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USA

Le gendre de Trump va « gérer l’État comme un business »

28 mars 2017
Geoffroy Géraud Legros
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Sous sa houlette, banquiers, industriels et « technos » de la Silicon Valley vont « réorganiser » et « privatiser » de nombreuses fonctions de l’État.

Jared Kushner. Source : crooksandliars.

Au 666 de la 5e Avenue...


Népotisme et privatisation de l’État constituent assurément la trame de l’intrigue historique contemporaine. En France, celle-ci n’en finit pas de se dérouler en un feuilleton ringard à la « Chateauvallon » : patrons de presse, journalistes « idéalistes », honorable bourgeoisie de terroir contre argent métèque, et, en toile de fond, la France provinciale qu’on n’appelait pas alors « périphérique ». Tout y est.

Aux USA, c’est entre le bouffon et un tragique à la Marlowe, mais avec tout de même plus de souffle, que s’ouvre un nouveau chapitre d’histoire dynastique. Dramatis personae : le Président Donald Trump, son gendre, Jared Kushner, et la fine fleur de la banque, de la finance et de l’industrie américaines.

Les amateurs d’eschatologie à la sauce Facebook ou YouTube adoreront : c’est du fameux building 666 de la 5e Avenue, que le mari d’Ivanka contemple l’empire immobilier dont il a hérité — la Kushner Company.

666 de la 5e Avenue, New York.

Prompte ascension au sein de l’organigramme Trump


À la manière d’un personnage élisabéthain, le jeune homme de 36 ans fit son entrée dans le cénacle de Donald Trump en « tuant » (politiquement) l’assassin (politique) de son père, le puissant gouverneur républicain Chris Christie. 11 ans plus tôt, Christie, alors juge, avait fait emprisonner Charles Kushner, grossium de l’immobilier et généreux donateur du Parti démocrate, pour fraude fiscale et… fraude électorale.

Réfractaire à toute forme d’engagement politique il y a encore un an, Jared connut une prompte ascension au sein de l’organigramme Trump ; on porte à son crédit l’irruption du « Donald » sur les réseaux sociaux et la stratégie de ringardisation des médias traditionnels qui eut raison des concurrents de son beau-père à la primaire républicaine et d’Hillary Clinton elle-même.

Donald Trump. Source : Gage Skidmore.

Grâce aux... « idées du monde de l’entreprise »


Dans l’Administration, l’élévation de M. Gendre est plus fulgurante encore : le jeune tycoon vient de se voir offrir les commandes d’une nouvelle super-agence formée de businessmen dont la tache consistera à « rechercher l’efficacité » — grâce aux « idées du monde de l’entreprise » et, plus précisément, de « privatiser, le cas échéant, certaines fonctions de l’État » — État qu’il s’agit désormais de « gérer comme un business ».

Les attributions très larges — et très vagues — de ce groupe de pouvoir vont de l’administration des pensions des vétérans de guerre à la lutte contre la drogue, en passant par rien moins que « les projets de transformation » inclus dans le plan de développement d’infrastructures d’un billion de dollars promis par Donald Trump pendant la campagne. Aux postes-clef du groupe, on trouve notamment Gary Cohn et Dina Powell, anciens dirigeants de Goldmann-Sachs et Chris Liddel (General Motors).

Andrew Breitbart Source : Gage Skidmore.

Jared Kushner n’est pas ciblé par les lois contre le népotisme...


Ecarté, le journaliste Steven Bannon, successeur d’Andrew Breitbart à la tête du fameux site breitbart.com, fer de lance de la campagne électorale républicaine et théoricien du « démantèlement de l’État ». À cette formule, l’administration Trump dit préférer les termes plus consensuels de « transformation douce ». Le conflit de civilisation qui opposait paraît-il l’« Amérique réelle » à la « Silicon Valley dépravée » semble lui aussi enterré : la nouvelle entité, entièrement composée de personnalités issues du secteur privé, a d’ores et déjà annoncé des partenariats avec Bill Gates et Elon Musk, bêtes noires des supporters de Donald Trump et soupçonnés par ces derniers d’ourdir un Nouvel ordre mondial satanique et transhumaniste.

Pour ses services, Jared Kushner ne touchera aucun salaire… mais demeurera à la tête de ses nombreux businesses. Un exercice en principe contraint par les lois fédérales « anti-népotisme » mais néanmoins réalisable, assure Jamie Gorelick, conseiller juridique du jeune milliardaire issu de l’administration Clinton interrogé au mois de janvier dernier par le « New-York Times ». Cette analyse ne fait l’unanimité ni chez les juristes, ni chez les faiseurs d’opinion : « Jared Kushner n’est pas ciblé par les lois contre le népotisme en vigueur dans ce pays », s’interroge l’éditorialiste de l’influent site « The Daily Kos »… « et personne ne sait pourquoi », ajoute-t-il malicieusement...

Geoffroy Géraud Legros

Geoffroy Géraud Legros

Rédacteur en chef, Éditorialiste.

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