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Libertés et citoyenneté

70.000 Mauriciens refusent la carte d’identité biométrique

27 septembre 2013
7 Lames la Mer
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70.000 Mauriciens ont signé une pétition contre le projet de nouvelle Carte d’Identité Biométrique qui devrait devenir obligatoire en octobre. Au coeur de ce débat, la protection de la vie privée et des libertés individuelles. Les opposants à cette nouvelle carte — présentée comme une « carte à usages multiples » —, estiment que le système de numérisation, la quantité et la nature des données contenues dans la puce électronique et le stockage centralisé de ces données censés « faciliter la vie des citoyens » constituent en fait un fichage en règle...

Image de la campagne de promotion pour la nouvelle carte d’identité biométrique, à l’île Maurice.

« Mo lidentité, mo fierté ». La campagne de promotion pour la nouvelle carte d’identité biométrique à l’île Maurice se décline selon un slogan en créole mauricien, en anglais, et en français, qui fait référence à la notion — à double détente — d’identité, prise dans son acceptation d’appartenance à un peuple mais aussi dans celle, plus policière, d’identité de l’individu. Nom, prénom, sexe, date de naissance, adresse, photo, empreintes digitales... mais aussi « N° de téléphone, de taxe, de sécurité sociale, de passeport, de permis de conduire, de port d’arme, de casier judiciaire, absolument tout », précise un article en ligne sur lemauricien.com.

Du côté des autorités, on insiste sur les bénéfices du nouveau Mauritius National Identity Scheme (MNIS), en énumérant les arguments suivants : « un système clair, robuste et hautement sécurisé pour le stockage et l’utilisation des données. Un système d’identification et d’authentification plus efficace et mieux sécurisé pour différents services électroniques publics et privés. Une plateforme pour la modernisation et la numérisation future des service d’e-gouvernement. Une carte d’identité électronique avec de meilleurs paramètres de sécurité. Un document unique qui contient les données personnelles de chaque citoyen, réduisant ainsi le nombre de documents nécessaires pour prouver leur identité. » Un site a été spécialement mis en ligne pour vanter les « mérites » de cette nouvelle carte.

Le 16 août dernier, le Regroupement des travailleurs sociaux manifeste devant l’Hôtel du gouvernement, pour protester contre la nouvelle carte d’identité. Photo extraite du site lexpress.mu

Des « mérites » qui ont soulevé une vague de contestation à travers le pays : manifestations, débats, distribution de tracts, appel au boycott, pétition en ligne, page facebook... Pour les opposants à cette nouvelle carte d’identité — regroupés en un collectif d’une vingtaine d’organisations dont Lalit et la CTSP [1] —, le problème n’est pas tant la carte en elle-même mais bien la base de données qu’elle contiendra et l’utilisation qui pourrait en découler.

Appel à la désobéissance civile...

Hier, lors d’un débat marquant le 30ème anniversaire du Mouvement Socialiste Militant (MSM), l’avocat Roshi Badhain a qualifié la nouvelle carte d’identité nationale d’« anticonstitutionnelle. On demandera aux Mauriciens de donner leurs empreintes et cela fait tache à la présomption d’innocence », relate le site en ligne « Le Défi Media Group ».

Aujourd’hui une délégation d’une dizaine de militants, menée par Lalit et la CTSP, a déposé auprès des services du premier ministre, Rashid Beebeejaun, une pétition qui a recueilli 70.000 signatures, suite notamment à l’appel au boycott lancé par des syndicats dont la CTSP, laquelle, selon le site lexpress.mu (17 septembre), n’hésitera pas à appeler « à la désobéissance civile si le gouvernement maintient sa décision de remplacer les vieilles cartes d’identité par des cartes à puce ».

Image de la campagne de promotion pour la nouvelle carte d’identité biométrique, à l’île Maurice.

Selon un « Mauricien en alerte » qui signe ainsi un article à ce sujet sur lemauricien.com, « le simple passage de cette carte dans un terminal permet d’obtenir instantanément toutes sortes d’informations sur le porteur avant même que celui-ci ait le temps de lever le petit doigt. Mais cette carte est aussi un couteau à double tranchant : elle est extrêmement utile pour les dociles, le citoyen tranquille et sans histoire mais une arme redoutable pour mettre au pas les opposants : ceux qui sont attachés à leurs droits et qui n’acceptent pas qu’on leur marche sur les pieds (journalistes, syndicalistes, membres de l’opposition, leur collaborateurs et ceux qui défendent leurs droits) ».

On comprend pourquoi ils sont plus de 70.000 Mauriciens, fiers de leur identité, à avoir décidé de dire « No to biometric data on ID card » ! Non à cette nouvelle carte d’identité qui, selon les signataires, pourra centraliser des informations privées telles que « les empreintes digitales, le groupe sanguin, le passé médical, l’orientation sexuelle… », rapporte l’article de l’Express.mu.

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Notes

[1Confédération des Travailleurs du Secteur Privé

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