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Tribune Libre d’Olivier Bancoult

Chagos : le câble de Wikileaks jugé recevable

26 mai 2014
Olivier Bancoult
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Engagés dans un bras de fer avec les autorités britanniques suite à leur expulsion de l’archipel des Chagos entre 1965 et 1973, les Chagossiens viennent de marquer un point décisif : la Cour d’Appel de Londres a reconnu, ce 23 mai 2014, la recevabilité des documents diplomatiques confidentiels de Wikileaks devant une Cour de justice. Forts de cette avancée, les Chagossiens étudient avec leurs conseils juridiques la possibilité de revenir à la charge devant la Justice pour faire reconnaître leurs droits fondamentaux. Nous publions une déclaration du Chagos Refugees Group suite à la décision de la Cour d’Appel en date du 23 mai 2014.

Les Chagossiens se félicitent de l’importante décision de la Cour d’appel reconnaissant qu’un câble de Wikileaks aurait dû être jugé recevable en tant que preuve. Ce câble [1] révélait que la création en 2010, par David Miliband [2], d’une réserve marine autour de l’archipel des Chagos, n’était qu’un moyen de mettre à mal les projets de réinstallation des Chagossiens dans leurs îles.

Nous condamnons le précédent gouvernement britannique pour ses agissements sournois et insultants envers la dignité de notre peuple déraciné.

Ce que nous ne comprenons pas, c’est que, après avoir exclu à tort cette preuve capitale de la Cour, il a été décidé que cette exclusion « n’avait aucune incidence » quant à la procédure.

Il semble que le monde entier sache maintenant ce qui a été dit sous le sceau du secret entre ces hauts fonctionnaires, mais les tribunaux sont les seuls à ne pas prendre en compte les preuves de la manipulation révélées par ce câble.

Il convient de rappeler que l’histoire de notre exil est marquée par de graves machinations dont le but était de dissimuler la violation flagrante de notre droit à l’autodétermination.

1. Manipulation de l’ONU en 1965 : le Ministère britannique des Colonies n’a pas hésité à bafouer sa haute mission consistant à nous accompagner dans un processus d’autodétermination et a présenté notre peuple sous l’éclairage trompeur d’une « population de passage », afin de s’exonérer du respect de nos droits fondamentaux et de pouvoir secrètement déporter notre peuple.

2. Des documents confidentiels — sans aucune traduction ni explication — exigeaient que nous renoncions à notre droit au retour en contrepartie de compensations financières minimes versées en 1982.

3. Les interférences maintenant révélées de fonctionnaires dans l’étude de faisabilité menée en 2000-2002 en vue de notre réinstallation sur nos îles à laquelle s’était engagé Robin Cook [3].

4. L’oukaze pris en secret à l’encontre de notre droit de retour par Jack Straw [4] en 2004, lorsque les conclusions erronées de l’étude de faisabilité ont été utilisées pour justifier cette attaque sur notre statut de peuple des îles Chagos.

Olivier Bancoult, leader du Chagos Refugees Group. Photo 7 Lames la Mer

Les Chagossiens ne renonceront jamais à leur droit fondamental de retourner dans leur pays.

Nous saluons la décision du gouvernement de coalition de procéder à un deuxième examen du projet de retour de la population aux Chagos, à condition qu’il s’agisse là d’un effort sincère dans le but d’aboutir à une véritable réinstallation.

Nous déplorons les stratagèmes mis en œuvre par le précédent gouvernement pour nous priver de notre retour aux Chagos, après que la Haute Cour ait, en l’an 2000, qualifié notre exil d’illégal.

Alors que nous examinons, avec notre équipe juridique au Royaume-Uni, un éventuel recours contre d’autres aspects de ce jugement, nous demandons au Ministre des Affaires étrangères de reconnaître au plus vite notre droit au retour et d’élaborer des propositions concrètes pour la réinstallation de notre peuple dans l’archipel des Chagos.

Les Chagossiens géreront à nouveau ces belles îles dans le respect de l’environnement et de cette magnifique nature dont ils ont le droit de jouir.

Le Chagos Refugees Group tient à rappeler que les Chagossiens sont fortement convaincus que la justice finira par triompher.

Olivier Bancoult
Leader du Chagos Refugees Group

Notes

[1Câble du Foreign Office daté de mai 2009 et divulgué par Wikileaks en décembre 2010

[2David Miliband alors Ministre des Affaires Étrangères de la Grande Bretagne

[3Robin Cook, ministre britannique des Affaires étrangères de 1997 à 2001, puis ministre des relations avec le Parlement de 2001 à 2003, décédé le 6 août 2005

[4Jack Straw, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et du Commonwealth, en remplacement de Robin Cook.

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