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Transport aérien

Qu’est devenu le billet d’avion à 600€ toute l’année ?

23 décembre 2012
Geoffroy Géraud Legros
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Avec l’arrivée de deux A-380 sur les vols d’Air Austral, 2014 devait être l’année du billet à tarif unique, estimé à 600 euros. De nouveaux choix ont été faits : les A-380 ne viendront pas. Comment, dès lors, enrayer la baisse de l’activité touristique qui frappe La Réunion ?

Le nombre de touristes a décru à La Réunion au cours de l’année écoulée, a admis avant-hier l’Île de La Réunion tourisme (IRT). Une baisse qui, selon Pascal Viroleau, directeur de la structure, est la conséquence d’une crise générale du tourisme français, marqué selon lui par une réduction des départs en vacances. Or, c’est de France qu’arrivent chaque année environ 80% des visiteurs. Ces derniers sont par ailleurs en majorité des « affinitaires », c’est-à-dire des parents ou des amis de personnes résidant dans l’île.

La théorie du feu et du requin

Ces mauvais résultats contrastent avec l’importance du budget communication de l’IRT - près de 6 millions d’euros - et l’activisme déployé par son équipe dans l’évènementiel. Doit-on voir là les effets de la crise requin et du nouvel épisode du feuilleton incendiaire au Maïdo ? Ou faut-il interroger les choix stratégiques des responsables du tourisme et, plus généralement, des politiques économiques ? Au vu de la prédominance du tourisme affinitaire, il est peu probable que l’actualité de notre île ait une influence déterminante sur le volume des visites. Qui, en effet, renoncerait à revenir en famille pour les fêtes parce que quelques ailerons pointent au large ? L’essor continu de la clientèle issue d’autres pays d’Europe, tels que la Belgique ou l’Allemagne, tend par ailleurs lui aussi à infirmer la théorie du feu et du requin. La baisse du pouvoir d’achat des affinitaires est donc bien à l’origine de la décrue du tourisme à La Réunion : le billet d’avion leur est de moins en moins accessible.

La clientèle des pays émergents

Faut-il dès lors aller chercher les touristes ailleurs qu’en France et en Europe ? C’est la piste qu’évoquent les responsables de l’IRT, qui annoncent une vaste campagne de communication en direction de l’Afrique du Sud. Rationnelle, cette orientation rejoint finalement la stratégie de l’ancienne majorité régionale, qui visait la clientèle des pays émergents. Il est en revanche douteux qu’elle soit payante autrement qu’à long terme : tributaire de la politique française en matière de visas, l’internationalisation nécessite de surcroît la création d’infrastructures pour l’heure fort peu développées, ainsi qu’une formation accrue des acteurs du tourisme réunionnais trop peu nombreux à maîtriser la langue anglaise.

Le billet à 600 euros n’aura pas lieu

En attendant, le contexte porte à réfléchir sur les décisions prises récemment par les collectivités responsables en matière de transport aérien. On pense en particulier à l’enterrement du projet de desserte de notre île par les deux A-380 acquis par la compagnie régionale Air Austral, qui auraient dû entrer en service en 2014. Avec 525 sièges, l’A-380 affiche une capacité 40% supérieure à celle des gros porteurs en service. « Surdensifiés » - c’était la stratégie arrêtée par Air Austral - les deux appareils de la Compagnie réunionnaise auraient dû permettre de transporter 852 passagers lors de chaque vol, dans des conditions de confort supérieures à celles des autres avions. Le schéma retenu à l’époque prévoyait de mettre cette massification du transport au service de la baisse des prix. Financée par les fonds publics, la compagnie Air Austral s’apprêtait ainsi à instaurer un billet annuel à prix unique de 600 euros…

Abandon de la réforme du transport aérien ?

Du fait de fluctuations politiques, la Région et le Département, principaux financiers de la compagnie, ont finalement rompu le processus d’acquisition des deux très gros porteurs. Conséquence : la perspective d’un billet à prix stable et relativement bas s’est estompée, laissant place à une hausse vertigineuse et prohibitive des prix sur l’itinéraire France-Réunion. Tout indique que 2014 ne sera pas l’année de la stabilisation par le bas des prix du billet d’avion. « L’intervention d’une compagnie low-cost, aux capacités limitées, ne devrait pas permettre de desserrer l’étau de la concurrence », nous précise un spécialiste de l’économie aérienne réunionnaise. Le prix du billet devrait donc augmenter encore l’année prochaine, accentuant logiquement la chute de fréquentation des « affinitaires », qui, selon les projections économiques, risquent pour leur part de voir leurs revenus baisser encore. La nouvelle vague de communication, annoncée par l’IRT, permettra-t-elle de pallier l’abandon de la réforme du transport aérien ?

Geoffroy Géraud Legros
23 décembre 2012

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste, Co-fondateur - 7 Lames la Mer.

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