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Ada... ou l’hardeur

20 avril 2016
7 Lames la Mer
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Image cryptée à la manière « décodeur en panne ». Mouvements à la manière d’un X. Bruitages, manière Marc Dorcel. Macaron au milieu de l’écran : « Réservé aux +18 ». Non, vous ne regardez pas un film pornographique mais une publicité de location de véhicules diffusée ces derniers jours sur certaines chaînes françaises.

La "première fois"... en plein effort. Image extraite du clip publicitaire.

« La première fois ? C’était chez Ada ». Ce slogan accompagne deux publicités pour Ada. Ada ? Un loueur de bagnoles, pour pas cher. Du moins, c’est lui qui le dit. La cible ? Les post-pubères à peine déniaisés, à peine majeurs, mais déjà pleinement consommateurs...

Les publicitaires parlent aux jeunes. Et les jeunes, ce qui les intéresse, c’est le sexe. Le cul, what else ?

On ne connaît pas les arcanes où s’agitent les petites et grandes mains de la société du spectacle, mais on peut parier que ces branleurs se livrent à quelque chose comme un concours de vulgarité. But : perturber le ronron publicitaire et la « bien-pensance », c’est à dire, les bonnes manières ; faire le buzz, c’est à dire faire gagner « muchas dollars » au client.

Leur "première fois"... dans une position plutôt sage mais explicite. Image extraite du clip publicitaire.

Le sexe et le scandale, voilà la recette ! Un seul exemple : dans le genre moins tricard et encore plus dégueulasse, il y a eu la pub « Dolce & Gabbana », mettant en scène une femme agressée par un homme tandis que trois autres observent en attendant leur tour. Ambiance prêt-à-porter sur fond d’apologie du viol.

Avec Ada, on est dans la baise petite bourgeoise ; l’ardeur à bas prix d’Ada, c’est le véhicule transitionnel qui mène du porno-Kleenex en cachette chez papa-maman aux petits ruisseaux de la baise pré-conjugale. Beurk.

Des symboles clairs... Image extraite du clip publicitaire.

Il fut un temps où Ada savait rire sans attraper le chaland par le caleçon : l’auto-stoppeuse et le cascadeur, cela nous a fait sourire ; la planche à repasser dans la voiture... qui sait, comme un lointain clin d’oeil à Tati.

La « première fois », c’est tout simplement de mauvais goût.

On nous reprochera de manquer d’humour — la dernière vertu à la mode. Va pour le manque d’humour : il n’y en a pas une once dans ces deux spots. En fait, le plus souvent, ce qui manque à ces messieurs les publicitaires, c’est l’imagination. Et le talent.

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