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7 i yème - 7 aime

Outremer : en finir avec les produits trop sucrés

27 février 2013
Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros
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7 i yème - 7 aime la proposition de loi du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, visant à mettre fin à une inégalité scandaleuse : la différence de taux de sucre entre les produits vendus en outremer, notoirement plus sucrés, et ceux vendus dans l’Hexagone. Une différence loin d’être minime puisque l’on a relevé jusqu’à 44% de sucre en plus sur un yaourt commercialisé en outremer ! A-t-on tenté d’amadouer les ultramarins avec un peu (beaucoup...) de douceur dans le gosier ? Une chose est certaine, on n’y est pas allé avec le dos de la petite cuillère pour leur faire payer au prix fort des produits surdosés.

7 i yème - 7 aime La proposition de loi du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, visant à mettre fin à une inégalité scandaleuse : la différence de taux de sucre entre les produits vendus en outremer, notoirement plus sucrés, et ceux vendus dans l’Hexagone.

Jusqu’à 44% de sucre en plus !

Produits plus sucrés et facture plus salée. C’est ainsi que peut se résumer le scandale des produits alimentaires surdosés en sucre pour l’outremer. Exemple : certains yaourts vendus en France comportent beaucoup moins de sucre que des produits identiques (même fabriquant, même marque, même conditionnement, même gamme) vendus à La Réunion ou en Guadeloupe. La différence est loin d’être minime puisque l’on a relevé jusqu’à 44% de sucre en plus dans le yaourt commercialisé en outremer. Plus de sucre... et plus cher !

Même constat vis-à-vis de certains sodas. Sont pointés du doigt les industriels dont la stratégie commerciale s’exerce même au dépend de la santé des ultramarins, pourtant plus affectés que les Européens par le diabète et l’obésité.

Les jeunes aiment ça...

A l’origine de ce projet de loi en 2011, Victorin Lurel avait alors pointé du doigt certains industriels... Interrogés sur cette injustice flagrante, ces derniers argumentaient : « comme les jeunes ultramarins préfèrent les produits plus sucrés, si la teneur en sucre des produits concernés devait être diminuée, cela bénéficierait à la concurrence ». Argument difficile à entendre par celui qui était alors député et président du conseil régional de la Guadeloupe. L’entrée de M. Lurel au sein du gouvernement Hollande, au poste de ministre des outremer qui plus est, a permis de relancer ce projet de loi qui avait été retoqué (à quelques voix près) en octobre 2011.

Une montagne de sucre dans un hangar du port.
Photo : 7 Lames la Mer.

« Si on met plus de sucre, c’est parce que les jeunes aiment ça... » Un argument aussi fallacieux que celui qui consiste à dire que c’est à la demande des téléspectateurs que la télévision produit des programmes médiocres. Un mythe auquel ne croient même pas les professionnels eux-mêmes : ainsi, en 2004, Patrick Le Lay, alors PDG de TF1, énonçait clairement la règle du jeu : « le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. (...). Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible (...) Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. »

Du sucre à l’état pur...

Dans le même ordre d’idée, n’est-ce pas parce que des modes alimentaires — on pense à un certain type de restauration rapide importée des Etats Unis — ont été érigées en modèles dominants que jeunes et moins jeunes s’y sont accoutumés, parfois jusqu’à l’addiction ? Ainsi, les grandes marques de l’agroalimentaire prétendent répondre aux « goûts » de la population. Lesquels goûts, selon ces grands connaisseurs, seraient propres à l’outremer. En d’autres termes, un anthropologue en chaise longue, qui n’est probablement jamais venu ici, a décrété que nous autres, tropicaux, aimons boire du sucre à l’état pur. La santé ? On n’a pas le temps de s’en soucier dans les îles où l’on passe son temps en danses, en sports de l’extrême qui appellent à se rafraichir à grands coups de sodas et de cocktails. En attendant que le projet de loi trouve écho à l’Assemblée nationale dans quelques jours, la pilule est difficile à avaler, même avec un peu de sucre pou aranz la boush !

Geoffroy Géraud Legros & Nathalie Valentine Legros

Nathalie Valentine Legros & Geoffroy Géraud Legros

Chroniques réunionnaises à quatre mains, avec Geoffroy Géraud Legros et Nathalie Valentine Legros.

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