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Justice pour les Chagossiens

Chagos : 7 prix Nobel de la paix interpellent Obama

6 janvier 2017
7 Lames la Mer
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Ce 5 janvier 2017, sept lauréats du Prix Nobel de la Paix, dont l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, ont adressé une lettre solennelle au président Barack Obama lui demandant instamment d’utiliser les derniers jours de son mandat pour mettre fin à 50 ans d’exil infligé au peuple chagossien par les États-Unis et la Grande-Bretagne.

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Les 7 lauréats du Prix Nobel de la Paix signataires d’une lettre au Président Barack Obama, pour que justice soit rendue au peuple chagossien.
Source photos : nobelprize.org.

Olivier Bancoult : « Nous ne désespérons pas »


En 2009, le prix Nobel de la paix a été attribué au président américain, Barack Obama, « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples » [1].

En 2013, le leader du « Chagos Refugees Group », Olivier Bancoult lançait un appel à Michelle Obama. « En tant que femme, elle doit être informée sur cette injustice commise envers les femmes chagossiennes », expliquait alors Olivier Bancoult à “7 Lames la Mer”. « Elle doit être informée du combat mené par les femmes chagossiennes dont certaines sont malheureusement disparues comme Lisette Talate [2] ou encore Charlésia Alexis [3]... Nous lui lançons un appel. Nous lui avons déjà fait passer un message par le biais d’amis... Nous ne désespérons pas » [4].

Depuis, on déplore également la disparition de la mère d’Olivier Bancoult, Rita Bancoult, 91 ans, figure emblématique de la lutte des Chagossiens, décédée le 19 décembre 2016 [5].

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Marie Elphegia Véronique, Rita Bancoult, Lisette Talate, Charlesia Alexis... Les Chagossiennes combattantes des premières heures pour obtenir le droit de retourner vivre aux Chagos. Toutes disparues... Le combat continue en leurs noms... 2 illustrations de Kathy Laguette extraite du clip "Diego" de Zulu sont incluses dans ce montage ©7 Lames la Mer.


Vivre en paix sur la terre natale des Chagos...


« Nous espérons qu’en tant que Prix Nobel de la Paix, le président Barack Obama accordera une grande attention au message de ses pairs et qu’avant de quitter la Maison Blanche, il corrigera l’injustice commise contre les Chagossiens », a commenté Olivier Bancoult.

« S’il le fait, le monde se souviendra de lui comme de celui qui aura restauré les droits fondamentaux des Chagossiens, et notamment celui de vivre sur leur terre natale. Nous nous sentons mieux sur notre terre, alors laissez-nous y vivre en paix ».

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Le président américain, Barack Obama, et la première dame des États-Unis, Michelle Obama, au Palais Quirinal, à Rome, le 9 juillet 2008.
Photo : Presidenza della Repubblica Italiana.

Lettre des lauréats du Prix Nobel de la Paix demandant instamment au Président Barack H. Obama de rendre Justice au peuple chagossien en exil


Cher M. le Président,

Alors que se déroulent les derniers jours de votre présidence, nous vous adressons cette lettre en tant que lauréat du Prix Nobel, afin de vous demander instamment de réparer l’injustice historique infligée au peuple chagossien, qui vit dans l’exil et la pauvreté depuis près de 50 ans.

Les Chagossiens ont été déplacés de leurs foyers sur l’île de Diego Garcia contrôlée par la Grande-Bretagne pour céder la place à une base militaire américaine. Depuis des décennies les Chagossiens revendiquent leur droit de retourner chez eux.

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Diego Garcia.

Au mois de novembre dernier, ils ont été foudroyés quand le Royaume Uni a annoncé qu’il refusait tout retour, en dépit d’une étude commandée par son gouvernement et concluant à la faisabilité d’une réinstallation.

Vous seul désormais avez le pouvoir d’aider les Chagossiens à retourner vivre sur la terre de leurs ancêtres, en consolidant par là-même votre héritage de défendeur des droits humains.

Nous tenons à insister sur le fait que les Chagossiens ne vous demandent pas de fermer ni de transformer la base américaine. Ils demandent seulement de pouvoir retourner dans leurs îles pour y vivre dans une coexistence paisible avec la base.

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Une partie des installations de la base militaire américaine sur l’île de Diego Garcia.

Les ancêtres des Chagossiens arrivèrent dans l’archipel des Chagos comme esclaves venus d’Afrique et travailleurs sous contrat venus de l’Inde. Depuis une époque qui remonte à la Révolution américaine jusqu’à leur déplacement forcé, des générations de Chagossiens ont vécu sur ces îles en développant une culture faite de dignité.

Dans un accord de 1966 passé entre les États Unis et la Grande-Bretagne, les États-Unis ont promis à la Grande-Bretagne la somme de 14 millions de dollars pour les droits à une base militaire et pour l’éviction de tous les Chagossiens hors de Diego Garcia.

Entre les années 1968 et 1973, les agents britanniques, assistés du personnel de la Marine U.S., ont déporté les Chagossiens à quelque 2.000 km de là, dans des bidonvilles à l’île Maurice et aux Seychelles.

Les Chagossiens n’ont reçu aucune assistance à leur arrivée pour leur réinstallation.

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Olivier Bancoult et la lutte des Chagossiens.

Depuis leur expulsion, ils ont vécu dans une extrême pauvreté et ils ont lutté pour le retour sur leur terre natale. Malheureusement, toute possibilité de retour a été bloquée par les gouvernements américain et britannique, qui ont totalement ignoré les souffrances de ce peuple.

Aujourd’hui, le soutien à la cause chagossienne, pour leur retour, a pris une ampleur internationale. Force a été de constater que des populations civiles vivent à côté de bases américaines un peu partout dans le monde. Des experts militaires reconnaissent qu’une réinstallation ne poserait aucun risque de sécurité à Diego Garcia.

La toute récente prorogation de l’accord américano-britannique de 1966 fournit l’occasion historique idéale d’honorer enfin le droit des Chagossiens à vivre sur leur terre natale.

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©7 Lames la Mer

En conséquence, nous vous demandons :

  • 1) d’affirmer publiquement que les États-Unis ne s’opposent pas au retour des Chagossiens dans leurs îles ;
  • 2) de reconnaître le droit fondamental des Chagossiens de vivre sur leur terre natale, avec des droits égaux pour accéder à des emplois civils sur la base ;
  • 3) de fournir une assistance significative à la réinstallation des Chagossiens, ainsi qu’à leur recherche d’emploi sur la base ;
  • 4) de garantir et sauvegarder ces droits des Chagossiens dans l’accord américano-britannique ;
  • 5) d’engager des négociations directes avec les représentants des Chagossiens sur l’ensemble de ces questions.

Vous avez le pouvoir de réparer cette injustice historique. Vous avez le pouvoir de montrer au monde que les États-Unis font respecter les droits humains fondamentaux. Garantissez que la Justice est faite aussi pour les Chagossiens.

Très cordialement [6].

Archbishop Desmond Tutu, Nobel Peace Prize, 1984
Jody Williams, Nobel Peace Prize, 1997
Tawakkol Karman, Nobel Peace Prize, 2011
Mairead Corrigan Maguire, Nobel Peace Prize, 1976
Dr. Yu Joe Huang, Nobel Peace Prize, 2007, member of Intergovernmental Panel on Climate Change
Dr. Stephen P. Myers, Nobel Peace Prize, 2007, member of Intergovernmental Panel on Climate Change
Dr. Edward L. Vine, Nobel Peace Prize, 2007, member of Intergovernmental Panel on Climate Change.

Traduction Alain Dreneau, Comité Solidarité Chagos La Réunion

7 Lames la Mer

Réalités émergentes Réunion, Océan Indien, Monde.
Presse, Edition, Création, Revue-Mouvement.
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Notes

[1« For his extraordinary efforts to strengthen international diplomacy and cooperation between peoples ».

[2Lisette Talate, décédée le 4 janvier 2012.

[3Charlésia Alexis, décédée le 16 décembre 2012.

[4Pour en savoir plus : « Nous lançons un appel à Michelle Obama ».

[5Pour en savoir plus : « Chagos : Rita Bancoult, morte avec son rêve ».

[6Dear Mr. President,

In the last days of your presidency, we write to you as fellow Nobel Laureates to urge you to correct the historic injustice suffered by the Chagossian people, who have been living in impoverished exile for almost fifty years.

The Chagossians were displaced from their homes on the British-controlled island of Diego Garcia to make way for a U.S. military base. For decades, Chagossians have asked for the right to go home. In November, the people were devastated when the U.K. said it would not allow a return despite a U.K. government-funded study showing that resettlement is feasible. Only you now have the power to help the Chagossians return to their ancestral homeland and, in the process, cement your legacy as a defender of human rights.

We must emphasize that Chagossians are not asking you to close or alter the U.S. base. They are only asking to be allowed to return to their islands to live in peaceful coexistence with the base.

The Chagossians’ ancestors first came to the Chagos Archipelago as enslaved Africans and indentured Indians. From around the time of the American Revolution until their displacement, generations of Chagossians lived on the islands cultivating a proud culture.

In a 1966 U.S./U.K. agreement, the U.S. promised the U.K. $14 million for basing rights and the removal of all Chagossians from Diego Garcia. Between 1968 and 1973, British agents, assisted by U.S. Navy personnel, deported the Chagossians 1,200 miles away to slums on the islands of Mauritius and the Seychelles. The Chagossians received no resettlement assistance.

Since their expulsion, the Chagossians have been living in profound poverty and struggling to return to their homeland. Sadly, previous U.S. and U.K. administrations have blocked any resettlement and largely ignored the people’s suffering.

Recently, support for a return has been building worldwide. Civilians live next to U.S. bases worldwide, and military experts agree resettlement would pose no security risk on Diego Garcia. The recent extension of the 1966 U.S./U.K. agreement provides the ideal opportunity to honor the Chagossians’ right to live in their homeland. Thus, we ask you :

(1) To publicly state that the U.S. does not oppose the Chagossians returning to their islands ;

(2) To recognize Chagossians’ basic right to live in their homeland with equal rights to compete for civilian jobs on the base ;

(3) To provide reasonable assistance for Chagossians’ resettlement and assistance in seeking employment on the base ;

(4) To guarantee and enshrine these rights in the U.S./U.K. base agreement ; and

(5) To begin direct negotiations with Chagossian representatives on these issues.

You have the power to rectify this historic injustice. You have the power to show the world that the U.S. upholds basic human rights. Please help ensure that justice is done for the Chagossians.

Sincerely,

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