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Courrier des internautes

Commère papangue

17 février 2013
Courrier des internautes
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On nous avait déjà volé notre « dodo » pour en faire un « solitaire » et voilà qu’on veut maintenant nous voler notre « commère papangue », pour en faire un « compère » !

"La" papangue d’Antoine Roussin.

On voit en effet fleurir depuis quelque temps un peu partout dans la presse, à la radio, à la télévision, « un papangue » masculin, dont on se demande s’il procède de la prétendue absence de genre féminin en créole réunionnais.

Qu’il y ait un certain nombre de locuteurs pour qui la quasi-totalité des substantifs créoles sont du genre masculin « invariable », c’est indéniable : in fanm, in fille, in tête (mon fanm, mon fille, mon tête). Mais il y a d’autres locuteurs pour qui ces trois mots sont féminins : inn femme, inn fille, inn tête (ma femme, ma fille, ma tête). Il n’y a donc aucune raison pour qu’en français on en arrive à dire « un papangue » au lieu de « une papangue ».

Alice et le dodo, extrait du roman de Lewis Carroll, "Alice au pays des merveilles".

Dans leur « Dictionnaire illustré de La Réunion », René Robert et Christian Barat définissent bien le mot « papangue » comme un « nom féminin ». Jean Albany dit « la papangue », et les R. P. Abinal et Malzac, dans leur « Dictionnaire Malgache-Français » disent bien « une papangue ». En fait nous assistons actuellement, à La Réunion, à un glissement insensible du français vers le créole, si bien que de plus en plus de Réunionnais en viennent à parler une forme d’interlangue, qui n’est ni du français, ni du créole, mais une sorte de « français régionalisé », qu’à l’instar de nos voisins mauriciens lorsqu’ils parlent de nous, on pourrait qualifier de « bourbonnais ».

Protégeons nos papangues, dont il reste moins d’une centaine de couples reproducteurs et rendons à César ce qui lui appartient : en créole on dit, selon les locuteurs, « in papangue » ou « inn papangue », « le papangue » ou « la papangue ». En français, on dit « une papangue ». Et les vaches seront bien gardées.

Gabriel Lebreton

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