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7 i yème pas - 7 n’aime pas

La journée internationale de l’infâme

7 mars 2013
7 Lames la Mer
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On vous l’accorde, le jeu de mot était facile et tentant. Nous avons d’ailleurs hésité entre la journée internationale de la flemme et celle de l’infâme ! Mais au bout du compte, les deux se rejoignent car quand il s’agit des femmes, pourquoi se fatiguer ? C’est la question que l’on peut se poser lorsque l’on s’attarde sur le contenu de certaines activités et manifestations proposées aux femmes à l’occasion de cette fameuse journée internationale instituée par l’ONU en 1977. Cela peut se résumer ainsi : la femme sera en forme, bien coiffée, manucurée. Elle saura coudre et cuisiner !

7 i yème pa - 7 n’aime pas le nivellement par le bas que l’on constate lorsque l’on s’attarde sur le contenu de certaines activités et manifestations proposées aux femmes à l’occasion de cette fameuse journée internationale instituée par l’ONU en 1977.
Certains programmes semblent avoir été dictés par le célèbre « Sois belle et tais-toi ». Heureusement, des initiatives originales, comme les ateliers du théâtre de l’opprimé de Délixia Perrine, rétablissent l’équilibre mais dans la balance de notre société post-coloniale, le poids de la futilité l’emporte encore trop souvent.

Confiture, zumba et manucure

Quelques exemples édifiants glanés au hasard des programmes : exposition de bijoux, ateliers de couture, ateliers confiture, gym en plein air, cours de zumba, démonstration de coiffure, stage d’onglerie... On est bien loin de l’émancipation... bien loin des combats contre la discrimination, contre le sexisme, la phallocratie, etc. Bien loin des héroïques marronnes dont Simangavole qui siégeait au conseil des chefs marrons... Bien loin de la dénonciation des violences aux femmes pourtant l’ONU a décrété comme thème à la journée de la femme en 2013 : « Mettre fin à la violence à l’égard des femmes ».

Dictature du loisir et marchandisation de la féminité

« Une promesse est une promesse, a déclaré Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies. Il est temps de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ». La violence physique à l’égard des femmes est un fléau identifié mais il en est un beaucoup moins flagrant, plus insidieux, qui avance masqué, et agit sous les dehors trompeurs de l’accès aux « loisirs » et de l’épanouissement individuel de la « féminité »... La dictature du loisir et la marchandisation de la féminité ! C’est une violence intellectuelle, morale, psychologique, entretenue par des siècles d’habitus et qui consiste à contenir la femme dans le rôle de la « ravissante idiote » en la détournant si possible des outils qui ouvrent la voie de l’émancipation et de la résistance. Ne nous y trompons pas, cette violence-là doit, elle aussi, être combattue, car c’est elle qui crée les conditions pour que l’autre violence, celle physique, s’exerce.

Faire pour de faux quelque chose de vrai

« De l’émotion, du vécu, de la chair »... La comédienne Délixia Perrine, artiste associée de l’Espace Leconte de Lisle à Saint-Paul, annonce la couleur et fait la démonstration des travers de notre société machiste, décortiquant le poids de l’oppression, mais surtout le processus pervers de l’autocensure que la femme s’inflige à elle-même. A travers les techniques sensitives du théâtre de l’opprimé, Délixia Perrine met en évidence la somme des petits renoncements quotidiens qui, mis bout à bout, conditionnent chacun dans le rôle que la société lui a assigné dès la naissance. Son travail — avec « des femmes comme vous et moi » issues de milieux divers, qui pour la plupart, n’avaient jamais mis les pieds dans un théâtre — est un cheminement long, parfois douloureux.

C’est là que tout va commencer

« Ce n’est pas un théâtre thérapeutique, précise-t-elle, on va faire « pour de faux » quelque chose de vrai. C’est là que tout va commencer... » Au cours d’une séance de restitution, ce jeudi 7 mars, à l’espace Leconte de Lisle, Délixia Perrine et les femmes qui suivent ses « ateliers-théâtre forum » ont démonté, pièce par pièce, les mécanismes sournois de l’acceptation de l’inacceptable. Ainsi, la Journée Internationale de la Femme a-t-elle trouvé là une illustration qui a valeur d’exemple. Et démontré qu’elle a une raison d’être, ne serait-ce que pour combattre l’infâme, le « honteux ».

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