histoire montrera que le respect des normes de civilisation fondamentales n’est aucunement incompatible avec la défense effective du royaume. Votre soutien est crucial pour qu’advienne une réinstallation réussie. Cela démontrera que les gouvernements du Royaume-Uni et des U.S.A. sont en mesure de faire preuve de la stature morale qui corrigera les torts que nous avons endurés durant près d’un demi-siècle.

Olivier Bancoult
Leader du Groupe Réfugiés Chagos
(Maurice et Royaume-Uni)

Olivier Bancoult, leader du "Chagos Refugees Group". Photo 7 Lames la Mer.

Notes

[1Dans cette lettre d’octobre 2010, adressée au conseil d’Olivier Bancoult, Me Richard Gifford, le Pr. Lawrence Korb fait état de son expérience d’Assistant au Secrétaire d’Etat à la Défense et de ses 23 années de service dans la Réserve Navale U.S. avant d’écrire : « Je ne vois aucune raison de sécurité nationale qui interdirait le retour des Chagossiens aux Chagos. De fait, après avoir réexaminé toute l’histoire, je ne comprends pas pourquoi ils furent expulsés dans les années 1960 et 1970 ». Et il ajoute : « Il n’y a aucune bonne raison de penser que le retour des Chagossiens à Diego Garcia saperait la mission de la base. Il existe de par le monde nombre de bases avec la population indigène vivant à proximité et même avec un personnel issu de cette population ».

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