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Histoire et politique

Les hommes de la caverne... Exilés ou Français ?

3 mars 2016
7 Lames la Mer
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Saviez-vous que jusque dans les années 60, la « Grotte des premiers Français » était connue sous le nom de « Caverne des douze exilés » ? Comment la « caverne » s’est-elle transformée en « grotte » et les « douze exilés » en « Français » ? La réponse à cette question est... politique ! Et si l’on revenait aux origines...

Ce site a aussi été baptisé "La caverne du Portugais", ou encore la "Grotte Notre-Dame de Lourdes"...
Lithographie extraite de l’Album de La Réunion, Louis Antoine Roussin.

La « crotte » des premiers Français...


En 2013, nous avons célébré les 350 ans [1] de l’île de La Réunion... A quand remonte le peuplement ? Les querelles de dates sont légion. Un autre différend, devenu polémique, porte sur le nom des lieux de vie des premiers occupants. Saviez-vous que jusque dans les années 60, la « Grotte des premiers Français » était connue sous le nom de « Caverne des douze exilés » ? Comment la « caverne » s’est-elle transformée en « grotte » et les « douze exilés » en « Français » ? La réponse à cette question est... politique ! Il y a quelques années, une écolière de 10 ans à peine, substituait par mégarde le mot « crotte » au mot « grotte », dans une rédaction composée après une une visite de sa classe sur le site Saint-Paulois, dit « grotte » des premiers Français. La méprise avait fait rire ses camarades, à se rouler par terre ! Mais elle avait valu à la petite fille une punition dont elle se souvient encore, l’enseignante estimant que ce « manque de respect » envers les premiers Français ne pouvait rester sans suite ; la sanction fut donc « exemplaire »... Au-delà de l’anecdote, le lieu demeure emblématique : mais s’agit-il d’une caverne, ou d’une grotte ? Ses habitants étaient-ils des Exilés, ou les Premiers Français ?

Carte de l’île Bourbon établie en 1661 par Etienne de Flacourt (premier gouverneur de Fort-Dauphin) sur la base des indications fournies par les douze exilés.

Confusion et manipulation


En amont de ce débat récurrent, relatif à la caverne de Saint-Paul, se trouve tout d’abord la confusion de trois événements :

1) En 1646, douze mutins français de Fort-Dauphin sont débarqués dans l’île Mascareigne. Ces douze exilés resteront trois ans sur l’île et seront récupérés le 15 août 1649 par le « Saint-Laurent » pour être ramenés à Fort-Dauphin. De 1649 à 1654 l’île est de nouveau inhabitée.


Chercher ce qu’il y a de bon et propre pour envoyer en France


2) En 1654, un Français, dénommé Couillard, dit « le taureau », surnommé « marovoule » (longs cheveux) par les Malgaches, coupable de vols multiples et convaincu de complot contre le gouverneur de Fort-Dauphin, est à son tour exilé sur l’île Mascareigne en compagnie de sept de ses hommes et de six malgaches, afin d’y « cultiver du tabac et y faire recherche de ce qu’il y a de bon et propre pour envoyer en France ». Le 28 mai 1658, un navire anglais, le « Thomas Guillaume », embarque les quatorze hommes pour « Maderaspatan » (Madras). L’île demeurera encore inhabitée jusqu’en 1663.


Les Malgaches inaugurent ainsi deux siècles de marronnage


3) En 1663, deux Français de Fort-Dauphin, Louis Payen (originaire de Vitry-le-François, dans la Marne) et un dénommé Pierre Pau (?) se portent volontaires pour s’installer dans l’île Mascareigne. On leur adjoint dix Malgaches, sept hommes et trois femmes. Peu après leur arrivée, les Malgaches s’enfuient dans les montagnes, inaugurant ainsi deux siècles de marronnage. Finalement, Payen et son compagnon ne resteront qu’à peine deux ans dans l’île, mais les Malgaches s’y implanteront définitivement, engendrant par le fait une innombrable descendance.


Sous l’impulsion de Michel Debré...


La grotte est jusque dans les années soixante nommée « la caverne des douze exilés », en référence aux premiers occupants de l’île. C’est pour des raisons purement idéologiques que, sous l’impulsion de Michel Debré, le pouvoir politique rebaptise la caverne « grotte des premiers Français », ce qui était, et demeure, le comble de l’absurde.

À choisir, il eut été plus logique de l’appeler « Grotte des premiers Réunionnais ». Mais pour couper court à toute manipulation de l’histoire, il conviendrait donc de rendre à cette grotte son appellation première : « Caverne des douze exilés ». Même s’il n’est pas certain qu’ils y aient séjourné...

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