Categories

7 au hasard 25 décembre 2015 : Noël : « et si l’impossible devenait possible »... - 19 novembre 2013 : Énergie : profits record à La Réunion - 15 décembre 2013 : Robespierre : sa tête en vaut la peine - 21 mars 2016 : Pour un autre modèle de développement - 30 août 2013 : Angélique plus chanceuse que Valentin... - 5 septembre 2015 : Musique ! Avec le « Kombi Sound System » - 29 mars 2013 : Une pétition pour libérer Perle - 27 avril 2013 : Trois années de soleil en trois minutes - 12 septembre 2016 : Rue Ma(lartic)doré : quartier libre ! - 11 septembre 2013 : Premier CD pour Sofy Mazandira -

Accueil > Océan Indien > Chagos : la Grande Bretagne mise en échec !

Océan Indien et parc marin

Chagos : la Grande Bretagne mise en échec !

5 février 2013
Nathalie Valentine Legros
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

« Londres sera contraint à s’expliquer sur le démembrement du territoire mauricien », a déclaré Navim Ramgoolam, Premier Ministre. Autrement dit, la Grande Bretagne devra pour la première fois apporter des éclairages sur les conditions de l’excision des Chagos de la souveraineté mauricienne. Et sur le drame humain vécu depuis par les Chagossiens déportés et contraints à l’exil. A l’origine de cette situation nouvelle, l’affaire du parc marin protégé que Londres souhaitait instaurer autour de l’archipel des Chagos. Le Tribunal arbital international institué sous la Convention du Droit de la Mer des Nations unies vient de rejeter la première objection de Londres. La confiance est-elle en train de changer de camp dans cette bataille juridique qui oppose les Britanniques aux Mauriciens et par ricochet aux Chagossiens ?

Diego Garcia, et une partie des installations américaines.
Sources : CRG.

C’est un évènement pour la communauté chagossienne, pour les autorités mauriciennes et pour les peuples de l’océan Indien. Dans le bras de fer qui oppose depuis des années les autorités britanniques aux Mauriciens et aux Chagossiens, Londres vient d’essuyer un premier revers. Le 23 janvier dernier, le Tribunal arbitral, institué sous la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, a effectivement rejeté le premier argument de Londres qui contestait la légitimité même de cette instance à examiner l’affaire, plus particulièrement sur le fait « que cette instance arbitrale n’est pas mandatée à se prononcer sur la question de la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos ». Londres en faisait même un préalable. Le Tribunal arbitral international a purement et simplement rejeté l’objection des Britanniques. Qualifié d’inattendu par de nombreux observateurs sensibles à la cause chagossienne mais aussi par la presse britannique — notamment « The Guardian » —, ce revers pour Londres ouvre soudain une brèche dans la « toute puissante » coalition britannico-américaine qui jusqu’à présent dictait unilatéralement sa loi en maintenant depuis 1965 le peuple chagossien dans un exil forcé.

Un bail qui expire en 2016

Rappelons qu’à l’époque, les 2000 Chagossiens qui vivaient depuis 4 générations sur l’archipel (à Diego Garcia, Peros Banos et Salomon) — jusque là administrativement rattaché à l’île Maurice — avaient été expulsés manu militari de leurs îles, entre 1965 et 1973, et déportés en toute discrétion et sans exception vers Maurice et les Seychelles. Les autorités mauriciennes avaient cédé les Chagos aux Britanniques à condition que ces derniers renoncent à leur idée de référendum sur les conditions de l’accession de Maurice à l’indépendance. Les Britanniques avaient renoncé au référendum et Maurice avait accédé à l’indépendance le 12 mars 1968. L’objectif des Britanniques : louer l’île de Diego Garcia aux Américains pour 50 ans (fin du bail : 2016), en échange d’une « ristourne » de 14 millions de dollars sur l’achat de fusées Polaris. L’objectif des Américains : construire une base militaire sur l’île de Diego, stratégiquement positionnée au coeur d’un océan Indien qui cristallise désormais les enjeux économiques et politiques de ce nouveau siècle. Les Chagossiens ont été les victimes de cette série de marchandages qui a abouti à la militarisation de l’océan Indien.

L’affaire dont il est question ici, est ô combien déterminante puisqu’il s’agit de la création par la Grande Bretagne d’un parc marin protégé (Marine Protected Area) autour de l’archipel des Chagos, ce qui aurait pour conséquences directes d’exclure définitivement tout espoir de retour sur leurs îles pour les Chagossiens d’une part, mais aussi ce qui compromettrait grandement les démarches de l’île Maurice pour récupérer la souveraineté sur l’archipel des Chagos d’autre part.

En excluant la base nucléaire de Diego...

Dans un communiqué, le « Comité Solidarité Chagos Réunion » rappelle que « le 20 décembre 2010, le gouvernement mauricien avait saisi le Tribunal arbitral du droit de la mer afin de contester la légalité de la décision de la Grande-Bretagne décrétant une Zone marine protégée autour de l’archipel des Chagos (en en excluant la base nucléaire de Diego Garcia). Une décision tout à fait arbitraire que les documents révélés un peu plus tard par Wikileaks avaient réduite à l’état d’une misérable machination pour empêcher définitivement les Chagossiens de retourner aux Chagos. »

Aujourd’hui, les Britanniques se retrouvent donc devant une double obligation : non seulement ils devront s’expliquer sur leur décision de créer un Parc marin autour des Chagos mais surtout ils seront tenus de s’expliquer sur les tractations qui ont abouti à l’excision des Chagos du territoire mauricien... alors que la date d’expiration du bail de location de l’île de Diego Garcia aux Américains approche : 2016.

Nathalie Valentine Legros

• A lire sur le même sujet
- « Chagos : un peuple créole déporté »
- « Chagos : une tombe... pour le chien renifleur »
- « Chagos : « Diego mo later », en souvenir de Lisette... »
- « Chagos, l’archipel confisqué : "Partout où je regarde, je vois Diego" »
- « Une conférence sur les Chagos »

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
Twitter, Google+.

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter