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Insolite : environnement

Bali : l’électricité au secours du corail

5 août 2013
Nathalie Valentine Legros
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L’expérience est insolite mais probante : il est possible de sauver et de restaurer des récifs coralliens en utilisant de l’électricité de faible intensité. Un architecte et scientifique allemand, une plongeuse australienne et un biochimiste et biologiste Jamaïcain ont chacun contribué à la découverte et à l’expérimentation de ce procédé révolutionnaire. Histoire de rencontres, de hasards et de passions.


Un message dans la boîte mail de « 7 Lames la Mer » nous suggérait, il y a quelques jours, un sujet d’article : « comment sauver les coraux avec de l’électricité ». Notre correspondante nous précisait en trois lignes que, « munie de masque et tuba », elle avait pu constater elle-même la réussite de cette expérience à Pemuteran (Bali). « Ce serait chouette si 7 Lames la Mer pouvait attirer l’attention des « autorités » sur cette possibilité », poursuivait-elle...

Ce n’était plus que du gravier et du sable

Nous avons donc effectué quelques recherches sur le sujet et porté notre attention à l’Est de l’océan Indien. Bali. Indonésie.

Rani Morrow-Wuigk, plongeuse australienne habituée des eaux indonésiennes, constate vers la fin des années 90 une inquiétante dégradation des récifs coralliens, conséquence du réchauffement des eaux mais aussi des techniques agressives de pêche (au cyanure et à la dynamite). « Les coraux étaient pour ainsi dire morts, explique-t-elle. Ce n’était plus que du gravier et du sable. »

Structures métalliques électrifiées

Le hasard des rencontres jouera un rôle important dans cette histoire. Elle fait alors la connaissance de Wolf Hartmut Hilbertz, un architecte — qualifié de « futuriste » — et scientifique d’origine allemande. Passionné par les biomatériaux, la construction sous-marine de récifs et les sciences de la mer, Hilbertz a mené diverses expériences dans les années 70 sur les processus naturels de construction sous l’eau, s’inspirant évidemment du modèle des édifices coralliens. Il avait dans ce but immergé des structures métalliques reliées à un faible courant électrique (ne présentant aucun risque d’électrocution) afin de produire une électrolyse, laquelle entraîne une accumulation de calcaire sur la surface métallique.

Ecosystème sous-marin sauvé

Au cours d’un test au large de la Louisiane, Hilbertz constate que ses « structures métalliques électrifiées » sont colonisées par des huitres, qui semblent apprécier particulièrement cet habitat... Cet effet, qui n’était pas celui recherché, va avoir des conséquences inattendues et porteuses d’espoir...

En l’an 2000, Rani Morrow-Wuigk, notre plongeuse australienne amoureuse des eaux indonésiennes, décide d’expérimenter ce procédé dans la baie de Pemuteran, à Bali. Les résultats ne tardent pas à démontrer l’efficacité du système et bientôt, de jeunes coraux commencent à peupler les structures métalliques. Aujourd’hui, c’est tout l’écosystème sous-marin situé au large de Bali qui est restauré, sauvé.

Votre prénom en lettres de corail...

« Les coraux grandissent deux à six fois plus rapidement, rapporte l’ami de Wolf Hilbertz, Thomas J. Goreau, un biochimiste et biologiste Jamaïcain, qui a breveté cette invention sous l’appellation « Biorock ». Nous arrivons à faire repousser des récifs en quelques années. »

Aujourd’hui, une soixantaine de « structures métalliques électrifiées » prospèrent dans la baie de Pemuteran, ressuscitant les récifs coralliens et recréant ainsi les conditions propices à un écosystème sain qui a favorisé le retour des poissons...

Si Wolf Hilbertz n’est plus là pour le constater (il est décédé en 2007), les pêcheurs et les touristes, eux, en profitent. Et s’il vous prenait l’envie de participer à cette « reconstruction sous-marine », vous pouvez vous engager dans le programme de sponsorisation appelé « Parrainez un bébé corail » et inscrire votre prénom en lettres de fil de fer sur la structure métallique. Les coraux s’y accrocheront peu à peu et prolifèreront jusqu’à le faire disparaître !

Le procédé « Biorock » a été étendu notamment dans le Pacifique, l’océan Indien et la Méditerranée.

Nathalie Valentine Legros
Photos 2, 3 & 4 : Biorock.

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
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