Categories

7 au hasard 29 juillet 2014 : Océan Indien : touristes bannis aux îles Nicobar ! - 28 février 2014 : Les enfants du BUMIDOM : victimes de la 5ème République ? - 31 janvier : La Potence ou la Pitié - 24 octobre 2013 : Jusqu’ici, tout va bien... - 28 mars : Un petit bijou dans des sables émouvants - 24 décembre 2013 : Petit papa Béké, obli pa mon ti soulié ! - 24 août 2013 : Réconcilions-nous autour d’un cari requin ! - 21 février 2014 : Ce que parler veut dire (2) - 28 novembre 2013 : Incarcération, perquisition, saisie pour Peerally - 17 mars 2015 : Cimendef... l’histoire jugera. Nou larg pa ! -

Accueil > Perle & Fagnomba : le combat continue ! > Réagir avant qu’il ne soit trop tard !

Fort-Dauphin : Perle en prison depuis 36 jours

Réagir avant qu’il ne soit trop tard !

16 avril 2013
7 Lames la Mer
fontsizedown
fontsizeup
Enregistrer au format PDF
Version imprimable de cet article Version imprimable

« Sa vie est en danger ». C’est de la vie de Perle Zafinandro-Fourquet dont il est question. Une franco-malgache de 46 ans emprisonnée à Fort-Dauphin depuis le 12 mars. Celle qui lance ce cri n’est autre que la soeur de Perle, Olga Zafinandro. Porte-Parole avec Martin Fourquet (mari de Perle) du « Comité de soutien Libérez Perle et Fagnomba ». Olga Zafinandro en appelle aux citoyens que nous sommes, mais aussi aux décideurs, d’ici et de là-bas : il faut « réagir avant qu’il ne soit trop tard » !

Olga Zafinandro

A 19 heures, le compteur de la pétition « Libérez sans délai Perle... » — publiée sur le net depuis le 27 mars — affichait 3140 signatures, tandis que la page Facebook ouverte depuis 24 heures était créditée d’une centaine de « j’aime ». La mobilisation autour du sort réservé à Perle Zafinandro-Fourquet et à six membres de l’association Fagnomba (Entraide), emprisonnés à Fort-Dauphin depuis le 12 mars, commence à produire ses premiers effets.

Après la création, vendredi dernier, 12 avril, du « Comité de soutien Libérez Perle et Fagnomba », cette après-midi (mardi 16 avril), une nouvelle étape a été franchie, non sans émotion, par la famille et les proches de Perle Zafinandro-Fourquet, qui rencontraient la presse, dans un restaurant du côté de l’hôpital de Terre Sainte (Saint-Pierre) où exerce Martin Fourquet.

Le « noyau dur » est neutralisé

C’est sous deux grandes photos de Perle, placardées au mur, que s’est tenue la conférence de presse. Olga et Hyacinthe Zafinandro — soeur et frère de Perle — et Martin Fourquet avaient pour la circonstance enfilé des T’shirts sur lesquels on pouvait lire : « Libérez Perle et Fagnomba ». Une revendication simple... pour une situation difficile et complexifiée sur place, à Madagascar, par la tenue prochaine, en juillet des élections présidentielles. C’est d’ailleurs suite à un cambriolage (vol de matériel, notamment trois disques durs), le 27 février dernier, dans un bureau de la Commission électorale nationale indépendante de transition (CENIT), que les autorités malgaches ont arrêté Perle Zafinandro-Fourquet et une quinzaine de membres de Fagnomba, le 11 mars dernier.

Au premier rang : Olga Zafinandro, Martin Fourquet et Hyacinthe Zafinandro.

Incarcérée à la prison de Fort-Dauphin dès le 12 mars, Perle Zafinandro-Fourquet n’a jamais cessé de crier son innocence. Dans un communiqué, l’association Fagnomba a par ailleurs formellement démenti être impliquée dans ce cambriolage. Aujourd’hui, Perle est toujours en prison ainsi que six membres de Fagnomba : le « noyau dur » de l’association est donc neutralisé.

Combat contre l’un des géants de l’industrie au niveau mondial

« Ma soeur a su dire non, précise Hyacinthe Zafinandro. Elle a fait ce qu’il fallait faire. » En tenant tête au trust industriel QMM (Qit Minerals Madagascar) — filiale detenue à 80% par Rio Tinto [1] et à 20% par l’Etat malgache — l’association Fagnomba et particulièrement sa porte-parole, Perle Zafinandro-Fourquet, se trouvent engagées dans un combat contre l’un des géants de l’industrie au niveau mondial. Depuis trois ans, Fagnomba milite auprès des villageois d’Anosy expropriés par la société minière QMM qui exploite dans cette région un minerai utilisé notamment dans la fabrication de peintures : l’ilménite. L’ilménite de Madagascar est recherchée pour sa teneur en bioxyde de titane de 60%, qui lui confère une qualité supérieure à celle de la plupart des autres gisements dans le monde.

« Les militants de Fagnomba assuraient sa sécurité »

Le combat de Fagnomba tient essentiellement en trois points : le droit à une indemnisation décente des propriétaires terriens expulsés de leurs terres pour le besoin de cette firme (beaucoup n’ont jamais été payés) ; l’embauche de travailleurs locaux au sein de cette société ; la protection de l’environnement malmené durement (les poissons disparaissent depuis l’installation d’un barrage...).

Perle Zafinandro-Fourquet en compagnie d’un de ses fils.

Depuis le début de l’année, Fagnomba menait des actions sur le terrain afin de faire connaître ses revendications : barrages de routes, manifestations de rue... L’armée a été appelée en renfort pour faire face aux villageois munis de leurs pancartes et banderoles. La tension autour des membres de Fagnomba allait grandissant et les menaces de mort, notamment contre Perle Zafinandro-Fourquet, se sont faites de plus en plus précises. Craignant pour sa vie, Perle est entrée en clandestinité, se cachant pendant deux mois dans différents endroits.

« Elle était toujours entourée d’une trentaine de militants de Fagnomba qui assuraient sa sécurité, explique un membre de la famille. Mais cela n’a pas suffi... Ils ont relâché leur attention à un moment et c’est là que Perle a été arrêtée. »

« Des risques quotidiens pour sa vie, sa santé et son équilibre psychologique »

Le « Comité de soutien Libérez Perle et Fagnomba », par la voix de ses deux porte-parole, Olga Zafinandro et Martin Fourquet, espère parvenir à alerter l’opinion internationale sur le sort réservé à Perle et à Fagnomba. « Nous allons solliciter les élus, ceux de Madagascar mais aussi ceux de La Réunion, explique Martin Fourquet. Nous leur écrirons pour les sensibiliser et nous espérons que nous obtiendrons ainsi de l’aide. » Une lettre a déjà été adressée au Ministre des Outremer, Victorin Lurel, à l’occasion de son récent passage dans notre île. « Le régime carcéral qui est appliqué à ma sœur comporte des risques quotidiens pour sa vie, sa santé et son équilibre psychologique, précise Olga dans cette lettre. Aux conditions déplorables et violentes qui caractérisent les prisons malgaches, s’ajoute une série de pressions, d’intimidations et de restrictions, portant notamment sur l’alimentation de la détenue. »

Conscients que la situation prend une tournure politique à l’approche des élections présidentielles, les proches de Perle espèrent que cette affaire trouvera une issue favorable en devenant justement un enjeu de la campagne électorale.
« Je pense vraiment que sa vie est en danger, confie Olga. C’est pour cela qu’il faut la sortir au plus vite de cet endroit. Avant même qu’elle ne soit incarcérée, sa tête était mise à prix. Les prisons malgaches sont comme une passoire : n’importe qui peut entrer et faire n’importe quoi. J’aimerais que l’on réagisse avant qu’il ne soit trop tard. »

7 Lames la Mer

L’interview de Perle Zafinandro-Fourquet par Enquête Prod (2012)


Je veux ma part de Terre - Teaser 1 by EnQueteProd
Extrait du documentaire « Je veux ma part de terre » réalisé par http://www.enqueteprod.com/

7 Lames la Mer

Réalités émergentes Réunion, Océan Indien, Monde.
Presse, Edition, Création, Revue-Mouvement.
Facebook, Twitter.

Notes

[1L’installation de cette industrie minière à Fort-Dauphin s’est accompagnée d’un certain nombre de transformations dans la région — dont l’impact environnemental est source de controverses — : l’approvisionnement en électricité de la ville dépend de la société minière ; un nouveau port moderne en eaux profondes a été construit non loin, à Ehoala, financé « à hauteur de 110 millions de dollars US par Rio Tinto tandis que le Gouvernement a décaissé 35 millions de dollars à travers le Projet « Pôles Intégrés de Croissance » de l’Anosy en utilisant les fonds de la Banque Mondiale ». Par ailleurs, Rio Tinto soigne son image : financement de clubs de foot, attribution de bourses d’études supérieures pour des étudiants, intervention de l’ambulance de QMM lorsque celle de l’hôpital est en panne, etc. Rio Tinto, groupe minier multinational anglo-australien, est présent dans une cinquantaine de pays et sur les cinq continents. Réputée pour être l’un des leaders mondiaux dans le domaine de l’exploitation minière, Rio Tinto a soulevé plus d’une fois des mouvements de contestation au sein des populations, dans les régions où elle a implanté ses filiales.

A lire aussi :

Partager

Réagissez à cet article

comments powered by Disqus

Abonnez-vous à la Newsletter

Image Newsletter