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Analyse

Avantage au Progrès…

12 octobre 2013
Geoffroy Géraud Legros
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Municipales : en imposant la désignation par la voie de primaires populaires, le mouvement "Progrès" marque un nouveau point face à la direction de la Fédération socialiste.


De passes d’armes en guerres froide, les échanges de coups continuent entre les deux tendances rivales du PS réunionnais. Latentes, les dissensions entre militants et dirigeants dits « ruraux » et l’appareil de la Fédération, presque entièrement contrôlé par Gilbert Annette et sa famille, avaient éclaté aux yeux de tous lors de la naissance du mouvement « Progrès », célébrée en grande pompe à Trois-Bassins, puis en terre Saint-Marienne… C’est-à-dire, sur les terres convoitées par Christian Annette, frère du maire de Saint-Denis, lequel est par ailleurs secrétaire fédéral du Parti socialiste, beau-père de la députée Ericka Bareigts (1e circonscription) et père en politique de Monique Orphé, députée de la 7e Circonscription, qui fut sa 2e adjointe. Deux députées qui, avec le maire de la capitale et le premier magistrat de la Plaine des Palmistes, constituent l’essentiel des troupes acquises à la direction actuelle de la Fédération, que certains moucateurs désignent sous le sobriquet de « canal historique » .

Démocratique et « péï »

En face, le « Progrès » aligne trois députés, deux maires et un sénateur ; surtout, le nouveau venu est parvenu à produire dans l’opinion une impression de dynamisme, qui contraste avec la représentation de forteresse assiégée et de pouvoir vieillissant qui se dégagent d’une « Fédé » repliée sur Saint-Denis et le Nord-Est. La communication n’est pas étrangère à cet élan : outre les meetings aux effectifs conséquents en période de pré-campagne, le lancement d’une mouvance « jeune » le 17 Août dernier, le « Progrès » a remporté un avantage de taille dans l’opinion par l’organisation de primaires. L’annonce, au mois de mai dernier, par Patrick Lebreton, de ce scrutin, revendiqué « démocratique et péi » par ses organisateurs, avait porté à incandescence les relations entre « progressistes » et dirigeants du « canal historique ». Ces derniers, qui voyaient dans poindre des candidatures dissidentes refusaient l’hypothèse primaires. Sollicitées, les instances parisiennes n’ont pas tranché, et la poire fut donc coupée en deux. Le « Progrès » maintînt les primaires, qui furent, dans certaines communes aux sections « tenues » par la Fédération, précédées par la désignation des candidats par les militants. Initialement prévue pour le début octobre, cette consultation statutaire fut hâtivement avancée de trois semaines, dans le but évident de précéder les primaires tant redoutées.

Des primaires plébiscitées

Le calcul s’est semble-t-il retourné contre les tenants du « canal historique » : aux effectifs de votants nécessairement réduits par la qualité de membre, requise pour être électeur, la machine du « Progrès » oppose un chiffre de 15.000 participants. Organisé sur le mode des primaires citoyennes, le scrutin a largement mobilisé : aux près de 7800 voix plébiscitant le maire sortant de Saint-Joseph, Patrick Lebreton, s’ajoutent plus d’un millier de voix en faveur du tamponnais Vlody et du saint-pierrois Badamia, recueillies dans deux communes de droite, c’est-à-dire sans recours à l’appareil municipal. Des scores qui font pâlir le courant Annette, dont le chef recueille sur Saint-Denis 853 voix — soit tout de même une part conséquente des quelque 1400 adhérents déclarés du PS réunionnais… Un abîme chiffré qui montre que les dirigeants de la Fédération n’ont pas anticipé certaines des évolutions contemporaines du jeu électoral, dont, notamment, la dévaluation des appareils militants vis-à-vis du vote « populaire »…

Modernité et légitimité

Par cette opération, le « Progrès » occupe l’espace public, acquiert un label de modernité qui fait défaut à ses rivaux, et affirme sa légitimité, moquant au passage le vote « dans une boîte de sardines » exigé par la direction dionysienne. Laquelle direction a dû, hier, « craser sa banane » encore un peu plus, en enregistrant les résultats du scrutin « légal » tenu à Saint-Benoît et au Tampon… résultats qui, sans surprise, valident ceux des primaires. Conséquence paradoxale du chamboulement de calendrier opéré à l’échelon fédéral, des candidats « dissidents » du « Progrès » se trouvent désormais doublement légitimés, par l’appareil et par leurs propres troupes, sans avoir de leur côté apporté leur soutien explicite aux candidats désignée par voie statutaire. Combinée à la représentation instaurée dans l’opinion par les récents sondages, très favorables à Patrick Lebreton et équivoques vis-à-vis de Gilbert Annette, cette nouvelle manche de l’affrontement entre les deux courants socialistes a, une nouvelle fois, tourné à l’avantage du « Progrès ».

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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