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« On n’est pas des singes, on ne nous jette pas de pistaches par la grille »

5 mars 2013
Geoffroy Géraud Legros
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Partis du Jardin de l’Etat, un peu plus de 600 manifestants se sont rassemblés devant l’hôtel de Préfecture, exprimant leur rejet de l’Accord national interprofessionnel (ANI) portant sur la « sécurisation de l’emploi ».

Photo : 7 Lames la Mer.

Conclue le 11 Janvier dernier, cette convention revendique l’application dans le droit français du concept de « flexi-sécurité », importé du Danemark au milieu des années 2000. Pour le Gouvernement et les organisations syndicales signataires- le MEDEF, la CFDT, la CFTC et la CGC- l’accord porte la promesse de « plus de droits et de moins de licenciements ». Pour la CFDT, l’ANI s’attaque à « l’hyper-flexibilité » qui règne, selon elle, dans le marché du travail. Les syndicats parties à l’accord se félicitent de surcroît de l’ouverture de «  nouveaux droits sociaux  », tels que la généralisation de la complémentaire santé, la taxation des contrats courts, ainsi que l’ouverture de droits rechargeables aux salariés.

«  L’institutionnalisation de la flexibilité  »

Photo : 7 Lames la Mer.

L’analyse est toute autre du côté de la CGT et de Force ouvrière : vent debout contre l’ANI, les deux grandes centrales syndicales voient dans ce dernier rien moins que la remise en cause générale du contrat de travail. Dans une motion déposée aujourd’hui en Préfecture, la CGTR, Force ouvrière et la FSU dénoncent ainsi « l’institutionnalisation de la flexibilité voulue par les signataires de cet accord (…) qui permettra de déroger au code du travail et aux conventions collectives pour conduire essentiellement à la réduction du coût du travail, notamment à la baisse des salaires, et à la dégradation profonde des conditions de travail et de vie des travailleurs ».
L’ANI, selon les manifestants, met en place « un véritable statut de la précarité en permettant aux patrons de licencier plus facilement ». Les centrales dénoncent en outre le caractère virtuel des droits reconnus par la convention. « Les mauvais coup, c’est pour tout de suite, les droits, c’est pour demain », a déclaré au micro Ivan Hoarau, secrétaire général de la CGTR, en référence à l’application différée des nouvelles prérogatives reconnues aux salariés.
Sans incidents, la manifestation s’est achevée par une courte montée de tension, lorsque les services de la Préfecture exigèrent que la motion portée par les syndicalistes soit « passée à travers les grilles » . « Anon bouche la route » , répondirent spontanément les manifestants. « On n’est pas des singes, on ne nous jette pas des pistaches » renchérit un responsable syndical au mégaphone. Après une brève occupation de la voie d’accès à la capitale, le Préfet, pointant l’erreur de ses services, finit par accepter de recevoir une délégation de six syndicalistes. « Le combat continue », conclut Ivan Hoarau, appelant à d’autres mobilisations…

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste, Co-fondateur - 7 Lames la Mer.

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