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Rythmes scolaires

Vincent Peillon écrit aux maires inquiets

26 janvier 2013
7 Lames la Mer
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Alors que le retour à la semaine scolaire de 4,5 jours menace de peser lourd sur les budgets communaux, le courrier envoyé hier par le ministre de l’Education nationale à tous les maires de France a peu de chance de dissiper les inquiétudes des élus de La Réunion.

Les services préfectoraux de La Réunion ont transmis, le vendredi 25 janvier, un courrier adressé par Vincent Peillon à l’ensemble des maires. Objet : la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires. Celle-ci revient sur la mesure initiée par Nicolas Sarkozy, qui avait en 2008 supprimé une demi-journée de cours (samedi matin) dans les écoles primaires, afin de « rendre le samedi aux familles ». Une demi-journée que le gouvernement entend restaurer et consacrer à des animations, qui seront à la charge des communes. Une perspective inquiétante pour les collectivités réunionnaises qui, dans le contexte de montée du chômage et de la pauvreté, peinent déjà à assumer leurs missions.

Une demi-journée d’animation à la charge des communes

L’intervention de M. Peillon, qui s’est adressé à tous les maires de France, rassurera-t-elle les élus ? Rien n’est moins sûr. Après un rappel de la « priorité » donnée à l’école primaire et du constat d’un « niveau de lecture inférieur au niveau moyen des élèves de nos voisins européens », le ministre a évoqué la « concentration » du temps scolaire propre à l’organisation française. « La réforme des rythmes des écoles primaires doit nous permettre de mieux répartir les heures de cours sur (sic) la semaine, d’alléger la journée de classe et de programmer les enseignements à des moments où la faculté de concentration des élèves est la plus grande » précise le courrier, en défense d’une réforme qui divise le monde de l’éducation. Un certain flou continue néanmoins de régner sur les moyens dont bénéficieront les collectivités pour faire face aux charges supplémentaires.

Délai repoussé

La communication du ministère évoque la « constitution d’équipes d’appui », l’envoi prochain d’un « guide pratique » de la réforme des rythmes à l’école primaire, ainsi qu’un « assouplissement des taux d’encadrement des activités périscolaires ». Cette dernière annonce devrait sans doute être bien accueillie par de nombreux élus. En revanche, l’incertitude demeure vis-à-vis des fonds alloués aux collectivités. La lettre mentionne la création d’un fonds « d’au moins 250 millions »— sans précision supplémentaire — ainsi que l’attribution à toutes les communes d’une enveloppe de 50€ par élève, à laquelle sont susceptibles de s’ajouter 40 € par tête pour les « collectivités éligibles à la dotation de solidarité urbaine (DSU), (…) ou à la dotation de solidarité rurale (DSR) ». Une majoration prolongée dans ces deux derniers cas « pour toutes les communes éligibles à la DSU et la DSR (…) qu’elles aient choisi de mettre en place la réforme en 2013 ou en 2014 ». Enfin, le ministre réaffirme la possibilité de repousser d’une année l’application du texte, et annonce la prolongation d’un mois du délai au terme duquel les communes doivent notifier ce report à l’Administration. Des « déclinaisons locales » de l’aménagement des rythmes sont elles aussi évoquées, « afin de tenir compte des contraintes, des ambitions et atouts des différents territoires »… Elles feront néanmoins l’objet d’un encadrement.

Une loi adaptée au contexte réunionnais ?

« Le succès de cette réforme repose sur vous » conclut le ministre dans une adresse aux maires. Il est pourtant peu probable que cette solennité atténue les inquiétudes des maires de notre île. En l’état, les collectivités réunionnaises auront le plus grand mal à faire face aux surcoûts engendrés par le nouveau dispositif. A La Réunion, on estime à 25 - 27 millions les frais supplémentaires que devraient acquitter les 24 communes du pays. Certaines estiment à 200€ par élève environ le surcout généré par le retour à la semaine de 4,5 jours. Une charge dont l’Etat ne compensera que la moitié... Un coup dur pour les communes réunionnaises, qui ne parviennent qu’à force d’acharnement et d’acrobatie à répondre à l’urgence sociale, alors que plus de 35% des Réunionnais sont sans emploi et que la moitié d’entre eux vit sous le seuil national de pauvreté. La question de l’adaptation de la législation nationale à la situation réunionnaise est une nouvelle fois posée.

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• A lire à ce sujet : « Réforme des rythmes scolaires : mauvais calcul ? »

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