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Réfugié à l’ambassade de l’Equateur depuis 1 an

"Assange se prépare à rester cinq ans de plus"

22 juin 2013
Geoffroy Géraud Legros
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Mieux vaut pour Julian Assange rester cloîtré dans les locaux de l’ambassade que d’avoir à faire à la justice américaine, a déclaré le ministre des affaires étrangères de l’Equateur, qui abrite depuis un an le fondateur de WikiLeaks. Craignant la déportation et un procès sommaire aux USA, ce dernier affirme ne pas vouloir sortir du périmètre diplomatique, même en cas d’abandon des charges portées contre lui en Suède.


Le 19 juin 2012, Julian Assange trouvait refuge dans les locaux londoniens de l’Ambassade d’Équateur. Poursuivi en Suède pour deux relations sexuelles sans préservatif, le fondateur de WikiLeaks craignait d’être déporté aux Etats-Unis d’Amérique, où il estime que ses droits élémentaires ne seraient pas respectés. Protégé par l’immunité des locaux diplomatiques, Julian Assange bénéficie depuis le mois d’août dernier d’une mesure d’asile politique attribuée par les autorités équatoriennes. Hostiles à toute négociation au commencement de la crise, les britanniques, qui avaient un temps envisagé de forcer la porte de l’ambassade, se disent désormais favorables à une « issue diplomatique ». Aucun progrès n’a pourtant été enregistré à l’issue de la rencontre intervenue le 17 juin dernier entre le Ministre des affaires étrangères équatoriens, Ricardo Patino, et son homologue britannique, William Hague. Tout au plus les parties se sont-elles accordées sur le principe d’un « groupe de travail » destiné régler le différend. De son côté Julian Assange affirme qu’il ne quittera pas les locaux de l’ambassade, même en cas d’abandon des charges d’agression sexuelle par les tribunaux suédois.

Une instruction secrète aux USA

Dans un contexte marqué par le procès de Bradley Manning et la fuite à Hong-Kong d’Edward Snowden, le journaliste s’estime plus que jamais en danger d’être conduit de force sur le territoire américain. « Mes avocats pensent qu’il y a un mandat délivré contre moi par un grand jury, en vue de m’arrêter, à moins que le gouvernement britannique ne se porte garant de ma liberté de déplacement », a-t-il affirmé lundi dernier lors d’un entretien de presse. «  Nous savons qu’il y a une instruction en cours aux USA (instruction secrète révélée par plusieurs médias américains, NDLR) ». Une procédure entièrement à charge selon Julian Assange, qui estime ironiquement à « 99,97% » ses chances d’être condamné dans ces conditions. « M. Assange s’est préparé à rester à l’Ambassade 5 années supplémentaires », a pour sa part déclaré le ministre équatorien, qui, s’il « ne lui souhaite pas de vieillir et de mourir dans nos murs, estime que rester ici vaut toujours mieux que d’avoir à faire au système judiciaire américain ».

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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