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APL : le Gouvernement recule

16 avril 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Nouveau ballon d’essai, nouveau rétropédalage : après les gouvernements Fillon et Ayrault, le gouvernement Valls a dû renoncer à raboter l’Aide personnalisée au logement (APL).


Réaliser des « économies » en rognant l’Aide personnelle au logement (APL) : l’idée, avait déjà été avancée en 2010 par le ministre François Baroin, qui souhaitait interdire le « cumul » de cette prestation et de la demi-part fiscale. « Cumul » : on appréciera au passage l’usage, à l’encontre d’un acquis social, du terme qui, dans le répertoire démago, concentre l’exécration vouée à « l’élite » maléfique et général et à « nozélu » en particulier.

La mobilisation étudiante, dûment blâmée pour son « gauchisme » par les corpos UMPistes avait, on s’en souvient, évité aux salauds de cumulards de passer à la caisse.

Les raboteurs de gauche ayant succédé aux raboteurs de droite, c’est fort logiquement que l’APL est revenue sur le billot. Il y a un peu plus d’un an, Geneviève Fioraso envisageait à son tour de sacquer la demi-part. Une idée dont Jérôme Cahuzac déclarait « ne pas récuser a priori » la mise en œuvre. Face au grondement étudiant, le Ministre du Budget, qui est l’homme de parole que l’on sait, affirmait n’avoir « jamais envisagé » pareille hypothèse.

Nouveau gouvernement, nouvelle tentative, en forme de mesure socialement vertueuse et méritocratique : récupérer 800 millions d’euros en réservant l’APL aux étudiants boursiers. Cette fois-ci, l’Exécutif s’est employé à tâter le terrain, par le biais d’une « fuite » émise avant-hier en direction d’un journal dominical.

L’affaire n’ayant échappé ni aux syndicats étudiants, ni aux corpos UMPistes (la plus importante de ces dernières exigeant rien moins que la « sanctuarisation » de l’APL), c’est fort logiquement qu’Europe 1 a, le lendemain, interrogé Michel Sapin, principal maître d’œuvre des « coupes » annoncées. Réponse : un ni oui ni non à la Cahuzac, d’usage lorsque, comme dit le Créole, on « pèse sur la queue pour voir si la tête y bouge ».

La tête a bien bougé, avec une vivacité sans doute inattendue du côté du Gouvernement. Ainsi, l’UNEF, traditionnellement moins empressée à critiquer les gouvernements socialistes, a entamé une vigoureuse campagne contre M. Sapin. Les corpos de droite donnant elles aussi de la voix, l’affaire tournait vinaigre et menaçait, comme disent les jeunes, de « partir en vrille ».

Conclusion de l’incident : comme Cahuzac avant eux, Benoît Hamon, Ministre de l’Éducation et figure de proue de la gauche du PS, et Mme Fioraso (aujourd’hui rétrogradée à un secrétariat d’État) ont affirmé, mais sur le cœur, que jamais pareille insanité ne leur était passée par la tête — vous n’y pensez pas, une aide sociale majeure, le bien-être de nos têtes blondes est sacré, etc. etc.

Le Gouvernement Valls a donc évité d’inaugurer son exercice par un mouvement étudiant. Souhaitons que les « stupides cohortes », comme dit la chanson, de ses mesures d’austérité trouvent partout un terrain si bien miné...

GGL

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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