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Maurice et télé-réalité

« Beauty Queen Mauritius » : c’est « soft » mais ça coince

10 septembre 2013
Geoffroy Géraud Legros
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BQM, pour « Beauty Queen Mauritius » : inoffensive et gentillette par comparaison aux « shows » européens et américains, la première émission de télé-réalité mauricienne est la cible de critiques acerbes depuis son lancement, le 17 Août dernier.


Le débat paraitrait sans doute anecdotique aux habitués de la télé-réalité française qui, depuis le premier « Loft Story » inauguré par l’immortel « Qui c’est qu’a pété » et une coucherie dans la piscine, culmine avec le « Allo quoi » d’une bimbo devenue, à sa manière, égérique.

Tempête sur les réseaux sociaux

Mais à Maurice, où l’on ne badine pas avec les standards moraux démodés dans l’Hexagone — et, bien malheureusement, et par ricochet, dans notre île — tels que la pudeur et la bonne tenue des médias, les critiques fusent à l’encontre du premier programme de télé-réalité de l’histoire audiovisuelle du pays. « Manque d’élégance », « on n’a pas le droit de nous affliger comme cela »... « On fait passer ces filles pour des bouffonnes », tempêtent les internautes mauriciens sur les réseaux sociaux. Dans le milieu, on pointe pêle-mêle le décalque du show sur le classique « America’s Next Top Model », la faiblesse du travail promotionnel, les robes lamées fuchsia aux allures de bustier en latex, et les gants longs de la même couleur...

Chamailleries et réconciliations

Depuis son lancement, l’émission a récolté bien peu d’approbations, malgré l’ambition déclarée de sa créatrice, Nalini Aubeeluck, de porter « Beauty Queen Mauritius » au rang de « première émission visionnée sur la chaîne MBC ». Le contenu semble pourtant bien peu scandaleux : tout au plus, BQM s’apparente-t-il à un concours de Miss à huis-clos, scandé par des chamailleries et réconciliations entre filles, à l’image des clichés habituels. Car bien sûr, le show n’affiche pas de prétentions féministes : à l’instar de toutes les émissions dites reality, les jeunes femmes doivent meubler leur temps — et le temps de cerveau disponible des téléspectateurs — par des « activités ». Sans surprise, celles-ci tournent autour de la cuisine, de la danse, du maquillage... Au final, le résultat est plus gnangnan que vulgaire, plus gentillet que provocateur, et peut-être un tantinet moins matérialiste que, par exemple, l’élection récente de Miss Réunion. Ainsi, c’est une bourse d’études à l’Indian Film Institute qui, outre la couronne, la « couv’ » d’un magazine cinéma indien et le titre d’Ambassadrice d’ India Oil- une compagnie pétrolière du sous-continent- récompenseront la vainqueure. Pas certain que celle-ci intègre le monde hyper-concurrentiel du cinéma indien... mais c’est tout de même un peu mieux que le trio l’argent-l’auto-bijoux dévolu aux reines de beauté...bourbonnaises.

Geoffroy Géraud-Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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