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Chagos : une tombe... pour le chien renifleur

Libérez les Chagos / Free Chagos island
5 novembre 2012

Au début du mois d’octobre, nous avons assisté à une conférence donnée par Olivier Bancoult, leadeur du « Chagos Refugees Group », à la Médiathèque Benoîte Boulard du Port, devant une trentaine de personnes. Une troupe de femmes chagossiennes, chanteuses, danseuses, gardiennes d’une tradition qui résiste à l’exil et à l’usure du temps, nous a confortés dans une intime conviction : il existe bien dans l’océan Indien un fond culturel et identitaire commun qui s’exprime sans ambiguïté à travers la musique.
Les chants chagossiens, exultation et chagrin maillés, ressemblent comme des frères à notre maloya… Fond culturel et identitaire commun pour la musique, pour la langue, pour la cuisine, pour l’histoire évidemment mais aussi et surtout pour qu’une voie progressiste surgisse du brouhaha international et s’interpose dans cet espace indianocéanique qui cristallise toutes les stratégies géopolitiques de ce nouveau siècle. Olivier Bancoult a, comme à son habitude, plaidé avec conviction, la cause des Chagossiens, replaçant le débat sur le terrain des enjeux militaires où l’impérialisme des Américains et des Britanniques mène le jeu.
La tragédie chagossienne occupe peu d’espace dans le champ médiatique et pourtant c’est sur le sacrifice de ce peuple que se déploient les grandes manœuvres hégémoniques des puissances internationales, dans le plus total mépris des droits de l’homme et de la résolution N° 2832 de l’ONU, proclamant depuis 1971 l’océan Indien « zone de paix ». Olivier Bancoult a illustré cette vérité en nous livrant un « détail » de l’histoire chagossienne…
Sur l’île de Diego Garcia où l’armée américaine agit en « propriétaire », une tombe pimpante a été édifiée dans laquelle repose un chien renifleur, honoré ainsi pour les « bons services » qu’il a rendus…
Sur la même île, un peu plus loin, le cimetière des Chagossiens est à l’abandon, livré aux mauvaises herbes et à la décrépitude, après avoir été « déplacé » par les « nouveaux propriétaires ».
Geoffroy Géraud Legros & Nathalie Valentine Legros

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