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Il y a 131 ans

Les pionniers du désert ouvrent un(e) port(e) pour l’île

13 février 2017
Nathalie Valentine Legros
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Les « pionniers du désert » travailleront même de nuit sur l’immense chantier de creusement du port de la Pointe-des-Galets. Pendant sept ans ! La nécessité de doter l’île Bourbon d’un port est exprimée pour la première fois en 1705 par un certain M. Feuilly. Par la suite, les projets de port seront nombreux ainsi que les emplacements envisagés...

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Extrait d’une exposition organisée en 2006, à l’occasion des 120 ans du port de commerce de la Pointe-des-Galets.

En attendant un vrai port...


C’est le 14 février 1886, il y a 131 ans, que le port de la Pointe des Galets est inauguré devant 10.000 personnes.

La veille, le samedi 13 février 1886, le premier bateau entre dans le port : c’est le « Ville de Tarragone », steamer de 76 mètres et de 1027 tonneaux, de la Compagnie Havraise Péninsulaire.

La nécessité de doter l’île Bourbon d’un port est exprimée pour la première fois en 1705 par un certain M. Feuilly.

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Photos d’archives avec une illustration de Térésa Small, extraite du livre "Pipit marmay Le Port, carnet d’enfance", de Patrice Treuthardt. Montage ©7 Lames la Mer.

Par la suite, les projets de port seront nombreux ainsi que les emplacements envisagés : les rades de Saint-Denis, Saint-Paul, Saint-Benoît, Saint-Leu ; les estuaires des rivières Saint-Gilles, D’Abord, Sainte-Marie, des Marsouins ; les côtes de Sainte-Rose, de l’Etang Salé et de Saint-Pierre ; la baie du Butor, le Cap Lahoussaye, l’étang de Saint-Paul…

De 1864 à 1960, les paquebots des Messageries Maritimes assurent les liaisons avec la France (durée de la traversée : entre 17 et 28 jours). Des marines (pontons s’avançant vers la mer) installées tout au long des côtes de l’île servent à l’embarquement et au débarquement des passagers et des marchandises... en attendant un vrai port !

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Photo prise le jour de l’inauguration.
ADR.

Un port dans l’Etang de Saint-Paul


En 1869, un capitaine de frégate imagine, pour la première fois, la possibilité de construire un port dans le delta de la Pointe-des-Galets. L’idée sera reprise et développée par son frère, Eugène Emmanuel Théophile Pallu de la Barrière, homme d’affaires, capitaine de frégate lui aussi.

En 1873, Eugène Pallu de la Barrière présente son projet de construction d’un port au lieu-dit « Pointe des Galets », projet soutenu notamment par le sénateur Alexandre de Lasserve mais remis en cause par un certain M. Conil, promoteur d’un projet de construction d’un port dans l’étang de Saint-Paul et par M. Jacob de Cordemoy qui défend la thèse d’un port à Saint-Denis.

C’est ainsi que le 28 mai 1873, le conseil général confie à Eugène Pallu de la Barrière la concession du delta de la Pointe-des-Galets pour y construire un port.

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Extrait d’une exposition organisée en 2006, à l’occasion des 120 ans du port de commerce de la Pointe-des-Galets.

Les pionniers du désert


Les ouvriers engagés sur le chantier de construction du port — des Réunionnais mais aussi des Indiens, des Malgaches, des Egyptiens et des « Somalis » — s’installent sur place dans des paillotes et des baraquements sommaires et constituent un embryon urbain.

Baptisés les « pionniers du désert », ils creusent les bassins, construisent les jetés avec la grue Titan, engin à vapeur de 300 tonnes, travaillant sans relâche même la nuit [1], sur ce chantier qui durera sept ans, de 1879 à 1886.

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Extrait d’une exposition organisée à l’occasion des 120 ans du port de la Pointe-des-Galets.

De nombreux ouvriers perdent la vie sur ce chantier gigantesque


Le port s’étend sur 400 mètres de long et 60 de large avec toujours une profondeur de 8 mètres. Le matériel utilisé pour les travaux a servi auparavant à creuser le canal de Suez.

Les ouvriers sont nombreux à perdre la vie sur ce chantier gigantesque : insolations, épidémies, accidents. Artisans de la naissance d’une ville, ils seront aussi à l’avant garde de l’évolution sociale de l’île et marqueront l’éveil du syndicalisme.

L’histoire ingrate ne retiendra que les noms des techniciens et ingénieurs de ce chantier abandonnant à l’anonymat les ouvriers (forgerons, tailleurs de pierres, maçons, manoeuvres, chaudronniers, charpentiers…) qui ont creusé et bâti le port dans des conditions de travail particulièrement pénibles.


On admire la grue Titan


Le 11 février 1882, le chemin de fer de La Réunion est inauguré (127 kilomètres de Saint-Benoît à Saint-Pierre). À l’occasion de cette inauguration, le cortège d’officiels visite le chantier du port de la Pointe-des-Galets en fin d’après midi : la jetée sud est terminée.

Dans le bassin déjà creusé, se trouvent le remorqueur et les dragues. Au passage, on admire la grue « Titan », utilisée pour la construction des jetées.

Nathalie Valentine Legros

Nathalie Valentine Legros

Journaliste, Écrivain.
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Notes

[1Le travail de nuit ne sera abandonné qu’en 1883.

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