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Océan Indien

Chagos : l’ONU met la Grande Bretagne en minorité

25 juin 2017
Alain Dreneau, Georges Gauvin
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Le 22 juin 2017 marquera une étape historique dans la longue lutte du peuple chagossien. L’événement s’est passé à l’assemblée générale des Nations-Unies. L’Île Maurice avait déposé un projet de résolution demandant à l’ONU de déférer pour avis à la Cour internationale de Justice le dossier des Chagos. Cette résolution a été approuvée à une très large majorité : 94 États ont voté pour, alors que Grande-Bretagne et États-Unis n’ont pu que rassembler 15 États les soutenant. Quant à la position de la France, le moins que l’on puisse dire est qu’elle reste ambigüe...

Assemblée générale de l’ONU, séance du 22 juin 2017. Photo : Manuel Elias.

Violation des règles du droit international de la décolonisation


L’excision unilatérale par la Grande-Bretagne, voici un demi-siècle, de l’archipel des Chagos a été enfin mise au grand jour à la tribune mondiale des Nations-Unies, pour être dénoncée comme une violation des règles du droit international de la décolonisation.

L’État britannique a été dénoncé dans le même temps par de nombreux pays au cours du débat, pour le traitement indigne et inhumain infligé au peuple chagossien, déporté et sacrifié.

Parmi les pays ayant voté le soutien à la résolution, il y a eu celui inconditionnel de l’Union Africaine, dont le représentant a introduit la résolution en séance plénière.

Les Chagossiens ne demandent qu’une chose : avoir le droit de retourner vivre dans leur archipel, sur la terre de leurs ancêtres.

Les pays de l’union européenne se sont abstenus...


Il y a eu aussi, fait très important pour notre région de l’océan Indien, le soutien très fortement affirmé de l’Inde, qui a dénoncé le fait que le processus de décolonisation enclenché par l’indépendance de son pays en 1947 ne soit toujours pas achevé sept décennies plus tard !

Si Londres a évidemment gardé dans son camp les États-Unis — principal instigateur des mesures prises dans les années 60 —, ainsi que des pays comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Japon, il faut noter qu’elle n’a pas bénéficié du soutien des pays de l’Union européenne, qui se sont abstenus et font partie des 65 pays dans le même cas. À l’image de la France, dont la position reste cependant ambigüe, puisqu’elle émet des doutes sur l’opportunité de la saisine de la Cour internationale de Justice.

Matthew Rycroft, représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’ONU, s’adressant à l’Assemblée, le 22 juin 2017. Photo : Manuel Elias.

Pendant ce temps, les Chagossiens continuent de souffrir


La position française rejoint en réalité celle de Londres et Washington, qui soutiennent que le problème se réduit à un litige de souveraineté qui doit se résoudre par des négociations bilatérales. Le représentant britannique est allé jusqu’à soutenir avec une arrogance certaine que l’assemblée générale des Nations unies ne devrait pas s’immiscer dans des affaires bilatérales. Une fois de plus, la partie britannique affiche son mépris total envers les Chagossiens qu’ils ont rayés impitoyablement de la carte de l’océan Indien.

La partie britannique étale également sa duplicité en parlant de la nécessité de « négociations bilatérales ». Il faut en effet se rappeler qu’en octobre 2016, c’est sur les promesses de négociations entre Londres et Port-Louis avancées par la Première Ministre Theresa May que Port-Louis avait retiré in extremis sa résolution. Promesses qui se sont avérées illusoires, les négociations n’ayant jamais été réellement commencées. Pure manœuvre dilatoire, tandis que les Chagossiens continuent à souffrir.

Olivier Bancoult.

Le combat des Chagossiens continue !


Les Chagossiens, et en particulier leur dirigeant Olivier Bancoult — qui était présent au côté de la délégation mauricienne —, savent bien évidemment que ce tournant important du 22 juin 2017 ne signifie pas pour autant la fin de leur long chemin de luttes pour atteindre le but qu’ils se sont fixé.

Leur combat va continuer, qui exige d’eux, comme depuis près de 50 ans, courage, ténacité, solidarité. C’est à ce combat que le Comité Solidarité Chagos La Réunion apporte un soutien fraternel.

Georges Gauvin, président
Alain Dreneau, secrétaire
Comité Solidarité Chagos La Réunion

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