Categories

7 au hasard 14 octobre : Aude-Emmanuelle Hoareau, de l’autre côté de la vie - 14 août 2013 : « Reefa » tué pour une lettre - 13 avril 2013 : Assange à la reconquête du passé - 11 octobre 2013 : Pour Camus, le salut vient de la révolte - 12 octobre : Ségamaloya à la Sacem : fait ! - 29 juin : Vite ! Un click pour Yanick ! - 19 décembre 2013 : « Isi, La Rénion, tout lé zoli, tout lé métiss... » - 10 décembre 2015 : Régionales : tous les coups de pub sont permis... - 6 septembre 2016 : Paul Vergès : deux photos rares retrouvées - 6 janvier : Chagos : 7 prix Nobel de la paix interpellent Obama -

Accueil > La Réunion > Economie et société > Alix Poulot : sans barrière à l’horizon

Photos et musique

Alix Poulot : sans barrière à l’horizon

30 août 2015
Nathalie Valentine Legros
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

On aime la douceur, la poésie et la force évocatrice de sa chanson « Cité Kalou Pilon ». Sa voix qui résonne sur les notes de guitare. On aime son style « Creol Cool Music ». Son style « Blues tropical »... Et sa manière bien à lui de mener sa barque en artiste indépendant. Alix Poulot nous invite à un nouveau voyage, en musique et en photographies. Une exposition à découvrir à la médiathèque Benoite Boulard du Port : « Alix Poulot and Co », du 3 au 26 septembre. Rendez-vous... à ne pas oublier.

Illustration extraite du livre d’Alix Poulot : « Les contrefacteurs – (Pour que nos fils et nos filles ne cachent plus ce qu’on leur dit) ». Juin 2012. Association Cap bleu.

Alix Poulot, souvenirs d’enfance
Né le 10 avril 1960 au Port (île de la Réunion). Sa mère, Josiane Arthémise Marvillier, l’élève avec ses 7 soeurs et 2 frères. Il se souvient du Pathéphone qui jouait « La Marseillaise » dans la cour de l’école Ambroise-Croizat, lorsqu’on lui remettait des prix d’excellence tricolores, en fin d’année scolaire... Il se souvient des hauts du Sud de l’île et de l’école militaire du Tampon en 1972 où il apprend les rudiments du solfège et la pratique de la guitare après un bref essai au clairon.

Alix Poulot, souvenirs d’adolescence
À 14 ans, retour au Port. Il se souvient des ateliers musicaux au collège Edmond-Albius. Il se souvient des 2 années passées au lycée du Butor, section Génie Civil. Il se souvient du 2ème RPIMA à Pierrefonds où il passera une année riche humainement, recevra son brevet BF1 de parachutiste, et un grade de 1ère classe. Ses copains de la section se souviennent de l’image du marchand de sable à la guitare nonchalante, qu’ils réclamaient à la sieste...

Alix Poulot, souvenirs d’en France
Mai 1980 : il se souvient avoir pris l’avion pour la première fois. Il débarque à Meyzieu, une ville de la banlieue lyonnaise. Il se souvient de la vie d’ouvrier au milieu des Arabes, des Africains, des Antillais, des Italiens... Il se souvient des grands débats philosophiques sur les sujets d’actualité au sein de la rédaction du « Progrès » où il trouve un job d’été : réceptionner, trier et distribuer les dépêches. Il se souvient du chemin des Pommiers où la famille logeait et où il composait à la guitare. Il n’y avait pas de pommier mais un marché forain hebdomadaire. Il se souvient alors de la guitare comme d’une thérapie...

Alix Poulot, souvenir d’un coup de « manche de pioche »
Été 81 : retour au pays. Il s’en souvient comme d’un coup de « manche de pioche », « celui qui fait grandir, si toutefois on ne devient pas terroriste »... « Pourquoi n’êtes-vous pas resté là-bas ? Vous aviez du boulot ! » Il se souvient que ces phrases sortent de la bouche de « ceux-là même qui en métropole excellent dans l’intégration des Réunionnais alors que leurs places au soleil de La Réunion, île intense, sont réservées, acquises, et protégées ». Alix s’installe à Saint-Denis. Il se souvient de la rue Sainte-Marie. Valises, matelas et conserves. Il se remet à composer et rencontre Dominique Tambouran, Gilbert Pounia, leader de « Ziskakan ». De cette rencontre naîtra la formation « Kabar Maron » qui assurera les premières parties du groupe phare.

Alix Poulot, souvenirs de « Kabar Maron » à « Korail »
1984 : retour au Port. « Kabar Maron » se met en route, avec une rythmique traditionnelle de Maloya. Il se souvient des copains musiciens : Inel Maury, Philippe Cuvelier, Gérard Bienvenue... Rouleur, Kayamb, triangle... Il se souvient des copains des copains. Rapidement Alix opte pour une orchestration moderne, batterie et guitare électrique (Dominique Tambouran, Lucay Canon...). Il se souvient de la complexité de gérer un groupe. Après la sortie de la K7 du groupe « Kaméléon » financée par la famille et l’entourage, il entame une carrière solo. Il se souvient de Tanya Saint-Val (sa marraine) qui l’aide à se faire connaître sur Paris lorsqu’il sort la cassette « Zagat » en 1988. Il se souvient du coup de pouce de Ralph Thamar. Il enchaîne plateaux télé, radios, scènes qui lui donnent une notoriété mais ne suffisent pas à remplir la marmite... Il se souvient des petits boulots : loueur de planche à la Saline-les-bains, disc-jokey à Saint-Paul, vendeur à domicile, barman... puis animateur de la radio locale du Port « Korail K.O.I. » grâce à une introduction de Jean-René Félicité (auteur de « Na lontan », « Marmay le Port ») qui deviendra un Monsieur du petit écran et du journalisme en général.

Alix Poulot, souvenirs entre maloya électrique et progressif
Il se souvient des groupes « Soukouss » [1], « Yanbane » [2], « Kabar Maron » [3] qu’il dissoudra pour une formation réduite après 1995. Il se souvient d’avoir fait la première partie de Youssou N’Dour et celle de « Sabouk » en Solo. Il se souvient du groupe « Band Dalon » auquel il se joint pour deux albums comme arrangeur et directeur musical. Il se souvient de Régis Lacaille et de Bernard Brancard qu’il rencontre au studio digital d’Eric Fruteau à Saint-Denis. Il se souvient de « Blues Tropical », son premier album en compact-disc édité en 1995 [4]...

Alix Poulot, souvenirs d’un « Creol Cool Music »
Il se souvient des pubs, cabarets et restaurants qui deviennent les terrains de jeux d’« Alix Poulot Trio » avec Dominique Tambouran à la guitare, Teddy Baptiste et Philippe Baraka à la batterie... jusqu’en 1997. Il se souvient de son retour aux « versions solo et duo » avec Dominique Tambouran et de l’enregistrement du compact disc « Alix Poulot » [5]... Il n’oublie pas les enfants des crèches et des écoles, pour l’éveil musical. Il n’oublie pas les cours de guitare et de théorie musicale qu’il dispense au « Village Titan »... Il n’oublie pas ses projets — en toute sérénité — à l’image de ses derniers albums instrumentaux tels que « Miss Lee » et « Solo », un livre-cd-photos avec « Tramay » [6] et le plasticien, Yanis Ancelly, où la guitare solo est privilégiée. Il n’oublie pas « One ticket », consacré au saxophoniste Tot entouré de 15 musiciens.

Plus que jamais, Alix Poulot n’oublie pas son « Creol Cool Music » sans barrière à l’horizon.

Photographies musicales relatant les rencontres d’Alix Poulot lors des différentes étapes de sa carrière artistique... A découvrir à la Médiathèque Benoîte-Boulard du Port, du 3 au 26 septembre.

Les CD encore disponibles
  • 2009 : « A deux mains »
  • 2010 : « Métisses »
  • 2011 : « Live », « Miroir »
  • 2013 : « Manigance »
  • 2014 : « De Port à port » (à propos du port de Dieppe)
  • 2015 : « YHWH » (à paraître)

Et les derniers festivals auxquels Alix a participé...

  • 2011 : Festival Ponso
  • 2012 : Festival Total Jazz
  • 2013 : Opus Pocus

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
Twitter, Google+.

Notes

[1Denis Payet, Alain Iva, Max Dalleau, Lucay Canon, Philippe Baraka

[2Teddy Baptiste, Pascal Raymond, Bernard Filo, Thierry Nayet

[3Mahe Dera, Sulette Baillif, Jean Jacques Harrison, Philippe Chavriacouty dit KAWA

[4Antenne Réunion utilisera le morceau « O Savana » comme générique de l’émission culinaire « Vanille Combava ».

[5référence RAP2CD97

[6groupe de photographes

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter