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Il y a 505 ans (ou 504 ans...), Santa-Apolonia

Une île « sans passé » ?

9 février 2017
7 Lames la Mer
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Découverte d’abord par les explorateurs arabes, l’île de La Réunion sera abordée par le navigateur portugais, Pedro de Mascarenhas, le 9 février 1512 ou 1513. Elle est alors déserte, si l’on se réfère aux archives dont nous disposons. Plus tard, lorsque des voyageurs mentionnent cette île, c’est pour en faire une description paradisiaque. Mais la terre réunionnaise a-t-elle livré tous ses secrets ?

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Par pk87.

9 février, jour de la Sainte-Apolline


C’est le 9 février 1512 ou 1513, il y a 505 ans ou 504 ans, que le navigateur, explorateur et diplomate portugais, Pedro de Mascarenhas, navigant dans des eaux inconnues, à l’Est de la côte africaine pour rejoindre plus rapidement Goa, aperçoit au loin une terre. Il débarque alors sur une île vraisemblablement déserte au cœur de l’océan Indien.

Mais il n’est pas le premier... Cette île avait auparavant été découverte par des explorateurs arabes. La légende raconte que poursuivant sa route vers l’Inde, Pedro de Mascarenhas aurait ensuite découvert Diego Garcia [1].

Le 9 février étant le jour de la Sainte-Apolline, Pedro de Mascarenhas décide de baptiser cette île inhabitée « Santa-Apolonia », nom qui apparaît ensuite sur des cartes portugaises. C’est l’île de La Réunion.

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Par Alex Zak.

Depuis 20 ans que cette île est habitée, aucun mort ni malade


A quoi ressemble alors cette île ? En 1649, Etienne de Flacourt en fait une description pour le moins paradisiaque : « les étangs et rivières fourmillent de poissons. (…) La terre y est très fertile et grasse. (…) L’air y est très sain, et quoi qu’il y doive être très chaud, il y est tempéré par des vents frais qui viennent le jour de la mer et la nuit de la montagne. Ce serait avec juste raison que l’on pourrait appeler cette île un Paradis terrestre. »

Quelques années plus tard, en 1666, un dénommé Carpeau du Saussay déclare : « je n’ai point de nom à donner à l’île de Mascareigne qui lui convienne mieux que celui d’un paradis terrestre. Son climat est si sain et l’air si salutaire que les malades qu’on y débarque y recouvrent la santé dès qu’ils l’ont respiré. Il n’y a aucune bête venimeuse ni autres qui puissent nuire à l’homme. Elle est fertile en toutes sortes de légumes ; tout y vient en abondance, comme citrouilles, melons, concombres, choux, etc… Et toutes ces choses y sont d’un merveilleux goût. »

En 1667, Jacques Ruelle y va aussi de son compliment : « l’air y est si sain que depuis vingt ans que cette île est habitée aucun de ses habitants n’y est mort ni tombé malade. »

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Pedro de Mascarenhas, arrivé après les explorateurs arabes.

Une île au « printemps perpétuel »


« L’île Bourbon présente un cas peut-être unique dans l’histoire du peuplement de notre planète, écrit pour sa part Alfred Rosset [2]. Cette île, en effet, (...) jouissant d’un climat doux et tempéré, au printemps perpétuel, d’une fertilité absolument exceptionnelle, cette île est restée déserte jusqu’au milieu du 17ème siècle ».

On notera la prudence de l’auteur qui a cru bon d’ajouter l’adverbe « peut-être » à la notion de « cas unique ». Sage précaution si l’on considère que la terre réunionnaise est loin d’avoir livré tous ses secrets, notamment dans le domaine de l’archéologie qui ne bénéficie « peut-être » pas des moyens à la hauteur des enjeux.


« Ces îles n’avaient pas de passé »...


L’auteur, Alfred Rosset, estime que cette « histoire de terre vierge et inconnue » est « vraiment remarquable » bien que l’île soit située « hors des routes maritimes empruntées par les anciens navigateurs ».

Il poursuit : « Le cas d’une terre si propre à l’installation de l’homme, et qui a dû attendre les temps modernes (...) pour que l’homme y posât le pied, est vraiment remarquable si l’on considère que, depuis le début de l’humanité, navigateurs, explorateurs, conquérants, colons, ont sillonné les terres et les mers du globe et ont toujours découvert, même dans les contrées les plus inhospitalières, en dehors des calottes glacières et de quelques îlots rocheux perdus au milieu des océans, des peuplades, des tribus, des autochtones de races diverses, plus ou moins sauvages, ou, à défaut, des traces d’anciennes civilisations ou d’anciens peuplements. Rien de tel à Bourbon, ni dans l’île Maurice voisine. Ces îles n’avaient pas de passé ».

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Notes

[2« Les premiers colons de l’île Bourbon », Alfred Rosset, Editions du Cerf-Volant, Paris, deuxième édition en 1967.

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