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Caroupaye a peut-être plus raison qu’il ne pense...

26 février 2016
Geoffroy Géraud Legros
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L’île est desservie par le plus grand vaisseau-roulier du monde, réputé pour sa capacité à transporter, outre des voitures, des engins et des camions. Pain-bénit pour une multinationale qui voudrait se lancer dans le juteux business du transport de roches...

Un nouveau bras de fer semble poindre entre la Région et les transporteurs engagés sur le site de la nouvelle route du littoral. L’acheminement des roches sur le chantier est, encore une fois, au coeur du différend qui oppose la collectivité et une part de la profession, représentée par Jean-Bernard Caroupaye (FNTR).

Selon ce dernier, une « multinationale » — qu’il refuse de nommer — investirait dans l’acquisition de camions destinés à acheminer les matériaux pour le méga-chantier.

La colère du leader des transporteurs, exprimée sur RTL Réunion, peut à première vue sembler étrange : en effet, les Réunionnais ont, tout au long de la campagne, entendu Didier Robert affirmer l’implication de géants transnationaux du BTP et du transport sur le chantier de la Nouvelle route du Littoral ; un partenariat qu’il a même revendiqué avec force lors d’un débat télévisé.

Chacun se souvient aussi que le Président de Région, qui devait être reconduit quelques jours plus tard, était resté plus évasif sur la part réelle des marchés alloués aux acteurs locaux.

Un flou bien compréhensible : dans un environnement juridique hostile envers les procédés qui visent à favoriser ou à discriminer les opérateurs économiques, il aurait été assez maladroit d’affirmer abruptement l’existence de dispositions en faveur d’entrepreneurs locaux qui, de plus, faisaient bruyamment campagne pour la réélection du sortant.

Didier Robert avait donc manoeuvré avec finesse ; trop, sans doute, pour M. Caroupaye, qui a depuis affirmé l’existence d’un « protocole » rédigé « noir sur blanc » [sic] entre la Région Réunion et les transporteurs. Un accord qui, selon ces derniers, leur garantirait le monopole du transport des andains et autres roches extraites à La Réunion.

Or, selon Jean-Bernard Caroupaye la « multinationale » s’équiperait afin d’assurer elle-même le transport des matériaux... au détriment des transporteurs péï.

De la cale au dédouanement (ici au port de la Rivière des Galets) le géant des mers peut transporter les plus grands camions et utilitaires. (Photos : Outremer Transit).


Que faut-il penser de cette déclaration ? Les sources proches du dossier contactées par « 7 Lames la Mer » divergent. Du côté de la Région, l’un de nos contacts, qui a tenu à conserver l’anonymat, souligne la propension à l’outrance de Jean-Berbard Caroupaye — un penchant que nous avons nous même signalé à de nombreuses reprises et bien connu de l’opinion réunionnaise, qui n’est pas près d’oublier le fameux « je mort pour le transport ».

En résumé, la FNTR ferait une fois encore monter les enchères par une énième menace de blocage.

Et pourtant...

« Ce n’est pas parce que l’on crie trop souvent au loup que le loup n’existe pas », nous déclare en substance un autre expert — un technicien chevronné, déconnecté de la sphère régionale et de l’économie du BTP.

Cet informateur, attaché lui aussi à une certaine discrétion, souligne la coïncidence entre les inquiétudes de Jean-Bernard Caroupaye et un évènement de l’univers « techno » (presque) demeuré inaperçu dans notre île : la venue du « Hoegh Target », plus grand vaisseau-roulier du monde.

Un géant des mers destiné au transport de véhicules, capable notamment de transporter des camions et des véhicules utilitaires. Signe, selon notre contact, qu’il est tout à fait loisible à une multinationale, capable, comme le craint M. Caroupaye, de payer rubis sur l’ongle du matériel neuf et son transport, de l’acheminer dans notre île, théâtre de l’un des plus grands chantiers du monde... et, pourquoi pas, de rembarquer les outils de travail, qui n’afficheront qu’un faible kilométrage et une usure relative une fois le chantier terminé.

On voit d’ailleurs mal pourquoi un puissant opérateur renoncerait à des profits assurés. Jean-Bernard Caroupaye a donc peut-être raison, et peut-être même plus raison qu’il ne pense...

À moins, bien sûr, que le « protocole » invoqué par la FNTR, mais singulièrement peu évoqué par la Région, soit d’une opposabilité sans faille. On ne doute pas que M. Fournel, vice-président chargé de la NRL, apportera bientôt à l’opinion toute la lumière sur cette affaire, qui menace de déboucher sur un conflit social de grande ampleur et une énième prise en otage des usagers de la route...

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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