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États-Unis

2013 : la haine moins organisée mais plus diffuse

4 mars 2014
Geoffroy Géraud Legros
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Le nombre des groupes radicaux de droite actifs aux États-Unis a baissé de 7% en 2013, notamment du fait de l’adoption de leurs idées par le Parti républicain, et de l’individualisation des actes de violence raciale.

Michelle Bachmann. Égérie du "Tea Party", la représentante du Minnesota diffuse les idées des groupes radicaux au sein du Parti Républicain. Photo : Gage Skidmore

Les mouvements de droite radicale, qu’il s’agisse de « groupes de haines » (hate groups) de type Ku-Klux-Klan, de micro-partis nazis ou suprémacistes, ou de « groupes patriotes » aux mots d’ordres plus euphémisés, seraient victimes de leurs prophéties non réalisées, estime le « Southern Poverty Law Center », dans son rapport annuel.

La « Grande confiscation » des armes (« Gun grab »), prédite à cor et à cris par les groupes « patriotes » et la NRA [1] n’a pas eu lieu. Pas plus que l’invasion mondialiste des troupes de l’ONU, cheval de bataille de la droite américaine, qui y voit l’aboutissement du « Big government ». La répression par le FBI des « citoyens souverains », qui entendaient se soustraire aux taxes fédérales jugées illégitimes, aurait, elle aussi, porté ses fruits, notamment après la condamnation du leader de l’un de ces groupes à 18 années de prison.

Évolution du nombre des "groupes de haine", ouvertement racistes ou suprémacistes depuis 1998. © Southern Poverty Law Center

Sur le plan politique, les radicaux sont aussi désarmés par la diffusion de leurs idées au sein des partis traditionnels, estiment les rédacteurs du rapport, qui notent l’adoption en 2012, par le Conseil national républicain, de l’idée selon laquelle l’Agenda 21 mis en place par l’ONU serait la préfiguration d’un Gouvernement mondial — un thème qui constituait jusque-là le cheval de bataille de la John Birch Society, une organisation d’extrême-droite fondée dans les années 1960 pour lutter contre le communisme et l’anti-ségragationnisme.

De même, des dispositions contraires à l’application de la Shari’a par les tribunaux ont été adoptées en Louisiane, au Kansas, en Arizona, en caroline du Nord, au Dakota du sud et dans le Tennessee… alors que cette exigence, totalement inutile au regard du droit en vigueur aux Etats-Unis, n’était jusque-là formulée que dans la nébuleuse radicale. Enfin, l’idée selon laquelle les frères musulmans auraient noyauté les plus hauts cercles de l’État, est claironnée haut et fort par Michelle Bachmann, élue du Minnesota à la Chambre des Représentants et égérie du Tea Party.

Évolution des "groupes patriotes", au discours radical euphémisé 1995-2013.© Southern Poverty Law Center

La perte de dynamique du Parti républicain, qui a atteint ses scores record d’impopularité lors de la crise du « sequester » déclenchée l’an dernier par l’intransigeance du « Great Old Party », frappe aussi les groupes extrémistes, souligne le rapport.

La décrue relative des structures d’extrême-droite, en plein essor depuis l’élection de Barack Obama, a aussi des causes internes : décès ou arrestation des animateurs des principaux micro-partis néo-nazis, débandade de nombreux groupes anti-homosexuels à la suite de l’entrée en vigueur du mariage gay…

Mais la violence des radicaux n’est pas en berne pour autant, avertissent les auteurs du rapport : le nombre de groupes demeure extrêmement élevé et s’inscrit bien au-delà du seuil atteint lors de l’apogée du mouvement milicien des années 1990, illustrée entre autre par l’attaque de Waco.

Il y aurait, au bas mot, 2000 groupes racistes, suprémacistes et « Patriotes » — ces derniers gravitant au sein de la mouvance « Tea Party ». D’autre part, la violence a tendance à s’individualiser, comme le montre la récente affaire « Hiroshima », du nom d’une machine infernale radioactive qu’essayait d’assembler un certain John Feight, dans le but de contaminer des Musulmans, grâce à un rayon X balayant silencieusement les mosquées.

7 Lames la Mer

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

Notes

[1NRA : National rifle association, qui défend le droit de porter des armes à feu dirigée de 1995 à 2003 par l’acteur Charlton Heston

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