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NTIC

Autant se connecter à l’Inde et à sa silicon valley

28 février 2016
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Au poste de « chargé du développement numérique et de l’industrie de l’image », Vincent Payet a été reconduit. Il faut se souvenir qu’il voulait déjà en 2010 avec son mentor, Didier Robert, faire de La Réunion « the silicon valley of Indian ocean ». 6 ans après, cela serait plutôt : « the death valley of Indian ocean »...

L’un des 7 piliers du programme de notre président de Région bien aimé est, je cite, « Libérer les entreprises, libérer les énergies ». Parmi les 15 délégués dévolus à cette noble mission, on note la reconduction au poste de chargé du développement numérique et de l’industrie de l’image : monsieur Vincent Payet. Il faut se souvenir qu’il voulait déjà en 2010 avec son mentor monsieur Didier Robert, faire de La Réunion « the silicon valley of indian ocean ». 6 ans après, cela serait plutôt : « the death valley of Indian Ocean ».

Car nous attendons toujours la mobilisation d’une partie des 35 milliards ciblés par le grand emprunt, émis sous la présidence de monsieur Nicolas Sarkozy, qui devait permettre notamment d’ici 2013 la construction d’un green data center dans notre île. Comme quoi, même en se mouillant la chemise comme il prétendait le faire en 2010, le conseiller spécial aux NTIC présente un bilan vraiment tristounet : le P.O.P dont on se demande pédagogiquement à quoi il a servi dans les lycées si ce n’est à pouvoir se balader sur les réseaux sociaux ou à participer à des jeux en ligne ; le début de la mise en place d’un réseau WIFI PUBLIC sous peine de perdre les fonds européens mais cela en condamnant l’existence d’une entreprise locale PYXISE qui avait déjà installé 300 de ces hotspots WIFI (cette société doit apprécier aujourd’hui particulièrement ce slogan « Libérer les entreprises »...) et enfin la « concoction » d’un S.D.T.A.N (schéma directeur d’aménagement numérique du territoire de La Réunion) dont la réactualisation est urgente au vu de l’entremêlement des investissements réalisés par les opérateurs — réactualisation demandée elle aussi par le CESER de La Réunion.

Ce même CESER rappelle, néanmoins, que l’action visant à démocratiser l’accès au numérique contribuera également à augmenter les besoins et les demandes de services associés. Compte tenu de ces besoins, l’urgence de mettre en place un nouveau câble sous-marin de liaison est soulignée. Le CESER ne fait que rappeler un problème connu de tous les initiés mais qui a été totalement sous-évalué par la Région : l’insuffisance du carburant numérique dans notre île. Pour pallier cela, la Région Réunion va-t-elle alors nous ressortir « the famous green data-center » qui n’a de green que le nom ? Il semble que oui, il se situerait à Saint-André dans le cadre la future zone « techno-industrielle » et cette fois-ci on mobiliserait l’argent de l’Europe pour le financer : le fameux plan Juncker doté lui de 315 milliards d’euros.

Notons bien qu’à l’époque où la Région appartenait à la majorité présidentielle, notre président de Région avait été incapable de mobiliser pour La Réunion les milliards d’euros du grand emprunt national. Et pourtant il ne pouvait pas crier au manque de financement car il faut savoir que seuls 5,2 milliards d’euros sur les 35 de ce grand emprunt ont été dépensés (source : « Le Point »). On se demande alors en quoi la Région Réunion aurait-elle les capacités de mobiliser des fonds européens dont les conditions d’attributions sont encore plus restrictives. Il ne faut pas s’attendre à des miracles de sa part ; elle se contentera, comme à son habitude, certainement d’un énième plan POP et continuera d’acheter des volumes de bande passante sur les deux câbles sous-marins existants.

À se demander si les nouveaux élus comprennent les véritables enjeux liés à la construction d’un troisième câble sous-marin nécessaire à un meilleur approvisionnement en carburant numérique (cf SDTAN) ? On pourrait espérer que cette collectivité comprennent ces enjeux car après avoir enterré le projet RAVENAL à son arrivée en 2010, alors qu’une étude de faisabilité existait déjà, cette majorité Régionale se décide enfin à relancer ce projet mais en 2015 via le groupe TELMA ! 5 ans de tergiversations pour comprendre cela !

L’arbre du voyageur... Ravenal - (CEphoto)

La Réunion a de la chance que la crise économique secoue les BRICS à l’heure actuelle. En effet le câble qui devait tous les desservir est encore à l’état de projet, faute de moyens financiers. Mais ce n’est que partie remise doivent se dire nos cousins mauriciens qui eux seront desservis par ce câble, eux qui ambitionnent d’être la passerelle entre l’Afrique et l’Asie ; ils n’attendent que cela.

La construction d’un troisième câble sous-marin doit-elle devenir alors la priorité de la mandature actuelle ? Il semble que cela soit nécessaire au vu des éléments ci-dessus et il faut noter que même des entreprises privés locales étudient déjà cette possibilité. La Région Réunion devrait alors plus que les « libérer », délivrer ces fameuses entreprises locales et non pas les groupes internationaux comme TELMA.

Faut-il pour autant remettre sur les rails le projet SEGANET (Submarin Extended Gateway Network of the Indian Ocean) piloté par la Commission de l’Océan Indien (COI) et dont le câble RAVENAL aurait été le premier jalon de la connectivité par câble sous-marin des îles de l’océan Indien ? Ce SEGANET ne permettrait-il pas plutôt un accroissement du siphonnage des emplois créés dans les N.T.I.C existants déjà à La Réunion, non pas vers Madagascar — quoi que avec la puissance du groupe TELMA... — mais plutôt vers Maurice dont le coût de la main d’oeuvre et les facilités fiscales sont sans communes mesures avec les nôtres ?

Il est plus que certain que si le projet SEGANET prend forme, cette externalisation complète des emplois NTIC vers Maurice aboutira. Ne deviendrons-nous pas alors un simple réceptacle passif des contenus numériques internationaux ?

Que nous reste-t-il alors comme solutions ? La solution individuelle — celle qui consiste pour La Réunion à se doter de sa propre infrastructure afin de se rattacher toute seule à un des points d’arrivée des câbles sous marins situés dans l’océan Indien — serait la plus appropriée. Elle nous permettrait d’avoir un avantage décisif indéniable sur les pays environnants.

Inde. Bangalore, la silicon valley.

Mais quels pays de l’océan Indien choisir ? Tant qu’a faire, autant se connecter au futur pays le plus peuplé au monde : l’Inde et Bangalore, sa silicon valley. Plus précisément la ville de Mumbai (Bombay), point de départ de nombreux câbles sous-marins, serait la plus adéquate. On va nous dire que cela a un coût. Si l’on prend l’exemple du cable WACS composé de fibres optiques de très haute capacité, son coût de 650 millions de dollars pour 14.000 km et d’une capacité de 5,120 Terabits par seconde, on obtient un coût au kilomètre avoisinant les 46.000 euros.

La distance Réunion-Mumbai, c’est 4836 kilomètres ; ce chantier nous coûterait alors aux alentours de 225 millions d’euros et c’est une estimation car il n’y aurait que deux atterrages à construire. Pour comparaison, cette somme, c’est 100 millions d’euros de moins que le futur port de Bois-rouge en terme de coût. Avec ce câble, plus besoin de green data-center, le développement d’un réseau réunionnais en fibre optique prendrait tout son sens. Mieux encore, il constituerait l’embryon du futur câble BRICS reliant le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde, la Chine et la Russie : La Réunion en deviendrait ainsi le passage obligé. Mais encore faut-il que cette Région Réunion soit consciente qu’il faut profiter de ce moment pour jouer dans la cour des grands et ne se contente pas de mesurettes : un énième plan POP, une énième technopole, cette arlésienne qu’est le green data center promis depuis 2010 et un réseau WIFI dont l’obsolescence rapide est à craindre face à l’arrivée de nouvelles technologies (le LIFI notamment).

Gageons alors que la reconduction de monsieur Vincent Payet sanctionne le fait que celui-ci soit désormais apte à comprendre les tenants et aboutissants réels de son poste de chargé du développement aux NTIC et à l’industrie de l’image. L’avenir de La Réunion est dans ses mains : souhaitons lui bonne chance quand même..

Une citoyenne éclairée

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