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Vavangage / Pierre Lane

A l’île Maurice, un mariage sous les plus favorables auspices

15 janvier 2019
Pierre Lane
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Soudain, je vois un homme sortir de la maison et se diriger vers moi. Il ouvre le portail et m’invite à entrer. C’est le père de la mariée. Il se prénomme Sanjay.


Au marché, l’ambiance est survoltée et chaleureuse


Le dimanche matin, il ne faut pas espérer rouler sur des routes désertes, car Maurice est une île surpeuplée. C’est l’embouteillage près du marché.

Piments, tomates, salades, brèdes, ananas, mangues, letchis ; après les étals de fruits et légumes, on parcourt de longues et sombres allées qui rappellent les souks d’Afrique du Nord.

Vêtements, produits ménagers, articles religieux, souvenirs, l’organisation des lieux incite à s’arrêter, fouiller, acheter, même lorsqu’on n’a besoin de rien. L’ambiance est survoltée et chaleureuse. Des occidentaux qui ont quitté les sentiers balisés par leurs guides touristiques, se disent qu’ils tiennent là l’exotisme qu’ils sont venus chercher.


Une maison illuminée d’où s’échappait de la musique indienne


Lorsque je photographie, je ne sais jamais pourquoi on me sourit, si c’est pour m’accueillir ou me vendre quelque chose [au marché cela paraît normal], ou simplement parce que les personnes aiment ça [ce n’est pas le cas dans de nombreux pays].

Mais pourquoi chercher des explications ? Tout est tellement étonnant ici. Cela me rappelle un de mes premiers séjours dans l’île.

Je parcourais le pays en tous sens et à moto, m’arrêtant au gré de mes intuitions et de ma curiosité. Un soir, traversant un village, je vis une cinquantaine de personnes agglutinées devant une maison illuminée d’où s’échappaient des notes de musique indienne.


C’était comme si l’on n’attendait plus que moi


Je me frayai un chemin jusqu’au portail. C’est un mariage, me dit-on. Soudain, je vois un homme sortir de la maison et se diriger vers moi. Il ouvre le portail et m’invite à entrer. C’est le père de la mariée. Il se prénomme Sanjay.

Il me présenta à sa fille et à son époux, ainsi qu’à tous les membres de sa grande famille. C’était comme si l’on n’attendait plus que moi pour commencer la cérémonie, prolongée par un banquet réunissant des centaines de personnes, étonnées et amusées de me voir.


Un mariage sous les plus favorables auspices


Sanjay et moi avons correspondu longtemps par lettre [vous savez, avec l’enveloppe aux lisérés bleus et rouges, by air mail], mais le temps a fait son œuvre. Nous nous sommes perdus de vue.

Je ne lui ai jamais demandé la raison de son geste, mais c’est un prêtre hindou qui m’en donna le sens. Sanjay m’avait accueilli comme il aurait accueilli son Dieu. C’était son devoir [dharma].

J’étais en tous cas son émissaire, son « incarnation » venu signifier — malgré moi — que le mariage de sa fille se déroulait sous les plus favorables auspices.

Voilà peut-être la clé de tous les sourires de l’île Maurice.

Pierre Lane
Janvier 2019
Reportage / Texte & photos

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